Lettre de Liaison N” 88 du 2 fŽvrier 2010.

Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

 

 

 

Edito : tout est ouvert !

Crise de rŽgime, crise de la gauche, dŽbouchŽ possible.

En Languedoc-Roussillon, pour le front uni de toute la gauche, pour dŽfaire Frche et Sarkozy, votez Front de gauche, votez Revol !

La retraite ˆ 60 ans, un prŽcieux acquis de civilisation. Tribune parue dans L'HumanitŽ du 25 janvier, par J.F. Claudon, J.GuŽrin, S.Thouzeau.

Remarques de la rŽdaction.

Document : le texte de la direction du PS sur les retraites.

PŽtition : redonnons la prioritŽ ˆ l'Žcole la•que !

Intervention de Jean Franois Chalot ˆ Malaunay le 23 janvier 2010 au colloque organisŽ par le CREAL (ComitŽ de RŽflexion et d'Action La”que de Seine-Maritime).

Howard Zinn est mort.

Edito : tout est ouvert !

"Ce qu'on veut, c'est l'ensemble des raffineries en grve, une pŽnurie sur tout le territoire. On a besoin d'un soutien de cette ampleur. Aujourd'hui, le dŽbat ne se limite pas ˆ la raffinerie des Flandres.", dŽclare Benjamin Tange, dŽlŽguŽ CGT chez Total, la veille des assemblŽes gŽnŽrale dans tous les sites de Total, qui se tiennent ce mardi 2 fŽvrier.

Face ˆ la poursuite des suppressions d'emplois, ce syndicaliste en appelle ˆ toute la classe ouvrire et rŽclame le soutien des directions syndicales nationales, qui n'envisagent pas une telle action.

"Les collgues sont exaspŽrŽs mais rŽsignŽs, ils entrent en rageant dans le jeu qui consiste ˆ se battre disciplines contre disciplines pour Žviter d'tre ceux qui auront des postes supprimŽs, en sachant qu'un final a ne sert ˆ rien."

Ainsi s'expriment des responsables syndicaux des lycŽes, notamment du SNES-FSU. Cet Žtat-d'esprit est bien rŽel, il rŽsulte de l'avortement des grandes grves interprofessionnelles de 2009 et des journŽes d'action multiples et divisions syndicales combinŽee ˆ l'approbation -de la "mastŽrisation" par la direction du SNES, de la rŽforme du lycŽe elle-mme par celles de l'UNSA, du SGEN-CFDT et des parents d'Žlves FCPE.

C'est pour toute ces raisons que la manifestation appelŽe par la FSU, soutenue par le SNALC et la CGT, ce samedi 30 janvier, n'a rŽuni "que" 15 000 personnes, ce qui n'est pas rien pour autant -mais si les mŽcontents Žtaient lˆ il y aurait des centaines de milliers et sans doute pas un samedi ni un dimanche.

Dans cette manifestation, une lueur : les quelques 200 ˆ 300 jeunes ayant des vrais mots-d'ordre, ˆ commencer par "Retrait, retrait, retrait de la rŽforme du lycŽe", regroupŽs dans un joyeux dŽsordre autour du tout rŽcent SGL, Syndicat GŽnŽral des LycŽens, formŽ par la majoritŽ des anciens adhŽrents de l'UNL (Union Nationale LycŽenne, tenue d'une "main de fer" par la tendance Hamon du PS), qui ont voulu tre un syndicat in-dŽ-pen-dant ! (1)

Ceci peut annoncer le printemps, car le mŽcontentement pour l'heure faussement rŽsignŽ des profs est susceptible si une perspective appara”t, de se retourner en son contraire. Voila pourquoi les organisations syndicales et notamment la FSU en congrŽs ˆ Lille ont la responsabilitŽ de dire que la rŽforme du lycŽe comme toute la politique "Žducative" du gouvernement sont minoritaires, et d'appeler ˆ la grve unie avec manifestation centrale contre cette rŽforme, contre les suppressions de postes, la RŽvision GŽnŽrale des Politiques Publiques et la rŽforme territoriale, avant les Žlections rŽgionales.

Il est aussi des salariŽs en lutte trs dure depuis des mois en proie ˆ une immense inquiŽtude car ils sont certes trs montrŽs et mis en valeur mais en mme temps toujours tout seuls : les sans-papiers CGT. On va o ? Telle est la question qu'ils se posent et qu'ils posent. Soyons clairs, leur grve, qui doit tre soutenue, actuellement ne leur appartient pas : ils sont dirigŽs par des responsables qui cherchent toutes sortes d'actions et de petits rŽsultats ˆ l'exclusion de toute offensive rapide, rassembleuse et concentrŽe contre le ministre du Travail et celui de l'Immigration ("et de l'identitŽ nationale") pour infliger une vraie dŽfaite ˆ ce gouvernement avec comme vraie revendication la rŽgularisation de toutes et de tous !

Il est probable qu'ˆ la diffŽrence des Žlections europŽennes, les Žlections rŽgionales au fur et ˆ mesure qu'elles vont se rapprocher, bien que n'offrant pas d'issue politique en elles-mmes et surtout du fait de la politique des partis qui s'y prŽsentent, vont appara”tre comme un terreau propice aux mobilisations.

(1) http://www.sgl-fr.org/

Rien n'est perdu. Tout est ouvert.

A bas la rŽforme territoriale !

A bas tous les plans collectifs de licenciements !

UnitŽ pour dŽfaire et chasser Sarkozy !

 

 

 

 

Crise de rŽgime, crise de la gauche, dŽbouchŽ possible.

 

Deux affaires ...

Deux Žvnements, dans les sommets de l'Etat ou des appareils politiques, ont marquŽ ces derniers jours : la victoire judiciaire de De Villepin contre Sarkozy et ce qu'il est convenu d'appeler l' "affaire Frche".

La concomitance de ces deux Žvnements souligne le fond de la situation : Sarkozy s'affaiblit, lui et son gouvernement sont minoritaires dans le pays, mais l'opposition officielle pŽdale dans la choucroute ce qui lui permet de continuer, et les victimes sont la majoritŽ, les travailleurs, la jeunesse, les services publics, les besoins sociaux et les droits dŽmocratiques les plus ŽlŽmentaires.

A commencer, notons-le, par ce "droit ˆ la sŽcuritŽ" dont on nous rabat les oreilles pour justifier le renforcement de la police, alors que la sŽcuritŽ des citoyens est mise en cause, prŽcisŽment, par la mme police et l'augmentation exponentielle des gardes ˆ vue, c'est-ˆ-dire des kidnapings temporaires avec sŽquestration et atteinte ˆ la dignitŽ humaine.

Revenons ˆ nos deux "affaires". Quel en est le fond ?

La justice ne veut pas qu'une solution de rechange ˆ Sarkozy soit pendue ˆ un croc de boucher !

Le fond de l'affaire Cleastream est qu'elle a en son temps permis ˆ Sarkozy d'Žliminer son principal rival ˆ droite, Žtant entendu que De Villepin a ŽtŽ dŽgommŽ par la lutte des classes lors du mouvement contre le CPE (Contrat Premire embauche, une idŽe commune au dŽpart ˆ Sarkozy et ˆ De Villepin ; permettre aux patrons de virer ˆ tout moment et sans motif les jeunes embauchŽs pendant 2 ans ! ) et que c'est -dŽjˆ- le choix des appareils syndicaux de nŽgocier avec Sarkozy au lieu de pousser l'offensive pour en dŽcoudre avec les mesures anti-sociales qui a permis ˆ celui-ci de prendre le relais.

De faux documents prŽsentaient Sarkozy comme titulaire de comptes bancaires douteux. Celui-ci a orchestrŽ la mise en accusation de De Villepin comme leur inspirateur, pendant que De Villepin est peu ˆ peu parvenu ˆ laisser entendre que Sarkozy informŽ depuis le dŽbut a laissŽ la chose se dŽvelopper pour pouvoir le piger. Grosso modo, on peut supposer en nŽgligeant les dŽtails que le mal que chacun dit ou laisse dire sur l'autre est fondŽ. Nous sommes lˆ dans un univers maffieu, de copains et de coquins, typique et essentiel : les arcanes de la V” RŽpublique.

Pour Sarkozy liquider judiciairement De Villepin devait tre l'Žpilogue de son Žlection ˆ la prŽsidence de cette "RŽpublique" lˆ. Il s'agisait d'asseoir sa domination sans partage sur l'UMP et l'appareil d'Etat par une mise ˆ mort symbolique (qui serait une mise ˆ mort rŽelle dans un autre contexte historique, peu s'en faut), bien rŽsumŽe par sa formule notoire, jamais dŽmentie : "le pendre ˆ un croc de boucher."

Dans ces conditions le fait que le Tribunal ait acquittŽ De Villepin des charges initialement retenues contre lui ne relve pas de la "justice" (ce qui en relve, c'est un seul acquitement, celui du journaliste indŽpendant Denis Robert) mais du camouflet politique et symbolique majeur adressŽ au prŽsident en tant que tel, qui plus est le jour de son anniversaire -ne croyons pas ˆ la co•ncidence, un monarque est toujours traitŽ commet tel dans sa toute-puissance comme dans les signes annonciateurs de sa dŽchŽance.

Le message est entirement politique : parce qu'il est douteux que Sarkozy parvienne ˆ "rŽformer le pays" dans l'intŽrt du capital financier, que dans le pire des cas pour celui-ci il finira par dŽchainer une explosion spontanŽe et populaire, et dans le meilleur il ne fera qu'Žpuiser le pays exsangue devant la concurrence des autres puissances impŽrialistes des Etats-Unis ˆ la Chine, et mme si ceci n'est pas d'actualitŽ immŽdiate, il est bon pour la classe capitaliste qu'il soit dit clairement que solution de rechange, une ou plusieurs, il doit y avoir dans le cadre de la V” RŽpublique. L'appareil judiciaire, composante du rŽgime et de l'Etat, a donc choisi de remettre en selle politiquement De Villepin pour qu'il soit dit, rŽpŽtons-le, que solution de rechange ˆ Sarkozy il doit y avoir.

Celui-ci a pondu le jour mme un communiquŽ dont la maladresse amplifiait le coup reu -De Villepin est acquittŽ mais pourtant les considŽrants du Tribunal sont soit disant accablants pour lui (ah bon ?), et "je ne ferais pas appel" alors que, partie civile, le prŽsident Sarkozy n'avait pas cette possibilitŽ lŽgale. Par contre, le lendemain matin, le Procureur, qui comme il le dit et le rŽpte, n'a "reu aucun ordre Žcrit" (tout est dans le mot "Žcrit" ! ), fait appel dans le but, purement politique lˆ encore, de relancer le procŽs d'ici 2012. Faute d'envoyer les lansquenets pendre le rival ˆ un croc, l'ElysŽe se dŽfend comme il peut, et cela se voit. Une fois de plus nous pouvons dire : "Plus le singe monte haut dans l'arbre plus il montre son ..." !

Qu'est-ce que Georges Frche ?

Pendant ce temps, la direction du Parti Socialiste, qui aurait pu profiter au maximum de ces convulsions, Žtait accaparŽe par son propre linge sale. Ce linge sale porte dŽsormais un nom, pour la postŽritŽ, celui de Georges Frche, bien qu'il ne s'y rŽduise pas. Qu'est-ce que Georges Frche ?

Pour Martine Aubry et les mŽdias, c'est un type qui fait "des dŽrapages" glissant dans la direction du racisme et de l'antisŽmitisme, ce qui met en cause l' "honneur de la gauche", et puis voila. C'est un peu court !

Dans une vie antŽrieure, Georges Frche fut un authentique mao-stalinien, qui dŽjˆ prŽconisait le soutien ˆ la politique Žtrangre gaulliste. Devenu universitaire ˆ Montpellier, le voila qui entre au PS lors de sa fondation et en prend la tte sur la ville, que l'ancienne SFIO avait laissŽe ˆ la droite. Socialiste dynamique des annŽes 70, mais avec dŽjˆ une spŽcificitŽ, d'ailleurs typiquement mitterrandienne, celle des accointances avec les milieux AlgŽrie franaise et autres anciens supporters de Tixier-Vignancourt (leur candidat ˆ la prŽsidentielle de 1965). Devenu maire de Montpellier puis prŽsident de la rŽgion Languedoc-Roussillon, Frche fut un baron local exemplaire de la dŽcentralisation : un "rŽalisateur" et rŽnovateur du centre-ville de Montpellier, transfŽrant des masses d'argent public vers ses redevables du B‰timent Travaux Publics, maniant la trique et la subvention, dans une rŽgion exemplaire de la modernisation des deux dernires dŽcennies du XX” sicle -et du taux de ch™mage et de prŽcaritŽ. Assez proche, ˆ certains Žgards, des politiques rŽgionales menŽes en Catalogne et ˆ Saragosse, de l'autre c™tŽ des PyrŽnŽes.

Dans le systme clientŽlaire ainsi construit, les "communautŽs" sont une pice : subventions, petites amitiŽs, casement de la petite nice dans un emploi local, piston par ci, piston par lˆ, les associations de rapatriŽs d'AlgŽrie, les Harkis, les organisations sionistes soit disant reprŽsentatives des Juifs de France, sont des pices du systme Frche. En baron habile il les ouspille de temps ˆ autre. Ce qui a donnŽ les harkis "sous-hommes", le premier dans sa sŽrie de "dŽrapages" trs mŽdiatiques et trs contr™lŽs.

L'Žructation pŽriodique de petites phrases ˆ connotation raciste, outre qu'elle rŽvle certainement la mentalitŽ de fond du personnage et de la couche sociale de prŽbendiers rŽgionaux qui l'entoure, procde sans doute d'une stratŽgie Žlectorale bien pensŽe, consŽcutive au fait que c'est de moins en moins pour contrer la droite et le patronat que la population languedocienne et catalane vote pour le PS au niveau rŽgional, que le clientŽlisme ou la crainte jouent un r™le local croissant, et qu'il faut donc s'attirer, en mme temps que des niches de votes communautaires, des voix populaires racistes portŽes ˆ d'autres moments sur le Front national.

Cette dŽgŽnerescence progressive n'est pas propre ˆ Frche. L'on doit en particulier s'interroger sur l'Žtat du PS rŽvŽlŽ par le vote des "militants" massivement en sa faveur ˆ chaque investiture, contre "Paris". La rancoeur sociale et les dŽceptions socialistes se reportent contre "Paris" et le clientŽlisme local assorti d'une fiertŽ mal placŽe fait le reste. Nous avons donc des fŽdŽrations clientŽlisŽes et vassalisŽes, capables au besoin de jouer les milices pour dŽfendre leurs barons : ce triste tableau n'est pas propre au Languedoc-Roussillon. Au lieu de miser sur le combat social pour regagner les voix de l'Žlectorat populaire de droite et d'extrme-droite, Frche choisit de faire soi-disant "peuple" en faisant raciste. Ailleurs, on voit des Žlus locaux parler un langage (et accomplir les actes qui vont avec) des plus "centristes", des plus bien pensants. C'est au fond la mme dŽrive.

Ce qui a contribuŽ de manire dŽcisive ˆ la dessiner, c'est la rŽgionalisation et les pouvoirs confŽrŽs ˆ des gestionnaires locaux qui, ˆ chaque transfert de missions de services publics et de personnels, depuis 2004, n'ont jamais protestŽ contre leur principe mme, n'ont jamais -alors qu'ils avaient initialement ŽtŽ Žlus pour cela- pris la dŽfense et appelŽ ˆ la mobilisation pour l'ŽgalitŽ devant la loi, devant le service public, devant l'imp™t, mais n'ont fait que couiner qu'on ne leur transfŽrait pas assez de moyens, de pouvoirs fiscaux et de pouvoir tout court.

Frche dans cette catŽgorie est un baron rŽgional qui a tout compris : pendant que ses "camarades" font semblant de s'Žpoumoner ˆ dire que la rŽforme territoriale de Sarkozy met en cause les lois de dŽcentralisation de 1982 (il est exact qu'elles en effacent les contradictions), lui, grand bŽnŽficiaire de la dŽcentralisation, soutient la rŽforme territoriale qui est l'Žtape suivante de la fin de l'ŽgalitŽ des droits conquise en 1789 !

De mme avait-il anticipŽ le "dŽrapage verbal" de ... Martine Aubry en se prononant pour la retraite ˆ 62 ans ! De mme, progressivement fachŽ avec la mairesse de Montpellier (on va en reparler plus bas) a t'il proclamŽ qu'avec la rŽforme territoriale de Sarkozy il y a 1000 licenciements ˆ faire parmi les employŽs municipaux de la ville !

De mme, est-il pour l'ouverture au Modem, qu'il met en pratique. C'est un peu ennuyeux pour les bobos bien pensants que gne l'image graveleuse faussement populo de cet universitaire : tout ce que prŽconisent DŽsir d'Avenir ou Europe Ecologie, Frche le fait.

Jusqu'au projet de faire trancher par les tribunaux les conflits statutaires et Žlectoraux internes, pour mettre ce parti sous tutelle de l'Etat et mieux le liquider, projet un instant agitŽ par SŽgolne Royal fin 2007, et que Frche semble disposŽ ˆ mettre en oeuvre !

Loin d'tre un ŽpiphŽnomne dans la vie du PS de ces dernires annŽes, Frche a jouŽ un r™le dŽcisif comme soutien ˆ SŽgolne Royal, y compris par les votes massifs de sa fŽdŽration ˆ chaque fois que nŽcessaire, sans lesquels le doute sur le dŽcompte des votes internes entre Royal et Aubry n'aurait pas eu lieu d'tre. Comme Cohn-Bendit, il appelle ˆ la liquidation du PS et des partis de gauche en gŽnŽral, pour les remplacer par des Žcuries mouvementistes et recentrŽes. L'ancien ministre le plus fidle et durable du gouvernement Chirac-Jospin, le grand privatisateur Jean-Claude Gayssot, du c™tŽ du PCF, et plusieurs anciens dirigeants Žcologistes de la rŽgion, partisans du "pouvoir des rŽgions", sont aujourd'hui derrire lui.

Donc, quand il dit que "la gauche" locale est avec lui, il n'a pas entirement tort. Mais qu'est-ce que cette "gauche" lˆ ? Un produit qui n'a plus rien ˆ voir avec le mouvement ouvrier, le pur produit de la V” RŽpublique dŽcentralisŽe.

Une petite phrase antisŽmite dŽcouverte aprs un mois d'incubation.

Sa petite phrase sur la "tronche pas catholique"  de Laurent Fabius est Žvidemment antisŽmite, et ce de propos dŽlibŽrŽ. Que Frche souligne pour faire semblant de le nier qu'il est un "grand ami d'Israel", ce qui est vrai, ne troublera que ceux qui ne comprendraient pas qu'on puisse trs bien tre ˆ la fois un grand ami d'Israel et un antisŽmite. Dans le cas de Frche, c'est le mme systme qu'avec les harkis : je patronne et clientŽlise leurs soi-disant reprŽsentants, et en mme temps je fais sentir que je peux les maltraiter. L'ŽlŽment nouveau dans sa "petite phrase", en plus de l'antisŽmitisme, c'est son utilisation dans les batailles internes au PS, puisque, bien qu'officiellement exclu, Frche agit bien entendu ˆ l'intŽrieur du PS. Des piques sur les soi-disant origines de Fabius (et Strauss-Kahn) lors de la bataille pour l'investiture prŽsidentielle en 2007, on en avait dŽjˆ entendues (si l'on voulait bien tendre l'oreille) parmi certains "royalistes", d'autant que par ailleurs les rŽfŽrences et l'imagerie sulpicienne catholique affleurent chez S.Royal.

Un point est curieux : la "petite phrase" date tout de mme du 23 dŽcembre. Il a donc fallu un bon mois ˆ la direction du PS pour atterrir. Localement, il est notoire que la mairesse de Montpellier,
HŽlne Mandroux, qui doit son sige ˆ Georges Frche et comme lui dirigeante du courant Royal, en conflit avec lui sur le partage des pouvoirs locaux -la direction de la communautŽ d'agglomŽration- Žtait en train de prŽparer une apparition Žlectorale autonome en relation avec Europe Ecologie, tout en discutant aussi avec le Front de gauche Žlargi. En butte ˆ des attaques trŽs violentes de Frche et sa bande, elle avait rendu publique son intention de faire, d'une faon ou d'une autre, campagne contre lui. Il s'agit tout de mme de la premire magistrate de Montpellier. Autrement dit, le "systme" commenait ˆ craquer vraiment, tant mieux. C'est lorsque cela fut avŽrŽ, et pas avant, que la direction du PS dŽcouvrit l'allusion antisŽmite, de toute faon condamnable point n'est besoin de le prŽciser.

Jusque lˆ, il avait pu taper sur les harkis, les noirs, les protestants ... excusez du peu, il avait le soutien Žlectoral officiel de la direction du PS, "exclu" ou pas.

En Languedoc-Roussillon, pour le front uni de toute la gauche, pour dŽfaire Frche et Sarkozy, votez Front de gauche, votez Revol !

Gayssot et une partie du PCF ayant suivi le baron, c'est un peu comme si, en Languedoc-Roussillon, le calice avait ŽtŽ bu jusqu'ˆ la lie, pour faire nous aussi dans la mŽtaphore "catho". Mais la vie continue, le mouvement social et la jeunesse sont lˆ, et cette triste dŽcantation a sans doute favorisŽ en retour le regroupement, ici, d'un Front de gauche vŽritable, avec comme tte de liste le maire de Grabels, ville de la banlieue de Montpellier, RenŽ Revol.

RenŽ Revol, outre qu'il a ŽtŽ formŽ dans la vieille OCI (l'Organisation Communiste Internationaliste, o il fut particulirement proche de l'historien du mouvement ouvrier Pierre BrouŽ), a ŽtŽ un socialiste de l'HŽrault qui n'a jamais cŽdŽ sur les mŽthodes de Frche, a ŽtŽ exclu pour cela, a construit l'association RŽpublique sociale (dirigŽe nationalement par Jean-Luc MŽlenchon) avec une vraie base locale, anime aujourd'hui le Parti de gauche dans cette rŽgion et se trouve en tte d'une liste qui comporte aussi le NPA (1), et qui a un accord de second tour avec les Verts qui, ici, ne se sont pas dissous dans "Europe Ecologie" et ont des rŽfŽrences, une image et un passŽ fortement ˆ gauche. De sorte que l'unitŽ au second tour de cette liste de Front de gauche Žlargie, avec les Verts et avec la liste PS reconstituŽe, est envisageable. Comme est d'ailleurs envisageable que la liste de gauche face ˆ la droite et ˆ Frche arrivŽe en tte soit celle du Front de gauche devenant ici le front uni de toute la gauche et rien qu'elle, la gauche reconstituŽe comme force indŽpendante, qui dŽfaira la droite et Frche (2).

Cette victoire politique serait donc au passage une victoire sur Frche, une victoire de tout ce qui, ˆ gauche, ne veut pas tre liquidŽ dans le marais centriste ou prŽtenduement Žcologiste, une victoire, finalement, sur Sarkozy, devant contribuer ˆ bloquer la rŽforme territoriale et l'ensemble de sa politique, pour le dŽfaire et le chasser, et ouvrir une issue politique, celle d'un gouvernement de la majoritŽ, qui en finisse avec la V” RŽpublique des patrons et des barons !

VP, le 02/02/10.

(1) O.Besancenot a ostensiblement refusŽ de "cautionner" cette unitŽ en ne venant pas au meeting commun de Montpellier du 29 janvier.

(2) Voici ce qu'en dit J.L. MŽlenchon sur son blog :

"Nous y travaillons, sur cette carte du Languedoc Roussillon, depuis des semaines, des mois, et de bien des faons depuis des annŽes. Jusque lˆ nous avions bien avancŽ et rŽuni deux conditions essentielles au succs de notre stratŽgie. Voyez plut™t ! Union de toute lÕautre gauche, accord prŽalable avec les Verts pour le deuxime tour. La scission du parti socialiste autour dÕHŽlne Mandroux ajoute un ingrŽdient dŽcisif qui fait du secteur un cas dՎcole quasi chimiquement pur. En Languedoc-Roussillon la lutte pour arracher lÕhŽgŽmonie ˆ gauche ˆ lÕorganisation traditionnelle de la social dŽmocratie dŽcomposŽe est bien avancŽe ! En vain mÕobjecte-t-on que le cas serait spŽcial du fait des frasques de Georges Frche ! Erreur. DÕabord parce que Frche est bien moins atypique quÕil y parait dans le petit monde des potentats socialistes. Ce qui lui est reprochŽ est de la petite bire par rapport aux flots des horreurs quÕil dit ˆ haute voix et que les autres pensent tout bas. Mais ensuite il faut savoir utiliser un cas particulier au nom de principes gŽnŽraux ! Pour moi, une action politique qui se propose de faire bouger les lignes se nourrit exclusivement de cas spŽciaux. Nulle part et jamais, les Žvnements novateurs nÕavancent en ligne droite et sur mer calme. La nouveautŽ se nourrit des incidents et failles qui lui permettent de se propager dans le champ politique. Pour ce que jÕai ˆ faire avec mes amis, cÕest lÕoccasion qui fait le larron, vingt quatre heures sur vingt quatre, sept jours sur sept. Le tableau du Languedoc Roussillon, ˆ gauche, cristallise tout ce dont nous avons besoin pour atteindre notre but. Je le sais depuis le dŽbut. A la direction du Parti de gauche nous savons quÕil y a deux failles visibles dans le tableau politique que domine le Parti Socialiste : le Languedoc Roussillon et lÕAuvergne. Sous ces deux failles un abondant gisement dՎnergie bouillonne. Des Žruptions ont commencŽ aux deux endroits. En Languedoc, le forage est bien avancŽ. Les outils sont en place."

La retraite ˆ 60 ans, un prŽcieux acquis de civilisation.

Tribune parue dans L'HumanitŽ du 25 janvier.

 

Toute la gauche est attendue au tournant sur la question des retraites. Les grandes grves de 1995 et 2003 ont prouvŽ que les salariŽs sont attachŽs au systme solidaire de retraite par rŽpartition. Mis en place ˆ la LibŽration dans une France en ruine, hŽritage du programme du Conseil national de la RŽsistance, ce modle a permis aux retraitŽs de sortir de la misre.

Les coups portŽs par Balladur en 1993 et Fillon en 2003 furent autant de pas en avant vers un rŽgime concurrentiel avec des retraites placŽes au grand casino de la finance mondiale. Sarkozy, lÕassociŽ du Medef, souhaite repousser lՉge de dŽpart en retraite au-delˆ de soixante ans.

Toute la gauche politique, associative et syndicale devrait tre rassemblŽe pour dŽfendre lÕune des plus grandes conqutes sociales issues de la victoire de mai 1981. Des millions de salariŽs ŽpuisŽs par une vie de labeur ont pu ainsi bŽnŽficier de cinq annŽes supplŽmentaires pour voyager, se cultiver, profiter de leurs petits-enfants, bref jouir pleinement de la vie. Mitterrand avait raison quand il disait que la retraite ˆ soixante ans avait Ē ajoutŽ de la vie aux annŽes Č ! Cette mesure, mise en place il y a vingt-neuf ans, serait-elle devenue un luxe dans une France deux fois plus riche quՈ lՎpoque ? On nÕose y croire !

Ē Vont-ils bazarder la retraite ˆ soixante ans ? Č, comme le titrait lÕHumanitŽ du 20 janvier ? On espre que non. Mais il est sžr que nous serons des millions ˆ la dŽfendre ! Cet acquis de civilisation a permis dՎlever lÕespŽrance de vie et dÕassurer des pensions dŽcentes ˆ tous les travailleurs.

On voudrait nous faire croire que lÕurgence est de travailler plus longtemps mme si, dans la rŽalitŽ, lՉge de dŽpart moyen est de cinquante-huit ans. En France, deux salariŽs sur trois ne travaillent plus ˆ soixante ans et la durŽe moyenne de cotisation nÕa jamais dŽpassŽ trente-sept annuitŽs ! Et si un salariŽ sur trois est contraint de dŽpasser les soixante ans, cÕest pour Žviter un niveau de retraite trop bas. Les grandes entreprises jettent les salariŽs de plus de cinquante-cinq ans comme des Kleenex, alors que, par le travail de toute une vie, ils ont crŽŽ des richesses, de plus en plus accaparŽes par les profits.

Les jeunes nÕont pas ˆ payer demain les choix faits aujourdÕhui en leur nom. Maintenir des salariŽs qui sont en activitŽ depuis si longtemps et qui lŽgitimement aspirent ˆ la retraite, cÕest autant dÕemplois en moins pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Des salariŽs fatiguŽs dÕun c™tŽ, des jeunes ch™meurs de lÕautre : on marche sur la tte. Un emploi stable est une condition essentielle pour permettre ˆ chaque jeune de construire sa vie et de mener ˆ bien ses projets.

Il semble que ce soit une phrase mal b‰tie qui ait fait croire que le Parti socialiste allait accepter la remise en cause de ce droit fondamental ˆ la retraite ˆ soixante ans. Ce serait un mauvais coup pour toute la gauche. En 2008, le PS a affirmŽ unanimement Ē lutter pour la prŽservation de lÕaccs ˆ la retraite ˆ soixante ans, conqute sociale majeure Č. De mme, les Jeunes Socialistes ont choisi de dŽfendre Ē le systme de protection sociale, notamment le systme de retraite par rŽpartition avec un ‰ge de dŽpart ˆ soixante ans Č lors de leur dernier congrs. A ce jour, aucune dŽcision collective nÕest venue remettre en cause cette position.

Pour pŽrenniser ce systme, des solutions existent : augmenter les recettes des caisses de SŽcu en menant une lutte acharnŽe contre le ch™mage, rapprocher les durŽes rŽelles du travail de la durŽe lŽgale ˆ trente-cinq heures, augmenter les salaires, moduler les cotisations sociales salariales et patronales et rŽcupŽrer les 65 milliards dÕeuros cachŽs dans les niches fiscales. Le but doit tre de garantir des retraites ˆ 75 % de reversement, aucune nՎtant infŽrieure au smic. En un mot, il faut dÕabord redistribuer les richesses. Du capital vers le travail.

Jean-Franois Claudon, Julien GuŽrin, Simon Thouzeau

Un mot de la rŽdaction.

Cette intŽressante tribune est signŽe des responsables du courant trs joliment nommŽ l'OS, l'Offensive Socialiste, aile gauche du MJS (Mouvelent des Jeunes Socialistes). Nous en partageons l'essentiel. Deux points nous semblent mŽriter discussion :

1”) Beaucoup de gens, travailleurs, retraitŽs, disent que dans les faits la retraite ˆ 60 ans n'est d'ores et dŽjˆ plus vraiment un droit. Le passage des 10 aux 25 meilleures annŽes, mesure initiale avec le passage des 37,5 aux 40 annuitŽs, de la bataille capitaliste contre les retraites en France, en 1993, a fait beaucoup de ravages et la loi Fillon en 2003 en instaurant pour tout le monde l'Žchelle mobile, dans un sens toujours croissant, du nombre d'annuitŽs, tuent de fait la retraite ˆ 60 ans. DŽs lors mobiliser sur ce seul thme ou en centrant spŽcialement sur lui risque de rencontrer le scepticisme des travailleurs, et pourrait mme tre une manire de se dŽfausser ...

Car la question que pose cette rŽalitŽ n'est Žvidemment pas de baisser la garde, mais de dŽfendre les vrais revendications, toutes les revendications, comme formant un tout qui signifie l'annulation de toutes les attaques menŽes depuis 1993, ce qui est parfaitement possible au point de vue comptable, sans aucun problme sŽrieux (en tous cas bien moins que ceux que pose le sauvetage des banques en faillitte), mais pose bien sžr les problmes politiques fondamentaux de notre Žpoque. Ces revendications sotn :

-droit ˆ une retraite pleine et entire ˆ 60 ans,

-ou avec 37,5 annuitŽs de cotisations,

-avec 75% du meilleur salaire,

-avec validation des annŽes d'Žtude et de ch™mage et/ou prŽcaritŽ,

-avec prise en compte de la pŽnibilitŽ pour des dŽparts anticipŽs.

-reposant sur la base du principe de rŽpartition ou, pour les fonctionnaries, du Code des pensions.

On remarque la disparition progressive de la rŽfŽrence, notamment, aux 37,5 annuitŽs dans les publications de DŽmocratie et Socialisme, alors qu'on peut encore la trouver dans des tracts de la CGT de Haute-Loire ... pour combien de temps ? Camarades, renouons VRAIMENT avec les vrais revendications !

2”) Nous ne croyons pas, et ˆ vrai dire nous ne pensons pas que les auteurs puissent croire, que c'est une "phrase mal b‰tie" de Martine Aubry qui a donnŽ l'alarme sur la position du PS ˆ propos du droit ˆ la retraite ˆ 60 ans. Quelques jours plus tard la direction du PS adoptait une dŽclaration unanime rappelant la dŽfense du droit ˆ la retraite ˆ 60 ans. Fort bien. Cependant la lecture de l'ensemble du texte, que nous reproduisons ci-dessous, pose d'autres questions. Notamment celle du soutien du PS au "dialogue national" initiŽ par le rapport du COR ("conseil d'orientation des retraites") qui sert de base ˆ la mŽthodologie gouvernementale et qui prŽsente comme la principale hypothse de travail le systme de retraite apr points ... lequel, assurŽment, foutrait en l'air ce qui reste du droit ˆ la retraite ˆ 60 ans.

Document : le texte adoptŽ le 26 janvier par la direction du PS sur les retraites.

RŽuni ˆ Paris le mardi 26 janvier, le Bureau national du PS a adoptŽ ˆ l'unanimitŽ sa position sur la rŽforme des retraites. Dans le dŽbat qui s'engage dans notre pays, le PS est rassemblŽ pour dŽfendre un systme juste et solidaire, basŽ sur la retraite par rŽpartition.

La retraite par rŽpartition, c'est-ˆ-dire la solidaritŽ entre les gŽnŽrations, est au cĻur du modle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre systme de retraites. Nous devons le dŽfendre et le sauvegarder. Or, les rŽformes du systme de retraite de 1993 et 2003 nÕont rŽglŽ ni le problme du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dŽgrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrires longues, la pŽnibilitŽ et les diffŽrences dÕespŽrance de vie.

Au total, notre systme de retraite nÕest aujourdÕhui pas financŽ durablement et nÕassure pas un niveau de vie dŽcent au plus grand nombre des retraitŽs. Cette situation est aggravŽe par le trs faible taux dÕemploi des plus de 50 ans, une personne sur deux Žtant au ch™mage ou en prŽretraite au moment de faire valoir ses droits ˆ la retraite.

CÕest pourquoi la rŽforme du systme de retraite qui sera discutŽe ˆ partir de cette annŽe est dŽcisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le dŽbat sur lÕavenir des retraites.

Le Parti socialiste rappelle que les organisations syndicales doivent, tre au premier rang, les interlocuteurs privilŽgiŽs du gouvernement en ce qui concerne les retraites. Cela Žtant posŽ, le Parti socialiste est prt ˆ dŽbattre sur cette question majeure pour notre pays. Nous pensons que si la question des retraites doit tre traitŽe, elle ne doit pas faire oublier les actions prioritaires nŽcessaires sur les salaires, lÕemploi et les rŽponses ˆ apporter pour sortir de la crise.

Pour que le dŽbat ait lieu dans de bonnes conditions, trois temps devraient tre respectŽs.

Le premier est celui, ˆ partir des travaux du COR, dÕun diagnostic, qui doit tre autant partagŽ que possible notamment avec les organisations syndicales, sur la situation des retraites en France.

Sur la base de ce diagnostic, devra sÕengager un dialogue national au cours duquel chacun, partenaires sociaux, formations politiques, doit pouvoir exprimer ses propositions qui devront tre discutŽes et nŽgociŽes, en particulier avec les organisations syndicales.

Enfin, un vrai dŽbat devra avoir lieu au Parlement, qui ne saurait tre ni prŽcipitŽ, ni tronquŽ, ni menŽ dans lÕobjectif de passer en force pendant lՎtŽ comme ce fut le cas en 1993 et 2003.

LÕavenir du systme de retraites et les rŽformes nŽcessaires dŽpendront fortement de lՎvolution de la dŽmographie, de la croissance, de lÕemploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste rappelle dÕores et dŽjˆ les grandes orientations quÕil dŽfendra et ses prioritŽs pour la pŽriode 2012-2020 :

- la sauvegarde du systme par rŽpartition, fondŽ sur la solidaritŽ entre les gŽnŽrations, qui nŽcessite de rŽpondre ˆ des besoins de financement de 25 milliards dÕeuros ˆ horizon 2020 (compte tenu de lÕaugmentation du nombre de retraitŽs, de lÕallongement de la durŽe de la vie et de la diminution du nombre de cotisants) ;

- un niveau de pension permettant aux retraitŽs de vivre correctement, alors que celles-ci ont baissŽ de 20% depuis la rŽforme Balladur et devrait baisser de 25% ˆ nouveau dans les annŽes ˆ venir ; 1 million de retraitŽs vivent sous le seuil de pauvretŽ et 50% ont une retraite infŽrieure ˆ 1000 euros ;

- lÕintroduction de nouvelles ressources dans le systme, alors que la droite nÕa jamais pris dÕinitiative sur ce plan. Il sÕagit notamment de : lՎlargissement de lÕassiette des cotisations ˆ la valeur ajoutŽe, le prŽlvement de cotisations sur les stocks-options et autres rŽmunŽrations non assujetties (5 milliards dÕeuros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et lÕalimentation du fonds de rŽserve des retraites.

- le maintien de lÕage lŽgal du dŽpart ˆ la retraite ˆ 60 ans, cÕest ˆ dire la possibilitŽ de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. CÕest le seul droit encore attachŽ ˆ lՉge lŽgal de dŽpart ˆ la retraite et nous le dŽfendrons.

- nous voulons faire en sorte que les salariŽs qui ont occupŽ des emplois pŽnibles puissent bŽnŽficier dÕune retraite anticipŽe, par exemple en majorant dÕun coefficient les trimestres travaillŽes dans ces conditions. Le traitement des emplois pŽnibles Žtait un engagement de lÕEtat dans lÕaccord signŽ avec certaines organisations syndicales, il doit tre un prŽalable des nouvelles discussions.

- Nous savons aussi que lÕaccroissement de lÕespŽrance de vie, associŽe ˆ une arrivŽe plus tardive sur le marchŽ du travail, entra”ne un dŽpart rŽel ˆ la retraite ˆ 61, 62 ansÉLՉge moyen de dŽpart ˆ la retraite est aujourdÕhui en moyenne de 61,6 ans, mais nous voulons que les salariŽs puissent faire valoir leurs droits ˆ la retraite ds lors quÕils ont cotisŽ le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir ˆ 58 ou 59 ans par exemple des salariŽs qui ont commencŽ ˆ travailler t™t.

- des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans lÕemploi des plus de 50 ans : le taux dÕemploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au ch™mage ou en prŽretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela pse sur les recettes des caisses de retraite, en raison des cotisations non perues, autant que sur les droits des salariŽs concernŽs.

Le Parti Socialiste souhaite travailler la question des retraites dans une approche plus large : lÕorganisation des temps tout au long de la vie. Comment donner ˆ chacun la possibilitŽ de mieux organiser les temps de la vie dans le cadre de garanties collectives ? Comment faire de lÕallongement de lÕespŽrance de vie un progrs et non pas une contrainte pour la sociŽtŽ ? Comment donner aux seniors une place active dans la sociŽtŽ ? Comment prendre en charge la dŽpendance ? Autant de questions sur lesquelles nous voulons travailler tout au long de cette annŽe, et dont nous souhaitons dŽbattre Žgalement avec les organisations syndicales.

Le Parti Socialiste rencontrera les organisations syndicales dans les semaines qui viennent pour entendre leur analyse et leurs propositions.

A partir du diagnostic partagŽ dont il demande quÕil soit Žtablit, de ses prioritŽs, et du dialogue quÕil aura lui mme engagŽ avec les organisations syndicales, le Parti socialiste fera conna”tre ses propositions. Il Žvaluera les propositions du Gouvernement Žgalement ˆ lÕaune de la mŽthode quÕil aura mis en oeuvre pour prŽparer la rŽforme et du rŽsultat de ses nŽgociations avec les organisations syndicales.

Fort de ces orientations et de ces objectifs, le Parti socialiste prŽsentera ses propres propositions, aprs les avoir fait valider par les militants selon les modalitŽs prŽvues par ses rgles internes.

* * * * *

La pŽtition ci-dessous, initiŽe par les DDEN (DŽlŽguŽs DŽpartementaux de l'Education Nationale) est soutenue par les parents d'Žlves FCPE, l'UNSA, la CGT Education, et diverses associations dont l'Association des Libres Penseurs de France (ADLPF).

L'objectif dŽclarŽ est de produire, 50 ans aprs le "serment de Vincennes" et la pŽtition la•que contre le financement des Žcoles privŽes par l'argent public, un grand mouvement pour l'Žcole publique, contre le dŽtournement de nos imp™ts vers le privŽ.

La direction de la Ligue de l'Enseignement, qui par la voie de son secrŽtaire gŽnŽral Tournemire a dŽclarŽ en octobre qu'il fallait que l'Žcole publique et l'Žcole privŽe confessionnelle catholique se mettent ensemble autour de la table pour assurer ensemble leurs missions de service public ( ! ), n'est pas signataire alors que la place des associations la•ques et amies de l'Žcole publique au nom desquelles elle prŽtend parler, est lˆ et pas ailleurs.

Le SGEN-CFDT soutient la position de la direction de la Ligue de l'enseignement. La direction de la FSU n'a pas voulu signer au motif ... qu'il n'y avait pas assez de signataires ! Enfin la Libre PensŽe et les syndicats enseignants de FO ne sont pas signataires ... il est vrai que la Libre PensŽe et sa direction liŽe au POI (Parti Ouvrier IndŽpendant) cherchaient ces dernires annŽes le rapprochement avec ... la Ligue de l'enseignement.

Il y a donc une crise dans les organisations se prŽsentant comme historiquement la•ques. Au fond, cette crise est provoquŽe par les attaques de Sarkozy dŽnoncŽes par la pŽtition : faut-il s'y adapter ou les combattre ?

Combattons-les !

Position de MILITANT :

MILITANT soutient et appelle ˆ signer cette pŽtition. En pŽriode d'Žlections rŽgionales, elle doit contribuer ˆ mettre la pression pour dŽfaire la politique de Sarkozy et interpeller les candidats de gauche sur ce qu'ils feront une fois Žlus.

http://www.appelpourlecolepublique.fr/

Redonnons la PrioritŽ ˆ lՃcole la•que !

Le service public et la•que dՎducation doit garantir ˆ chaque Žlve une scolarisation de qualitŽ sur tous les territoires. Il doit permettre ˆ chacune et chacun, quelle que soit son origine culturelle ou gŽographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap, de bŽnŽficier dÕune Žducation et de sÕapproprier Ē le vivre ensemble Č dans un espace o la libertŽ de conscience est strictement respectŽe.

AujourdÕhui, le service public et la•que dՎducation nÕest plus une prioritŽ de lՎtat.

Les nombreuses dŽcisions ministŽrielles le montrent :

les dizaines de milliers de suppressions dÕemplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et lÕasphyxient en zone urbaine,

les aides publiques concŽdŽes aux Žtablissements privŽs (ˆ 95% catholiques) qui nÕont jamais ŽtŽ aussi ŽlevŽes. Il sÕagit de prs de 7 milliards dÕEuros octroyŽs chaque annŽe par lՃtat, auxquels viennent sÕajouter les participations obligatoires versŽes par les collectivitŽs locales,

la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de Ē marchŽ Č scolaire,

la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents dՎlves en consommateurs dՎcole,

le dŽveloppement du privŽ par le plan banlieue, lˆ ou les besoins du service public sont les plus criants, lˆ ou la sŽgrŽgation sociale est la plus forte,

les accords Ē Kouchner Vatican Č (qui remettent en cause les rgles de collation des grades universitaires au bŽnŽfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par lՎtat de lÕenseignement supŽrieur privŽ.

Nous, signataires de cette pŽtition, refusons lÕaffaiblissement organisŽ par lՃtat, de notre service public et la•que dՎducation.
LՎducation nÕest pas une marchandise. La libertŽ de conscience doit tre respectŽe partout et pour toutes et tous. LÕargent de tous doit cesser de financer les choix de quelques-uns.

Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de lՃcole publique, la•que et gratuite.

Nous rŽaffirmons quÕil nÕy a quÕune ƒcole de la RŽpublique.

Nous demandons que lÕeffort Žducatif de la Nation soit rŽservŽ au dŽveloppement de lՃcole de la Nation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intervention de Jean Franois Chalot ˆ Malaunay le 23 janvier 2010 au colloque organisŽ par le CREAL (ComitŽ de RŽflexion et d'Action La”que de Seine-Maritime) :

LA LOI CARLE

-    Une victoire inespŽrŽe des clŽricaux

-           une dŽfaite sans combat des organisations la•ques !

La loi Carle votŽe par la droite parlementaire

-           permet aux Žcoles privŽes de doubler leurs rentrŽes financires publiques;

-           contraint ou autorise les MunicipalitŽs ˆ financer les Žcoles privŽes d'autres communes si leurs rŽsidents ont choisi d'y scolariser leurs enfants.

COMMENT A T-ON PU EN ARRIVER LA ?

Si l'Žpiscopat a bŽnŽficiŽ en la circonstance de l'aide involontaire de Michel Charasse, bon bouffeur de curŽs mais pitre lŽgislateur, l'article 89 et la Loi Carle, pain bŽni pour les clŽricaux constituent le rŽsultat des rŽflexions et actions de lÕenseignement catholique et de la droite dans l'opposition puis aux affaires.

Il suffit pour s'en convaincre de relire l'excellent ouvrage : Ē Main basse sur l'Žcole publique Č co-Žcrit par Eddy Khaldi et Muriel Fitousi.

En 1992, des hauts fonctionnaires du service public fondent une association : CrŽateurs d'Žcoles...

Il s'agit pour eux de dŽmanteler l'Žcole publique, de mettre en place une concurrence entre Žtablissements, de casser les statuts, de supprimer la carte scolaire et d'instaurer un chque ƒducation dont disposerait chaque famille pour financer l'Žcole de son choix.

15 ans plus tard: l'un, Maurice QuŽnet est recteur de Paris, un autre, Dominique Antoine, conseiller Education du prŽsident et un troisime, Xavier Darcos a prŽsidŽ aux destinŽes de l'Žducation encore nationale avant de devenir en 2009 Ministre du Travail, de la Famille, des Relations sociales, de la SolidaritŽ et de la Ville).

Le chque Žducation n'est plus seulement un rve dans la tte d'horlogers  ( initiateurs du club de l'horloge Č ou de Ē crŽateurs d'Žcole Č mais une menace sŽrieuse qui pse sur l'avenir de l'Žcole publique la•que.

La loi Carle constitue une intronisation de ce chque Žducation, avant son instauration dŽfinitive, ˆ moins que le dŽferlement massif des la•ques dans les rues de Paris ne fasse Žchec ˆ cette politique.

EXAMINONS L'AMENDEMENT CHARASSE

Il fut dŽposŽ en 2004 avant l'ouverture du dŽbat en seconde lecture de la loi sur les Ē responsabilitŽs locales Č

Ce que voulait Charasse?

Les municipalitŽs n'ayant pas d'Žcole publique sur leur territoire administratif  doivent obligatoirement financer l'Žcole publique frŽquentŽe par les enfants ressortissants du fait de lÕobligation constitutionnelle dÕorganiser lՎcole la•que en tous lieux du territoire.

Ainsi les MunicipalitŽs qui ne voulaient pas payer Žtaient tentŽes d'encourager les parents ˆ placer leurs enfants dans le privŽ.

La proposition Charasse est dŽtournŽe subrepticement et sÕapplique ˆ toutes les communes - et pas seulement ˆ celles n'ayant pas d'Žcole publique.

Cette disposition lŽgislative institutionnalise pour la premire fois une obligation de financement au nom de la Ē libertŽ dÕenseignement Č et intronise le Ē chque Žducation Č

Michel Charasse, inconsŽquent,qui semble ne pas avoir compris, avoue sans honte :

Ē Maintenant avec mon amendement, il faudra payer dans tous les cas Č

Les La•ques sont ŽtonnŽs et effarŽs

Le CNAL proteste et le secrŽtaire ˆ l'Education, Yves Durand, n y va pas par quatre chemins :

Ē C'est un Žnorme cadeau au privŽ, Charasse comme souvent, a jouŽ en solo Č

Ē Tout le monde est trs embarrassŽ Č estime l'Association des directeurs de l'Žducation des villes de France Č

Ē RŽunis en AssemblŽe gŽnŽrale le 15 octobre 2006 ˆ GrŽoux-les-Bains (04), les maires ruraux de France se sont opposŽs ˆ l'application de l'article 89 modifiŽ de la loi du 13 aožt 2004 relative aux libertŽs et responsabilitŽs locales concernant la participation obligatoire des communes aux frais de scolarisation des enfants dans une Žcole privŽe situŽe hors de leur commune de rŽsidence.
Ils rejettent un dispositif sur lequel ils n'ont aucune prise et qui peut dŽstabiliser le budget de leur commune en leur imposant de nouvelles dŽpenses obligatoires qui chaque annŽe seront ˆ la fois importantes, imprŽvisibles et fluctuantes.
Ils rappellent par ailleurs que si la scolarisation d'un enfant dans une Žcole privŽe est l'expression de la libertŽ de choix de l'enseignement, il s'agit bien d'un choix personnel des familles. Celui-ci ne saurait avoir pour consŽquence de menacer les finances des communes rurales et de mettre ˆ mal les efforts importants qu'elles ont consentis en faveur du maintien et de la qualitŽ de leurs Žcoles publiques.

L'Žcole des communes est en effet d'abord celle de la RŽpublique, gratuite et la•que, et elle reste la seule devant tre prise en charge de manire obligatoire.
L'Association des Maires Ruraux de France demande en consŽquence l'abrogation de l'article 89 modifiŽ de la loi du 13 aožt 2004 relative aux libertŽs et responsabilitŽs locales et, d'ici lˆ,
appelle les maires ruraux ˆ ne pas rŽgler les factures qui leur seront adressŽes, sauf accords locaux prŽalables. Č

QUAND UNE PARTIE DE LA GAUCHE NEGOCIE DANS LE DOS DES ORGANISATIONS LAIQUES !

Les sŽnateurs socialistes, gnŽs par l'initiative de leur collgue du Puy de D™me, l'incontr™lable Michel Charasse vont nŽgocier avec la Droite non pour supprimer totalement cette obligation de financer l'Žcole privŽe Ē extra muros Č mais pour encadrer la nouvelle mesure !? On croirait rver!

FINANCER AU NOM DE LA LIBERTE DÕENSEIGNEMENT !!!!

Comment faire avaler cette pilule amre que beaucoup d'Žlus attachŽs ˆ l'Žcole publique, au rapport institutionnel fort entre lՃcole et la commune et ˆ leur libertŽ d'administration communale ne veulent pas? Le PS trouvera le remde, il votera la proposition de loi Carle le 10 dŽcembre 2008... malgrŽ d'ailleurs les explications et appels d'un ComitŽ comme celui de la DŽfense et de la Promotion de l'Žcole publique de proximitŽ.

Le 10 dŽcembre 2009 le groupe socialiste votera la loi CARLE, semant la consternation dans le camp la•que, avec comme argument suprme et soi-disant imparable :

LA LOI CARLE DONNE DES GARANTIES

C'EST UN RETRAIT PAR RAPPORT A L'ARTICLE 89

LA PROPOSITION DE LOI CARLE EN QUESTION

UN COMPROMIS EN TROMPE OEIL!

Pour la premire fois une loi de la Ē RŽpublique Č garantit la paritŽ de financement entre les Žcoles publiques et privŽes en sÕappuyant sur le principe de libertŽ dÕenseignement

Lorsque le financement n'est pas rendu obligatoire, il pourra tre assurŽ ˆ titre facultatif

C'est une violation manifeste du principe constitutionnel de la•citŽ et ˆ l'article 2 de la loi du 9 dŽcembre 1905 :

Ē La RŽpublique ne reconna”t, ne salarie ni ne subventionne aucun culte Č

Cette loi est contraire ˆ lՎgalitŽ entre citoyens:

-pas de financement sans accord prŽalable pour aller dans une Žcole publique hors commune;

- pour le privŽ, au nom de sa libertŽ de lÕenseignement, aucune autorisation de la commune pour un financement obligatoire

Cette loi est contraire aux principes de libre administration communale et ˆ l'article 40 de la Constitution qui prŽcise clairement :

Ē Les propositions et amendements formulŽs par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour consŽquence soit une diminution des ressources publiques, soit la crŽation ou lÕaggravation dÕune charge publique. Č

Pour les sŽnateurs Ē socialistes Č, cette loi est un moindre mal parce que de toutes faons la dŽpense publique n'est obligatoire que dans quatre cas :

-           les parents peuvent prouver que la capacitŽ d'accueil est insuffisante

-           l'obligation professionnelle des parents;

-           l'inscription prŽalable d'un frre ou d'une soeur ˆ l'Žcole

-           des raisons mŽdicales.

IL SUFFIRA AUX PARENTS DE JONGLER AVEC LES ADRESSES, AUX ECOLES PRIVEES DE S'APPUYER SUR DES INSCRIPTIONS DEJA  EXISTANTES OU DE TROUVER UN MEDECIN COMPLAISANT!

Par mŽconnaissance du texte, certains oublient qu'en cas de litige, le PrŽfet peut statuer, c'est ˆ dire passer outre dans un dŽlai de trois mois...

C'est inscrit noir sur blanc dans l'article L.442-5-2

5400 Žcoles privŽes sont concernŽes, elles recevront une manne de plus de 500 millions d'euros

Des centaines d'Žcoles publiques sont menacŽes, des municipalitŽs risquent de prŽfŽrer financer l'Žcole privŽe d'ˆ c™tŽ et d'autres seront ŽtranglŽes financirement

C'EST UN COUP DUR, TRES DUR CONTRE L'ECOLE PUBLIQUE

LES LAIQUES SE MOBILISENT.

ILS VONT REUSSIR L'IMPOSSIBLE :

UN VOTE DES DEPUTES SOCIALISTES CONTRAIRE A CELUI DE LEURS CAMARADES SENATEURS !

Le collectif de dŽfense et de promotion de l'Žcole publique de proximitŽ va mener une campagne politique trs dynamique et de proximitŽ, multipliant les lettres aux dŽputŽs, les communiquŽs de presse, les adresses aux autres associations la•ques ...

De nombreux dŽputŽs vont tre approchŽs et devoir rŽpondre aux arguments dŽveloppŽs.

IL FALLAIT QUE TOUS LES DEPUTES DE GAUCHE VOTENT CONTRE LA LOI ET S'ENGAGENT A DEPOSER EN CAS D'ADOPTION DE LOI UN RECOURS DEVANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le CNAL va se mobiliser  :

Ē En vue de lÕexamen dŽfinitif et tout proche de la loi Carle ˆ lÕAssemblŽe, les la•ques fŽdŽrŽs au sein du CNAL (ComitŽ national dÕaction la•que) implorent les dŽputŽs dÕadopter le seul article 3 de la loi Carle, qui abroge lÕarticle 89. Et les invite Ē ˆ saisir le Conseil Constitutionnel Č le cas ŽchŽant : Ē Ce qui Ē dŽclenche Č le financement du forfait nÕest plus le contrat qui lie la commune avec son Žcole privŽe mais le choix dÕune famille qui dŽcide de scolariser son enfant dans un Žtablissement privŽ dÕune autre commune. CÕest une Žtape vers un libre marchŽ scolaire ČÉ

Les dŽputŽs de gauche vont voter contre cette proposition de loi du 28 septembre 2009 et un recours au conseil constitutionnel sera dŽposŽ sans cet argument essentiel : Cette loi est contraire ˆ lՎgalitŽ entre citoyens !!!

la loi sera malheureusement validŽe par un Conseil Constitutionnel oubliant les principes qui devraient l'animer.

Trs peu de dŽputŽs de droite vont voter contre, l'intervention de l'un d'entre eux mŽrite d'tre rapportŽe :

La question qui f‰che, cÕest le dŽputŽ UMP des Yvelines, Pierre Cardo, qui la met sur la table : Ē Si lÕon autorise une famille ˆ inscrire un enfant dans lՎcole privŽe dÕune autre commune parce que la commune de rŽsidence ne propose pas la restauration ou la garde, pourquoi nÕest-il prŽcisŽ nulle part que lՎcole privŽe doit elle-mme proposer ces prestations ? ČÉ Cardo va plus loin, Žvoquant son expŽrience de Ē maire de banlieue Č : Ē Dans une ville qui conna”t de nombreuses difficultŽs, les parents ne songent quՈ une chose : inscrire leurs enfants ailleurs. Il en rŽsulte une concentration des difficultŽs dans certains Žtablissements et un effet de ghetto•sation qui sont catastrophiques Č

La rŽsistance s'organise.

Fin novembre 2009 le collectif de dŽfense et de promotion de l'Žcole de proximitŽ adressait un courrier destinŽ ˆ tous les maires de France et se terminant par les propos suivants :

Ē Des municipalitŽs comme Cahors ou le Conseil GŽnŽral de Loire Atlantique ont dŽcidŽ de ne verser aux Žcoles ou collges privŽs implantŽs sur leur territoire que les dŽpenses obligatoires. Ceci se traduit par la fin du financement :

-           des classes maternelles privŽes implantŽes dans des Žcoles prŽŽlŽmentaires ou ŽlŽmentaires privŽes;

-    des classes des Žcoles privŽes sous contrat simple;

-           de toutes les dŽpenses dÕinvestissements de collges et lycŽes privŽs;

-           des structures fŽdŽratives du rŽseau catholique qui nÕa aucune lŽgitimitŽ pour reprŽsenter des Žtablissements privŽs qui sont au regard de la loi les seules entitŽs juridiques reconnues ;

-           de toutes dŽpenses non obligatoires pour les Žcoles sous contrat dÕassociation.

NOUS DEMANDONS AUX COMMUNES DE NE PAS VERSER DE CONTRIBUTION AU TITRE DE LA LOI CARLE

Les Maires de France, attachŽs ˆ l'ƒcole publique la•que ne peuvent pas accepter cette loi scŽlŽrate.

Nous sommes certains que vous rŽpondrez ˆ cet appel ˆ la rŽsistance citoyenne. Č

On pourrait lŽgitimement s'Žtonner que des municipalitŽs la•ques et rŽpublicaines puissent verser des subventions facultatives aux Žtablissements privŽs mais ne g‰chons pas notre plaisir, un sursaut mme tardif est salutaire.

SOUTENONS LES COMMUNES QUI ENTRENT DANS CETTE RESISTANCE ET CELLES QUI VONT ALLER PLUS LOIN C'EST-A-DIRE JUSQU'AU REFUS DE LA LOI CARLE C'EST-A-DIRE DE SON APPLICATION

EVIDEMMENT SI CERTAINES MUNICIPALITES N'ONT PAS BOUGE ELLES VONT ETRE SENSIBLES A NOTRE APPEL AUJOURD'HUI, AU MOMENT OU LES COMMUNES ETABLISSENT LEURS BUDGETS ET RECOIVENT LES PREMIERES NOTES A PAYER ISSUES DU PRIVE

Et appelons toutes les collectivitŽs ˆ ne plus financer les dŽpenses facultatives.

* * *

 

 

Howard Zinn est mort.

C'Žtait un grand militant ouvrier, un grand historien, et un grand amŽricain. Un vrai amŽricain, combattant de la libertŽ, et donc adversaire du capitalisme et partisan du socialisme, de par sa propre histoire et sa propre culture profondŽment yankees et profondŽment ouvertes au monde et aux opprimŽs de toutes les couleurs.

Il Žtait connu en France pour tre l'auteur d'une remarquable Histoire populaire des Etats-Unis, l'histoire de celles et de ceux d'en bas.

Merci ˆ de tels combattants qui laissent derrire eux les moyens de rŽflŽchir et de construire.

 

Devenez correspondant(e) / diffuseur de Militant dans votre

ville ou votre secteur professionnel :

Adressez un chque de 20 Ū ˆ lÕordre dÕAPE ˆ : Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009

Paris.

ComitŽ de rŽdaction Žlu ˆ l'AG du 6 juin 2009 :

Eric AUGNET (Syndicaliste CFDT -14), Fathia Ē Nadia Č BENAMAR (militante pour le droit

au logement Paris 18me), Sylvie BONNIN (syndicaliste FO - 03), Raymond DEBOR (militant

du PS - Paris 3e), Olivier DELBEKE (syndicaliste CGT - 94), Franois FERRETTE (militant

communiste et syndicaliste SNASUB-FSU - Alenon ), Franck MARSAL (militant PCF - 59),

Houaria MOUALEK (militante pour le droit au logement - Paris 18me), Vincent PRESUMEY

(militant PS et syndicaliste FSU - 03), Farida SAIDOUNI (militante pour le droit au logement -

Paris 18me), Yves THEIS (conseiller municipal PCF, syndicaliste CGT - Cosnes dÕAllier),

Kamel ZORGUI (ouvrier sans-papiers - 95).

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