Lettre de Liaison NĦ 84 du 1Ħ janvier 2010.

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

Nos voeux

Ses voeux.

Fonction publique : imposons l'unitŽ et la centralisation.

Documents : communiquŽ FSU-CGT-Solidaires appelant au 21 janvier, communiquŽ de la FSU sur les 21 janvier et 30 janvier, communiquŽ confŽdŽral de la CGT-FO sur la RGPP.

Sans-papiers : une manifestation au ministre, oui c'est cela qu'il faut faire, en masse !

On nous communique : Militant syndicaux en grve de la faim contre des sanctions ˆ EDF.

Iran : il s'agit bien d'une rŽvolution !

Livres : Histoire et thŽorie, VP. Un incroyable havre de paix, JF Chalot.

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NOS VOEUX.

ÇCette fois cĠŽtait vraiment trs diffŽrent des manifestations prŽcŽdentes. Les gens avaient compris quĠil fallait quĠils se battent. Avant, il suffisait quĠun manifestant prenne peur, commence ˆ courir pour que nous nous mettions tous ˆ courir derrire lui, saisis ˆ notre tour par la panique. Mais dimanche, pour la premire fois, on nĠa pas eu peur face aux Bassidji. Et quand lĠun de nous a couru, cĠŽtait pour les attaquer et nous lĠavons suivi. Nous avons mme saccagŽ des postes de police.ÈÇLes garons ne portaient mme plus leurs masquesÈ,

 ÇFace aux Bassidji, nous Žtions comme les deux plateaux dĠune balance.. On sentait que face ˆ notre nouvelle attitude, les Bassidji perdaient de leur force. Nous, nous nous prenions la main pour montrer que nous nĠavions pas peur.È

ÇAvec ma sÏur  on sĠest ŽloignŽ des manifestations pour chercher des toilettes. En sortant, elle mĠa dit : "Ecoute, on nĠentend que les femmes." Et, effectivement, cĠŽtait hallucinant dĠentendre leurs voix. CĠŽtait un son aigu, si terriblement aigu quĠil faisait reculer les Bassidji. Un peu plus tard, lĠun dĠeux sĠest approchŽ de moi. Il portait un portrait du Guide : je lĠai dŽchirŽ. Alors, il sĠest jetŽ sur moi. La foule est venue ˆ mon secours et lĠa battu presque ˆ mort.È

Courage et dŽtermination, les femmes au premier rang du combat.

Militant dŽdie ce rŽcit d'une manifestante de TŽhŽran le 27 dŽcembre 2009 (dans le journal LibŽration du 31 dŽcembre), qui ne nous apporte aucune joie illusoire mais qui nous apporte la force du combat pour l'Žmancipation humaine, ˆ ses adhŽrents, amis, camarades et lecteurs, comme voeux pour l'annŽe 2010 !

 

Ses voeux.

Selon la presse, Sarkozy a fŽlicitŽ "les Franais" de leur calme et de la prŽservation de l'union nationale et la paix sociale face ˆ la crise pendant cette terrible annŽe 2009 que suivra, para”t-il, une annŽe 2010 "de reprise".

C'est un peu plus prŽcis. Sarkozy a bien dŽtaillŽ qui il fŽlicitait exactement, dans un ordre choisi :

1Ħ) les "partenaires sociaux",

2Ħ) les associations caritatives,

3Ħ) les "chefs d'entreprises".

Pas d'erreur possible : les "partenaires sociaux" sont les dirigeants des centrales syndicales de salariŽs que M.Sarkozy remercie de lui avoir permis de passer l'annŽe, et donc de faire passer plans de licenciements collectifs, attaques contre les services publics et prŽparation pour 2010 des nouvelles attaques prŽvues, qu'il a annoncŽes : retraites, rŽforme territoriale, contre-rŽforme du lycŽe.

M.Sarkozy a ensuite annoncŽ qu'il imposerait la prŽtendue "fiscalitŽ Žcologique" malgrŽ l'avertissement violent que vient de lui adresser cette autre institution de la VĦ RŽpublique composŽe d'anciens prŽsidents et de soi-disant "sages" nommŽs ˆ vie par les prŽsidents : le Conseil constitutionnel.

Le dŽchoukage de la "taxe carbone" par le Conseil constitutionnel vise directement Sarkozy et n'a pas grand chose ˆ voir avec l'environnement ni mme avec le principe d'ŽgalitŽ, car si le Conseil constitutionnel censurait les lois et dŽcrets portant atteinte au principe d'ŽgalitŽ devant l'imp™t, on s'en serait dŽjˆ aperus. C'est un avertissement sŽvre du coeur de l'appareil d'Etat, de ses grands barons et vŽnŽrables potiches, ˆ Sarkozy : attention casse-cou, tu ne vas pas pouvoir toujours compter sur la protection de tes "partenaires sociaux" si tu allume le mŽcontentement de toutes les couches de la sociŽtŽ ...

Cela dit, nous ne sommes pas mŽcontents que le vol des citoyens par la hausse des imp™ts indirects au motif de l'Žcologie, par ceux-lˆ mmes qui imposent la pollution et le rŽchauffement, avec le soutien d'Europe Ecologie et de de tous ceux qui accusent les travailleurs de chauffer la plante pour mieux les taxer, soit secouŽ et diffŽrŽ.

Mais, pour en revenir ˆ Sarkozy, il a rŽaffirmŽ sa volontŽ de ne pas tenir compte du Conseil constitutionnel (bien que son premier ministre ait dit le contraire), donc d'aller plus loin dans le gouvernement par petits coups d'Etats frŽnŽtiquement accumulŽs. Il va donc tirer un peu plus sur la corde.

D'ailleurs, pendant que ce conflit institutionnel et constitutionnel occupe la galerie, c'est beaucoup plus discrŽtement qu'une Žtape importante vient d'tre franchie dans l'institutionnalisation du gouvernement direct par un camarilla prŽsidentielle Žchappant mme aux contr™le de la VĦ RŽpublique dans les formes o elle fonctionnait jusqu'ˆ prŽsent : le 13 janvier devrait entrer en vigueur, comme annoncŽ au Journal Officiel, un "Conseil de SŽcuritŽ Nationale" directement rŽuni, managŽ et composŽ de faon variable selon les besoins, comme il l'entend (il est simplement prŽcisŽ que les ministres concernŽs y seront reprŽsentŽs), par Sarkozy, siŽgeant en deux formations, un Conseil National du Renseignement et un Conseil des Armements NuclŽaires. Passant par dessus les attributions ministŽrielles, primo-ministŽrielle et les structures administratives existantes, Sarkozy vient donc de centraliser encore plus et de mettre entre les mains de sa camarilla personnelle pas moins que "les orientations stratŽgiques et les prioritŽs en matire de renseignement", les "moyens humains et stratŽgiques des services spŽcialisŽs du renseignement", "les orientations stratŽgiques" et "l'avancement des programmes" en matire de dissuasion nuclŽaire.

En clair, un cabinet noir pour centraliser entre ses mains tout ce qui concerne les espions, les sous-marins, les coups fourrŽs, les barbouzes, les dŽlits d'Etat, et tout ce qui concerne les armes de destruction massive.

Cette "rŽforme" lˆ n'a pas ŽtŽ annoncŽe dans la liste des contre-rŽformes publiquement dŽclinŽe lors des voeux prŽsidentiels, mais elle les Žclaire toutes.

Elle Žclaire en particulier le sens du mot "FraternitŽ" et de l'appel ˆ "dŽbattre sereinement en se respectant"' (en n'osant mme pas prononcer le nom du "dŽbat sur l'identitŽ nationale" managŽ par les prŽfets, alors que c'est de lui qu'il est question) dans la bouche de Sarkozy.

La morale ˆ en tirer pour 2010 : ne faisons pas comme les "partenaires sociaux", faisons au contraire de chaque lutte, de chaque Žvnement et ŽchŽance politique, un moment pour unifier et concentrer nos forces contre le pouvoir exŽcutif, centre du combat de l'Etat et du patronat contre les droits sociaux, contre la dŽmocratie et contre l'environnement.

* * *

Fonction publique : imposons l'unitŽ et la centralisation.

Les FŽdŽrations de la Fonction publique de la CGT et de Solidaires et la FSU appellent ˆ une journŽe d'action contre les suppressions de postes, pour l'augmentation du point d'indice des salaires, pour l'abrogation de la loi "MobilitŽ", notamment, le jeudi 21 janvier. Nous reproduisons ci-dessous l'appel des trois fŽdŽrations qui aborde Žgalement la question de la RGPP ("RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques") et de la rŽforme territoriale.

Les syndicats de l'Education nationale de ces fŽdŽrations appellent d'ores et dŽjˆ ˆ la grve ce jour lˆ. La FSU appelle dans la foulŽe ˆ une "Manifestation nationale pour l'Žducation" le samedi 30 janvier.

Le SNES-FSU (syndicat de l'enseignement secondaire de la FSU), dont la direction ne s'Žtait pas opposŽe au principe de la rŽforme des concours d'enseignement l'an dernier, affiche ˆ prŽsent sa dŽtermination contre les consŽquences prŽvisibles de cette rŽforme et contre la rŽforme des lycŽes, pice centrale du dispositif gouvernemental.

Suite au congrŽs de la FŽdŽration GŽnŽrale des Fonctionnaires Force Ouvrire fin novembre ˆ Tours, la CGT-FO a adoptŽ un communiquŽ m‰le et dŽterminŽ contre la RGPP (v. ci-dessous). Bon argument pour que les actes s'ensuivent ...

Comme cela s'Žtait amorcŽ le 24 novembre dernier, alors que la prŽtendue "unitŽ" sur la base de l'appel intersyndical du 5 janvier 2009 (pas un mot sur la hausse des salaires ni sur des mesures interdisant des licenciements ...) s'est effondrŽe et ne peut plus mobiliser personne, l'unitŽ des fŽdŽrations de fonctionnaires s'amorce sous la pression des personnels et de la jeunesse, qui commencent ˆ se mobiliser dans les lycŽes et les IUFM notamment.

Nous pouvons nous appuyer sur ces appels pour leur permettre d'aller de l'avant ˆ nouveau, de mettre, deux mois avant les Žlections rŽgionales, la question du retrait de la rŽforme territoriale au centre de la crise politique, et d'imposer l'unitŽ et l'organisation d'assemblŽes gŽnŽrales et d'intersyndicales sur des perspectives claires :

Arrt des suppressions de postes et des fermetures de classes !

Hausse des salaires !

Abrogation de la RGPP !

Retrait de la rŽforme territoriale !

Tous en grve le 21 janvier !

Que les assemblŽes gŽnŽrales, dans l'unitŽ syndicale, se rŽunissent et organisent la montŽe de tous ˆ Paris le le 30 janvier et discutent de la suite de l'action !

Documents.

Le communiquŽ FSU-CGT-Solidaires appelant au 21 janvier.

Le communiquŽ de la FSU sur les 21 janvier et 30 janvier.

CommuniquŽ confŽdŽral de la CGT-FO sur la RGPP.

CommuniquŽ Fonction publique FSU, CGT, Solidaires
Paris, le 23 dŽcembre 2009.

Le Gouvernement continue ˆ sĠattaquer frontalement ˆ la Fonction publique et aux services publics.

Le PrŽsident de la RŽpublique revendique clairement cette politique qui a amenŽ ˆ supprimer plus de 100 000 emplois dans la fonction publique dĠEtat depuis 2007.

Cette politique est aggravŽe par les attaques contre le statut, lĠindividualisation des rŽmunŽrations et la mise en concurrence des agents, les effets de la RŽvision gŽnŽrale des politiques publiques (RGPP) et de la RŽorganisation administrative territoriale de lĠEtat (RŽATE) qui ont des consŽquences nŽfastes sur les conditions de travail des personnels et sur la qualitŽ du service public rendu ˆ la population.

LĠEducation nationale, dŽjˆ mise ˆ mal par une saignŽe sans prŽcŽdent de ses effectifs, lĠEnseignement SupŽrieur et la Recherche, sont frappŽs de plein fouet par des rŽformes plus rŽgressives les unes que les autres.

LĠh™pital public, asphyxiŽ par une pŽnurie gravissime dĠemplois et une recherche de rentabilitŽ ˆ tous crins, est en danger.

Le Gouvernement fait pression sur les collectivitŽs territoriales pour quĠelles appliquent scrupuleusement le mme dynamitage de la fonction publique. De plus, le projet de loi sur les collectivitŽs territoriales constitue un recul dŽmocratique important.

Face ˆ la politique destructrice du Gouvernement, les personnels organisent la rŽsistance. Depuis des mois, les mobilisations se succdent (agents territoriaux, h™pitaux publics, la Poste 18 mois de lutte, lĠŽducation, la culture, lĠONF, la DGCCRF, les finances publiques, lĠŽquipementÉ) que nous soutenons totalement.

Alors que, pour rŽpondre aux exigences de la situation sociale, le r™le de la fonction publique et des services publics nĠa jamais ŽtŽ aussi important, il est urgent notamment :

-de crŽer les emplois nŽcessaires et de donner les moyens aux services publics de rŽpondre aux besoins croissants de la population partout sur le territoire ;

-de revenir sur les suppressions au budget 2010 et pourvoir aux remplacements des dŽparts en retraite ;

-dĠassurer le maintien et la progression du pouvoir dĠachat de tous les personnels par lĠaugmentation du point dĠindice et une reconstruction de la grille,

-de revenir sur toutes les rŽformes rŽgressives ;

-dĠabroger la loi dite de Ç mobilitŽ È ;

-de prendre des mesures pour combattre la prŽcaritŽ.

Sur ces revendications, nous appelons ˆ dŽbattre et ˆ agir ds la semaine du 11 janvier pour permettre de faire converger les mobilisations et de construire un temps fort, de grves et de manifestations, le 21 janvier 2010.

Nos organisations conoivent cette pŽriode dĠaction comme sĠinscrivant dans le processus nŽcessaire et inscrit dans la durŽe permettant la convergence des luttes les plus larges et les plus unitaires, avec lĠensemble de la population et des acteurs attachŽs aux services publics et ˆ la Fonction publique, et lĠaboutissement de nos revendications

CommuniquŽ de presse FSU
       Les Lillas, le 30 dŽcembre 2009.

La FSU appelle lĠensemble des personnels de lĠEducation, de lĠEnseignement SupŽrieur et de la Recherche ˆ se mobiliser pour une politique qui assure la rŽussite de tous les jeunes. Il sĠagit de porter des propositions pour un systme Žducatif plus juste et plus Žgalitaire qui rŽponde pleinement aux besoins de la sociŽtŽ, qui dispose ˆ tous les niveaux des moyens nŽcessaires ˆ ses missions et qui refuse les dŽterminismes scolaires et sociaux, relance la dŽmocratisation de lĠaccs au baccalaurŽat, et diminue le nombre de sorties sans qualification du systme Žducatif.

- Contre le non remplacement dĠun fonctionnaire sur deux partant en retraite et la suppression systŽmatique de dizaines de milliers de postes, contre la RGPP et ses consŽquences sur les services et les missions

- Pour la crŽation de postes rŽpondant aux besoins du service public et assurant lĠamŽlioration des conditions de travail et dĠŽtude

- Pour lĠabandon de lĠactuelle rŽforme de la formation des ma”tres, de ses textes dĠapplication concernant la formation et la nŽgociation dĠune tout autre rŽforme

- Pour le retrait de la rŽforme des LP, des projets actuels de rŽforme des lycŽes et de la gouvernance des Žtablissements du second degrŽ et la reprise des discussions sur dĠautres bases

- Pour lĠarrt de la dŽstructuration du service public dĠEnseignement SupŽrieur et de Recherche (universitŽs, CNRS et autres organismes, É)

- Pour une vŽritable politique de lĠŽducation prioritaire qui assure partout le droit ˆ une Žducation de qualitŽ et ˆ la rŽussite

- Pour lĠabandon de la suppression des cartes scolaire et universitaires

- Pour la revalorisation de lĠensemble de nos mŽtiers, la requalification des emplois, la dŽfense de nos statuts, la rŽsorption de la prŽcaritŽ

- Contre les logiques dĠindividualisation de la gestion des carrires, de mise en concurrence des individus et des services.

La FSU appelle donc les personnels du service public dĠŽducation, dĠenseignement supŽrieur et de recherche ˆ participer massivement aux actions du mois de janvier :

- ds la rentrŽe dans le second degrŽ et notamment ˆ partir du 14 janvier, ˆ lĠappel de ses syndicats dans les collges et lycŽes,

- le 21 janvier avec lĠensemble des fonctionnaires grve et manifestations

- le 30 janvier manifestation nationale pour lĠEducation.

La RGPP est nue !

Le rapport du 16 dŽcembre 2009 de la Cour des Comptes sur la fonction publique dŽnonce l'absence de stratŽgie de l'Etat et critique la Ç rgle È imposŽe par le chef de l'Etat et son gouvernement du Ç non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant ˆ la retraite È.

Pour la cgt-FO, cette condamnation rejoint sa revendication de stopper immŽdiatement la rŽvision gŽnŽrale des politiques publiques (RGPP) dont l'unique but est de supprimer pour supprimer les effectifs publics (et in fine pouvoir ainsi justifier un transfert des missions publiques vers le secteur privŽ). Chacune des rŽformes engagŽes dans chaque ministre ou Žtablissement sous tutelle ne vise en rŽalitŽ qu'ˆ justifier et prŽparer les fermetures de postes dictŽes par la RGPP.

Une Žquation comptable ne peut dicter les politiques et l'organisation de l'Etat (et des collectivitŽs territoriales comme des structures de la fonction publique hospitalire). C'est une aberration comme une atteinte aux principes de notre RŽpublique, sociale, une et indivisible.

Pour la cgt-FO, il faut faire respecter les valeurs rŽpublicaines de libertŽ, d'ŽgalitŽ, de fraternitŽ et de la•citŽ. Il faut donner aux politiques publiques, les moyens et les ressources nŽcessaires par une fiscalitŽ juste et Žgalitaire.
Les services des trois versants de la Fonction Publique ainsi que les rŽgimes de protection sociale collective doivent tre prŽservŽs et consolidŽs. Il s'agit autant de prŽserver ces Ç protections È attŽnuant les effets des crises financires et Žconomiques que de permettre d'en sortir et de gŽnŽrer des emplois et de la croissance.

Le gouvernement refuse d'en dŽbattre et impose la RGPP avec ses destructions d'emplois, ses rŽorganisations, sa perte de sens, ses mobilitŽs imposŽes, son refus de prise en compte de la situation personnelle des femmes et des hommes de la Fonction Publique aboutissant ˆ des drames.

La cgt-FO rŽclame un moratoire immŽdiat sur les 374 mesures de l'acte I de la RGPP et s'oppose ˆ tout nouvel acte.

La RGPP nuit grandement ˆ notre RŽpublique. La RGPP tue. La RGPP dŽtruit et supprime. La RGPP est nue car elle est nulle et non avenue.

Paris, le 18 dŽcembre 2009.

Sans-papiers : une manifestation au ministre, oui c'est cela qu'il faut faire, en masse !

Lors du beau meeting du 14 dŽcembre des sans-papiers en grve, femmes chinoises en tte, Raymond Chauveau, secrŽtaire de l'Union locale CGT de Massy, principal organisateur de ce mouvement et de celui qui l'a prŽcŽdŽ et prŽparŽ en 2008, et interface entre le "terrain" et la "conf", avait condamnŽ la circulaire de rŽgularisation de Besson comme "une circulaire anti-grve, qui amplifie l'arbitraire gouvernemental et n'offre aucune garantie", ainsi que nous en rendions compte de manire approbatrice dans notre dernire lettre.

Ce mercredi 30 dŽcembre plusieurs centaines de travailleurs sans-papiers Žtaient ˆ nouveau dans la rue, devant le ministre du Travail. Ils auraient pu tre beaucoup plus malgrŽ le fait qu'on soit au coeur de la soi-disant trve des confiseurs, de mme qu'auraient pu tre prŽsents beaucoup plus de syndiquŽs et de militants ... s'ils avaient ŽtŽ prŽvenus ˆ temps. Mais il fallait, bien sžr, manifester au ministre, faire entendre la voie des femmes chinoises f‰ce au ministre, et celle des travailleurs algŽriens cette fois-ci venus en force en rŽaction au traitement discriminatoire que veut leur imposer, ainsi qu'aux Tunisiens, la circulaire Besson. Des militants FSU et la Ligue des Droits de l'Homme avaient pu tre prŽsents de faon significative.

Manifestantes et manifestants par leurs bouches et leurs banderolles exigeaient clairement un titre de sŽjour immŽdiat pour toutes et pour tous.

Le communiquŽ confŽdŽral de la CGT sortit juste avant cette manifestation,  formule quant ˆ lui les revendications des sans-papiers dans les termes suivants :

"-la dŽfinition de critres de rŽgularisation clairs et garantissant lĠŽgalitŽ de traitement entre les salariŽ(e)s quelles que soient leur nationalitŽ, la taille et la localisation de leur entreprise,

-le respect les droits et le travail des salariŽs intŽrimaires, qui sont indispensables ˆ la vie des chantiers et des entreprises,

-la prise en compte des salariŽs aujourdĠhui non dŽclarŽs et qui souhaitent enfin sortir du travail Ç au noir È,

-la prise en compte des salariŽ(e)s de lĠaide ˆ domicile, en particulier chez les employeurs individuels."

Des critres "clairs", en effet, il faut tre clair : l'ŽgalitŽ et le droit ne peuvent passer que par la rŽgularisation de toutes et de tous les travailleurs sans-papiers, qui serait une Žtape victorieuse vers la rŽgularisation de tous les sans-papiers rŽfugiŽs ou ŽmigrŽs en France. Limiter par avance la revendication ˆ la discussion de critres de rŽgularisation avec le ministre ne peut que conduire ˆ des circulaires telles que celle que Raymond Chauveau dŽnonait au meeting du 14 dŽcembre.

Xavier Darcos a refusŽ, avant mme la manifestation du 30 dŽcembre, de recevoir une dŽlŽgation ce jour lˆ et il n'a pas ŽtŽ demandŽ par les organisateurs que cela se fasse quand mme. En fait rendez-vous avait ŽtŽ pris pour "dŽbut janvier" avec la CGT ainsi qu'a avec la CFDT, la FSU, l'UNSA, Solidaires, la Cimade, RESF, Autre Monde, Femmes EgalityŽ et Droits devants ! , selon ce qu'a dŽclarŽ Francine Blanche aux manifestant(e)s.

Il y a maintenant plus de 6000 grŽvistes sans-papiers dans plus de 2000 entreprises, certains depuis bient™t trois mois !

L'efficacitŽ syndicale voudrait que ce prochain rendez-vous au ministre ait lieu sous la pression d'une manifestation rŽpŽtant en beaucoup plus grand ce qui a ŽtŽ fait le 30 dŽcembre.  L'efficacitŽ syndicale voudrait que les sans-papiers grŽvistes puissent tous se regrouper en direction du ministre avec le soutien effectif, marquŽ par une prŽsence effective, de tous les responsables syndicaux qui parlent d'eux. Tous ensemble dans l'unitŽ lˆ o a se dŽcide, c'est ˆ la vrai pragmatisme, c'est a le syndicalisme, c'est a l'action, c'est a l'efficacitŽ !

On nous communique : Militant syndicaux en grve de la faim contre des sanctions ˆ EDF.

Non aux sanctions !

Une pŽtition pour la levŽe des sanctions ˆ l'encontre de Nordine et des salariŽs du secteur de l'Žnergie !


Le lundi 14 dŽcembre, deux responsables syndicaux de SUD-Energie, Yann Cochin, porte-parole de la FŽdŽration et RenŽ-Michel Millambourg responsable du syndicat ële de France, ont entamŽ une grve de la faim en soutien ˆ Nordine, agent de GRDF-Paris licenciŽ pour fait de grve.

Pourquoi des militants syndicaux sont-ils contraints dĠen arriver ˆ cette extrŽmitŽ pour se faire entendre, mettant en jeu leur propre santŽ, peut-tre mme leur propre vie ?

Parce que les directions dĠEDF et de GDF ne leur ont pas laissŽ dĠautres choix.

Nordine vient dĠtre licenciŽ, aprs 12 ans de service. La direction de son unitŽ lui impute des fautes professionnelles contestables. Tous les recours internes ˆ lĠentreprise ont ŽtŽ ŽpuisŽs. Mais la direction de son unitŽ fait preuve dĠun acharnement sans limite ˆ punir Nordine que seule la volontŽ de faire un exemple peut expliquer.

Car Nordine est un agent syndiquŽ qui sĠest beaucoup investi, comme des milliers dĠautres, dans la grve qui sĠest dŽveloppŽe au printemps dernier ˆ EDF et GDF, principalement ˆ la distribution et ˆ la production nuclŽaire.

Ce conflit, un des plus longs de lĠhistoire de ces entreprises, portait sur des revendications communes ˆ lĠimmense majoritŽ des salariŽs : des augmentations pour les bas salaires, lĠarrt des rŽ-organisations sans fin des unitŽs sur des critres de productivitŽ, qui conduisent ˆ des conditions de travail insupportables pour les salariŽs et ˆ la dŽgradation du service pour les usagers, lĠarrt du recours toujours plus large ˆ la sous-traitance, en particulier dans le nuclŽaire o il met la sžretŽ en pŽril.

A ces revendications lŽgitimes, les directions dĠEDF et de GDF ont dĠabord rŽpondu par le mŽpris. PrŽfŽrant faire perdre probablement plusieurs centaines de millions ˆ EDF en raison des perturbations des arrts de tranches nuclŽaires, elles ont refusŽ de rŽpondre aux demandes dĠaugmentation de salaires bien modestes rŽclamŽes par les agents et ˆ leurs autres revendications. Rappelons seulement quĠen 2008 M. Cirelli (nĦ2 de GDF-Suez) voyait son salaire tripler tandis que la rŽmunŽration de M Gadonneix (ex-president dĠEDF) a augmentŽ ces trois dernires annŽes de 122 % !

La grve sĠŽpuisant, les directions ont alors choisi, revanchardes, dĠy rŽpondre par la violence et la rŽpression : 240 procŽdures disciplinaires ˆ lĠencontre de grŽvistes sont en cours, de la mutation forcŽe jusquĠau licenciement sec en passant par la mise ˆ pied, la rŽtrogradation de NR.

Non aux sanctions

 http://5847.lapetition.be/

 URGENT - URGENT -URGENT - URGENT

Non aux sanctions !

CĠest de cette vague de rŽpression dont Nordine est avant tout victime. Bien sžr, on ne licencie pas Ç officiellement È pour fait de grve dans notre pays, du moins pas encore. Alors il faut trouver des subterfuges. CĠest pourquoi sa direction cherche ˆ licencier Nordine pour faute professionnelle. Nordine, lui, se considre maltraitŽ par sa hiŽrarchie depuis de nombreux mois, au point dĠavoir entamŽ une procŽdure pour harclement moral. De fortes prŽsomptions psent sur la direction de son unitŽ dĠavoir utilisŽ des moyens illŽgaux pour le Ç piŽger È professionnellement. Le dossier complet est ˆ la disposition de tous sur le site http://ww.sudenergie.com Mais mme ˆ supposer que Nordine soit effectivement fautif sur le plan professionnel, jamais dans lĠhistoire dĠEDF et de GDF, les fautes dont on lĠaccuse nĠont conduit ˆ des licenciements. Conscients de cette injustice criante, les collgues de Nordine le soutiennent dĠailleurs trs largement et se sont mis en grve ˆ plusieurs reprises. De mme, les syndicats dĠErDF-GrDF Ile de France ( SUD, CGT, CFTC, FO) ont Žgalement apportŽ leur soutien ˆ cette grve, tout comme de nombreux partis politiques sensibles ˆ la dŽfense des droits dŽmocratiques et des services publics (ˆ ce jour le Parti Socialiste, Verts, Parti de Gauche, NPA, Gauche unitaire, Alternatifs). Il sĠagit bien pour les directions dĠEDF et de GDF de faire des exemples, de casser tous ceux qui sĠopposent ˆ lĠorientation dŽlŽtre quĠelles imposent au Service Public de lĠEnergie, tous ceux qui osent lutter pour leurs droits et leurs revendications.  Nous ne pouvons pas laisser faire.  La grve de la faim est lĠultime moyen que des syndicalistes ont maintenant ˆ leur disposition pour tenter de faire respecter le droit dĠexpression le plus ŽlŽmentaire des salariŽs ˆ EDF et GDF.  Nous devons les soutenir, exiger avec eux lĠannulation du licenciement de Nordine et de toutes les sanctions prises ˆ la suite de la grve du printemps dernier.  Le droit de grve est un droit fondamental, garanti par la constitution. Le dŽfendre cĠest dŽfendre la dŽmocratie. Nous ne pouvons laisser sans soutien ceux qui mettent aujourdĠhui leur vie en jeu pour le dŽfendre, nous ne pouvons laisser la rŽpression sĠabattre sur les salariŽs dĠEDF et de GDF. Soutien aux trois grŽvistes de la faim !  RŽintŽgration de Nordine !  Annulation de toutes les sanctions et procŽdures disciplinaires en cours suite ˆ la grve !

 

 

Iran : il s'agit bien d'une rŽvolution.

L'Achoura, fte centrale de l'islam chiite, a constituŽ un tournant en Iran. Inutile ici de reproduire les informations que nos lecteurs ont sans doute dŽjˆ vues ou entendues. Insistons sur ce que disent les images amateurs des tŽlŽphones portables en action partout en Iran.

D'abord, le fait mme qu'est cette volontŽ de montrer, de ne plus cacher. Les peuples d'Iran franchissent le seuil ou il devient plus efficace et moins dangereux de tout montrer que de se cacher.

Cest ainsi que dans une petite ville de province l'attaque populaire d'un gibet, pour libŽrer deux condamnŽs ˆ mort de droit commun (?) d'une pendaison publique, a ŽtŽ filmŽe et envoyŽe au monde entier par les acteurs eux-mmes. Malheureusement la police a ensuite rattrapŽe les deux condamnŽs et les a assassinŽs. Mais partout, les iraniennes et les iraniens veulent maintenant qu'on voie, qu'on sache.

Lumire et soleil contre l'obscurantisme et la peur. Les victimes de viols et de sodomies barbares entre les mains de la vermine Bassidji dans les prisons commencent ˆ ne plus Žprouver de malheureuse honte et ˆ parler. Les manifestants, et celles et ceux qui crient la nuit sur les toits et les balcons, appellent violeurs, tortionnaires, voleurs et crient "ˆ mort" ˆ l'endroit des chefs du rŽgime.

Tout cela se rŽsume dans une Žvolution, depuis juin dernier, que montrent les images d'Iran,

Les visages et l'allure des manifestants : toute la jeunesse est lˆ, c'est-ˆ-dire les jeunes ouvriers, les ch™meurs, les apprentis, les "dŽshŽritŽs d'Allah" au nom desquels prŽtend parler le rŽgime islamiste et desquels sociologues et journalistes nous ont toujours racontŽ qu'ils "soutiennent les mollahs". Ils sont lˆ, ils sont venus en masse pour Achoura, avec des b‰tons, avec les armes qu'ils ont pu trouver, affronter la vermine Bassidji, faire que la peur change de camp, que chaque fois qu'un Bassidji torturera l'un d'eux dans sa prison, il commence ˆ craindre que tout cela pourrait bien se terminer en se faisant choper et rŽgler son compte par le peuple en colre.

C'est en faisant reculer la violence d'Etat par la violence populaire et pas autrement qu'en Iran comme ailleurs on peut faire reculer la violence tout court !

Autre Žvolution, ou plut™t, autre affirmation, les femmes, les femmes, les femmes, sont la masse des manifestants, sont aux avant- postes pour se dŽfendre des nervis et les flics, et portent le voile d'une manire dŽliŽe et offensive, que l'on ne voyait pas dans les images d'il y a quelques mois. Le voile, quels que soient les btises que l'on raconte en France de tous c™tŽs ˆ son sujet, a ŽtŽ choisi par le rŽgime islamiste de Khomeiny comme emblme de la contre-rŽvolution menŽe au nom de la rŽvolution, comme symbole et comme rŽalitŽ du contr™le physique de toutes et donc de tous. Sa chute et son dŽtournement ont commencŽ, en mme temps que la masse de toute la jeunesse ouvrire a fait irruption dans les manifestations.

Beaucoup de commentateurs le disent maintenant : le rŽgime semble condamnŽ, en ce sens qu'il a dŽjˆ subi sa dŽfaite morale dŽcisive, qu'il n'a plus de lŽgitimitŽ, que les manifestants, par eux-mmes, ont admirablement recyclŽ la mŽmoire rŽvolutionnaire des peuples d'Iran et instaurŽ un cycle de manifestations et de deuils similaire ˆ celui qui conduisit le chah ˆ sa chute en 1979.

C'est vrai. Mais c'est prŽcisŽment pour cela qu'il ne faut surtout pas faire, maintenant, comme si la victoire Žtait acquise, comme si la chute d'Amadinejad et de Khamenei avec lui, qui signifieraient quelles que soient les manoeuvres des "mollahs rŽformistes" la mort bienvenue de la rŽpublique islamiste, allait forcŽment se produire.

Rien n'est acquis, pour une raison simple : les armes sont dans les mains de l'ennemi. Les masses mettent en pratique cette loi des vraies rŽvolutions que ce n'est pas par des appels ˆ la gentillesse que l'on dŽfait les forces armŽes de l'appareil d'Etat, mais que c'est en les affrontant que l'on ouvre des brches qui peuvent donner accŽs aux armes. Mais la question des armes, comme la question de la grve gŽnŽrale contre le rŽgime, demande de l'organisation, et les manifestants n'ont pas encore cette organisation. Leur spontaneitŽ peut aller jusqu'ˆ dŽtruire l'armŽe du rŽgime et donc le rŽgime, mais ce n'est pas acquis du tout. Il y a une autre possibilitŽ, celle du bain de sang.

Notons, avant de poursuivre, que la conscience rŽaliste de cela ne doit pas inhiber l'ardeur au combat, car le bain de sang sera pire maintenant, Žtant donnŽ la peur des possŽdants et des nervis, si la jeunesse et le peuple flŽchissent.

Mais, rŽpŽtons-le, le risque du bain de sang total existe, et dans ce cas nul doute que l'impŽrialisme nord-amŽricain pleurera des larmes de crocodiles en laissant faire, quitte ˆ engager ensuite une guerre contre l'Iran aprs que le rŽgime aurait massacrŽ son peuple : c'est le soulvement dŽmocratique qui actuellement protge l'Iran des attaques et des provocations nord-amŽricaines et israŽliennes.

Alors, quel peut tre l'ŽlŽment qui fasse pencher la balance du bon c™tŽ ?

Certes l'issue de la lutte dŽpendra du regroupement et de la dŽcantation rapides des forces politiques rŽvolutionnaires en Iran.

Mais elle dŽpendra aussi de la solidaritŽ internationale.  Au moment prŽsent, la solidaritŽ internationale peut et doit tre un poids clef dans la balance.

Un exemple : la marche pacifique sur Gaza contre le mur et le blocus israŽlien, victime de la rŽpression et des provocations du rŽgime Žgyptien, si elle pensait aussi ˆ proclamer qu'elle dŽfend, avec les Palestiniens, la jeunesse iranienne contre la dictature islamiste, pŽserait lourd dans la balance, et aussi bien en faveur des Palestiniens que des Iraniens. Car ce qui protge le rŽgime iranien c'est aussi la croyance stupide, entretenue pour leurs propres intŽrts par de nombreux appareils politiques, que ce rŽgime serait soi-disant anti-impŽrialiste et que le combattre ferait le jeu de Washington et d'Israel.

Ce n'est pas vrai : rien n'est plus proche d'un jeune combattant palestinien de l'Intifada lanant sa pierre sur un soldat israŽlien qu'une jeune iranienne dŽcochant son talon dans l'entrejambe d'un Bassidji.

Donc : c'est maintenant qu'il faut manifester, sortir, faire prendre position, contre la rŽpression en Iran, pas pour la paix entre les classes mais en appui aux jeunes filles et aux jeunes garons qui affrontent la vermine Bassidji dans la rue.

Manifestation au TrocadŽro, Paris, Samedi 2 janvier, 15 heures.

 

 

 

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Livres.

Histoire et thŽorie.

Il est paru ces temps ci plusieurs livres d'un intŽrt historique et thŽorique certain.  Faites votre choix :

Giovanni Arrighi. Adam Smith ˆ PŽkin. Les promesses de la voie chinoise. Editions Max Milo, traduit de lĠanglais par Nicolas Vieillescazes, livre important et ample, paru en anglais en 2007, dont l'auteur est dŽcŽdŽ cette annŽe, qui estime que l'histoire de l' "accumulation sans limite du capital et du pouvoir" devrait aboutir ˆ un transfert du centre du capital et du pouvoir des Etats-Unis vers la Chine ... et qui caresse l'espŽrance que le capitalisme chinois pourrait tre une "Žconomie de marchŽ" sociale, Žcologique et tout et tout, tout en ne pouvant pas trop cacher qu'il s'agit lˆ d'un espoir peu fondŽ dans la rŽalitŽ. Une critique dŽtaillŽe de cet ouvrage sera bient™t mise en ligne sur le site de Militant.

Kenneth Pomeranz, La force de lĠempire. RŽvolution industrielle et Žcologie, ou pourquoi lĠAngleterre a fait mieux que la Chine., Ere, Paris, 2009, comporte justement trois articles traitant de la comparaison Chine (surtout le bassin du Yangzi)-Angleterre au XVIIIĦ sicle. L'auteur est un chercheur reconnu en langue anglaise, jusque lˆ non ŽditŽ en franais.

L' "histoire globale" devient une mode et l'Ždition franaise rŽinvente l'eau chaude : un recueil d'article, variŽ, inŽgal, sur ce sujet, est sorti, Histoire globale, mondialisations et capitalisme, La DŽcouverte Žd., 2009. Souvent trs intŽressant, mais retombant trop souvent dans un vieux schŽma idŽologique selon lequel le capitalisme serait la suite du commerce et aurait existŽ dŽs les MŽsopotamiens ...

En contrepoint, l'essai de Ellen Meiskins Wood, L'origine du capitalisme, une Žtude approfondie,, publiŽ par Lux, Žditeur quŽbŽcois rŽcemment implantŽ ˆ Paris, tombe ˆ pic pour rappeler opportunŽment que le capitalisme est un mode de production spŽcifique, qui a une histoire : il est apparu, a grandi, dŽveloppŽ des contradictions ... et aura une fin, d'une faon ou d'une autre.

Autre contrepoint bienvenu ˆ la nouvelle mode occidentale du capitailsme chinois social et Žcologique (c'Žtait avant Copenhague ! ), Bruno Astarian, Lutte de classes dans la Chine des rŽformes (1978-1991), La Bussire, Acratie. L'auteur a beau tre anarchiste -enfin, on suppose, au risque de se faire engueuler, mais ce n'est pas grave : il est partisan de la "communisation"- les informations concrtes et la description de la rŽalitŽ sociale et Žconomique chinoises sont ici frappŽes au coin du rŽalisme et du bon sens.

Dans un autre registre, un charmant anthropologue dont il nous arrive de citer le blog souvent fort bien avisŽ en matire de finance et de commentaires sur la vie nord-amŽricaine, Paul Jorion, devenu depuis peu une cŽlŽbritŽ pour avoir "prŽdit" la crise dite des subprime, a eu l'honneur de voir sortir deux livres coup sur coup, l'un sur l'argent -il ne comporte aucune dŽcouverte ou analyse radicalement nouvelle ou profonde mais est fort agrŽable ˆ lire et, pour tout dire, dŽlassant ! -qui s'appelle donc L'argent, mode d'emploi et l'autre beaucoup plus costaud et fondamental, rien de moins que Comment la vŽritŽ et la rŽalitŽ furent inventŽes, chez Gallimard.

VP.

 

Ç Le cantique de l'apocalypse joyeuse È d'Arto Paasilinna traduit du finnois par Anne Colin du Terrail octobre 2009 9 Û 391 pages

                                    Un incroyable havre de paix

Un vieillard, communiste, grand bržleur d'Žglises fait venir auprs de lui son petit fils afin de dicter ses dernires volontŽs. Il s'agit de b‰tir et d'entretenir une grande Žglise en bois. Les proches, les amis et les ennemis du presque dŽfunt n'en reviennent pas: pourquoi une telle demande? Pourquoi l'ancien pourfendeur de corbeaux veut-il que son hŽritier mette sur pied une fondation pour un tel dessein?

L'histoire commence ainsi et trs vite, les sommes confortables et l'action opini‰tre du petit fils, prŽsident de la nouvelle fondation vont permettre ˆ cette Žglise et ˆ tout un village de sortir de terre.

Le lecteur est ainsi entra”nŽ dans une histoire o l'humour est roi.. L'Žglise deviendra le lieu de regroupement de villageois cherchant ˆ vivre autrement dans ce dŽbut du troisime millŽnaire o s'annonce une troisime guerre mondiale...La hiŽrarchie religieuse voudra s'approprier une Žglise. La fondation rŽsistera et installera un pasteur fŽminin et une Žthique trs libertaire : les couples lŽgaux et illŽgaux se font et se dŽfont sans que l'on voue les dŽviants aux portes de l'enfer.

L'histoire est dŽlirante mais tellement dr™le.

Le monde est en guerre, les bombes les plus sophistiquŽes tuent des centaines de milliers voire de millions d'hommes de par le monde pendant qu'un petit village finlandais rŽsiste. Les habitants abandonnent le modernisme pour en revenir ˆ la cueillette, aux labours traditionnels, ˆ la pche.

New York dispara”t sous des mtres d'ordures et des incendies violents pendant que dans la fort de Finlande on vit trs prs de la nature, en refusant la sociŽtŽ de consommation.

C'est un vŽritable conte de No‘l o les pŽripŽties s'encha”nent trs vite sans laisser d'ailleurs le temps au lecteur de reprendre son souffle...Qui s'en plaindrait?

On en oublie mme l'oeuvre de mort qui sŽvit un peu partout et l'auteur n 'hŽsite pas ˆ  jouer de son humour Ç dŽlirant È : Ç il ressortait de cette cacophonie que l'on avait enfin rŽussi ˆ fusionner les diffŽrents conflits locaux qui enflammaient la plante È.

Nous voilˆ plongŽs dans un roman qui ressemble ˆ s'y mŽprendre ˆ une bande dessinŽe. Le lecteur retrouvant lˆ un nouveau Ç vaisseau de pierre È.

Jean-Franois CHALOT