Lettre de Liaison
N” 88 du 2 fvrier 2010.
Le courage, c'est de chercher la vrit et de la dire. Jean Jaurs.
Edito : tout est ouvert !
Crise de rgime, crise de la gauche, dbouch possible.
En Languedoc-Roussillon, pour le front uni de toute la gauche, pour dfaire Frche et Sarkozy, votez Front de gauche, votez Revol !
La retraite 60 ans, un prcieux acquis de civilisation. Tribune parue dans L'Humanit du 25 janvier, par J.F. Claudon, J.Gurin, S.Thouzeau.
Remarques de la rdaction.
Document : le texte de la direction du PS sur les retraites.
Ptition : redonnons la priorit l'cole laque !
Intervention de Jean Franois Chalot Malaunay le 23 janvier 2010 au colloque organis par le CREAL (Comit de Rflexion et d'Action Laque de Seine-Maritime).
Howard Zinn est mort.
Edito : tout est ouvert !
"Ce qu'on veut, c'est l'ensemble des raffineries en grve, une pnurie sur tout le territoire. On a besoin d'un soutien de cette ampleur. Aujourd'hui, le dbat ne se limite pas la raffinerie des Flandres.", dclare Benjamin Tange, dlgu CGT chez Total, la veille des assembles gnrale dans tous les sites de Total, qui se tiennent ce mardi 2 fvrier.
Face la poursuite des suppressions d'emplois, ce syndicaliste en appelle toute la classe ouvrire et rclame le soutien des directions syndicales nationales, qui n'envisagent pas une telle action.
"Les collgues sont exasprs mais rsigns, ils entrent en rageant dans le jeu qui consiste se battre disciplines contre disciplines pour viter d'tre ceux qui auront des postes supprims, en sachant qu'un final a ne sert rien."
Ainsi s'expriment des responsables syndicaux des lyces, notamment du SNES-FSU. Cet tat-d'esprit est bien rel, il rsulte de l'avortement des grandes grves interprofessionnelles de 2009 et des journes d'action multiples et divisions syndicales combinee l'approbation -de la "mastrisation" par la direction du SNES, de la rforme du lyce elle-mme par celles de l'UNSA, du SGEN-CFDT et des parents d'lves FCPE.
C'est pour toute ces raisons que la manifestation appele par la FSU, soutenue par le SNALC et la CGT, ce samedi 30 janvier, n'a runi "que" 15 000 personnes, ce qui n'est pas rien pour autant -mais si les mcontents taient l il y aurait des centaines de milliers et sans doute pas un samedi ni un dimanche.
Dans cette manifestation, une lueur : les quelques 200 300 jeunes ayant des vrais mots-d'ordre, commencer par "Retrait, retrait, retrait de la rforme du lyce", regroups dans un joyeux dsordre autour du tout rcent SGL, Syndicat Gnral des Lycens, form par la majorit des anciens adhrents de l'UNL (Union Nationale Lycenne, tenue d'une "main de fer" par la tendance Hamon du PS), qui ont voulu tre un syndicat in-d-pen-dant ! (1)
Ceci peut annoncer le printemps, car le mcontentement pour l'heure faussement rsign des profs est susceptible si une perspective apparat, de se retourner en son contraire. Voila pourquoi les organisations syndicales et notamment la FSU en congrs Lille ont la responsabilit de dire que la rforme du lyce comme toute la politique "ducative" du gouvernement sont minoritaires, et d'appeler la grve unie avec manifestation centrale contre cette rforme, contre les suppressions de postes, la Rvision Gnrale des Politiques Publiques et la rforme territoriale, avant les lections rgionales.
Il est aussi des salaris en lutte trs dure depuis des mois en proie une immense inquitude car ils sont certes trs montrs et mis en valeur mais en mme temps toujours tout seuls : les sans-papiers CGT. On va o ? Telle est la question qu'ils se posent et qu'ils posent. Soyons clairs, leur grve, qui doit tre soutenue, actuellement ne leur appartient pas : ils sont dirigs par des responsables qui cherchent toutes sortes d'actions et de petits rsultats l'exclusion de toute offensive rapide, rassembleuse et concentre contre le ministre du Travail et celui de l'Immigration ("et de l'identit nationale") pour infliger une vraie dfaite ce gouvernement avec comme vraie revendication la rgularisation de toutes et de tous !
Il est probable qu' la diffrence des lections europennes, les lections rgionales au fur et mesure qu'elles vont se rapprocher, bien que n'offrant pas d'issue politique en elles-mmes et surtout du fait de la politique des partis qui s'y prsentent, vont apparatre comme un terreau propice aux mobilisations.
Rien n'est perdu. Tout est ouvert.
A bas la rforme territoriale !
A bas tous les plans collectifs de
licenciements !
Unit pour dfaire et chasser Sarkozy !
Crise de rgime, crise de la gauche,
dbouch possible.
Deux affaires ...
Deux vnements, dans les sommets de l'Etat ou des appareils politiques, ont marqu ces derniers jours : la victoire judiciaire de De Villepin contre Sarkozy et ce qu'il est convenu d'appeler l' "affaire Frche".
La concomitance de ces deux vnements souligne le fond de la situation : Sarkozy s'affaiblit, lui et son gouvernement sont minoritaires dans le pays, mais l'opposition officielle pdale dans la choucroute ce qui lui permet de continuer, et les victimes sont la majorit, les travailleurs, la jeunesse, les services publics, les besoins sociaux et les droits dmocratiques les plus lmentaires.
A commencer, notons-le, par ce "droit la scurit" dont on nous rabat les oreilles pour justifier le renforcement de la police, alors que la scurit des citoyens est mise en cause, prcisment, par la mme police et l'augmentation exponentielle des gardes vue, c'est--dire des kidnapings temporaires avec squestration et atteinte la dignit humaine.
Revenons nos deux "affaires". Quel en est le fond ?
La justice ne veut pas qu'une solution de rechange Sarkozy soit pendue un croc de boucher !
Le fond de l'affaire Cleastream est qu'elle a en son temps permis Sarkozy d'liminer son principal rival droite, tant entendu que De Villepin a t dgomm par la lutte des classes lors du mouvement contre le CPE (Contrat Premire embauche, une ide commune au dpart Sarkozy et De Villepin ; permettre aux patrons de virer tout moment et sans motif les jeunes embauchs pendant 2 ans ! ) et que c'est -dj- le choix des appareils syndicaux de ngocier avec Sarkozy au lieu de pousser l'offensive pour en dcoudre avec les mesures anti-sociales qui a permis celui-ci de prendre le relais.
De faux documents prsentaient Sarkozy comme titulaire de comptes bancaires douteux. Celui-ci a orchestr la mise en accusation de De Villepin comme leur inspirateur, pendant que De Villepin est peu peu parvenu laisser entendre que Sarkozy inform depuis le dbut a laiss la chose se dvelopper pour pouvoir le piger. Grosso modo, on peut supposer en ngligeant les dtails que le mal que chacun dit ou laisse dire sur l'autre est fond. Nous sommes l dans un univers maffieu, de copains et de coquins, typique et essentiel : les arcanes de la V” Rpublique.
Pour Sarkozy liquider judiciairement De Villepin devait tre l'pilogue de son lection la prsidence de cette "Rpublique" l. Il s'agisait d'asseoir sa domination sans partage sur l'UMP et l'appareil d'Etat par une mise mort symbolique (qui serait une mise mort relle dans un autre contexte historique, peu s'en faut), bien rsume par sa formule notoire, jamais dmentie : "le pendre un croc de boucher."
Dans ces conditions le fait que le Tribunal ait acquitt De Villepin des charges initialement retenues contre lui ne relve pas de la "justice" (ce qui en relve, c'est un seul acquitement, celui du journaliste indpendant Denis Robert) mais du camouflet politique et symbolique majeur adress au prsident en tant que tel, qui plus est le jour de son anniversaire -ne croyons pas la concidence, un monarque est toujours trait commet tel dans sa toute-puissance comme dans les signes annonciateurs de sa dchance.
Le message est entirement politique : parce qu'il est douteux que Sarkozy parvienne "rformer le pays" dans l'intrt du capital financier, que dans le pire des cas pour celui-ci il finira par dchainer une explosion spontane et populaire, et dans le meilleur il ne fera qu'puiser le pays exsangue devant la concurrence des autres puissances imprialistes des Etats-Unis la Chine, et mme si ceci n'est pas d'actualit immdiate, il est bon pour la classe capitaliste qu'il soit dit clairement que solution de rechange, une ou plusieurs, il doit y avoir dans le cadre de la V” Rpublique. L'appareil judiciaire, composante du rgime et de l'Etat, a donc choisi de remettre en selle politiquement De Villepin pour qu'il soit dit, rptons-le, que solution de rechange Sarkozy il doit y avoir.
Celui-ci a pondu le jour mme un communiqu dont la maladresse amplifiait le coup reu -De Villepin est acquitt mais pourtant les considrants du Tribunal sont soit disant accablants pour lui (ah bon ?), et "je ne ferais pas appel" alors que, partie civile, le prsident Sarkozy n'avait pas cette possibilit lgale. Par contre, le lendemain matin, le Procureur, qui comme il le dit et le rpte, n'a "reu aucun ordre crit" (tout est dans le mot "crit" ! ), fait appel dans le but, purement politique l encore, de relancer le procs d'ici 2012. Faute d'envoyer les lansquenets pendre le rival un croc, l'Elyse se dfend comme il peut, et cela se voit. Une fois de plus nous pouvons dire : "Plus le singe monte haut dans l'arbre plus il montre son ..." !
Qu'est-ce que Georges Frche ?
Pendant ce temps, la direction du Parti Socialiste, qui aurait pu profiter au maximum de ces convulsions, tait accapare par son propre linge sale. Ce linge sale porte dsormais un nom, pour la postrit, celui de Georges Frche, bien qu'il ne s'y rduise pas. Qu'est-ce que Georges Frche ?
Pour Martine Aubry et les mdias, c'est un type qui fait "des drapages" glissant dans la direction du racisme et de l'antismitisme, ce qui met en cause l' "honneur de la gauche", et puis voila. C'est un peu court !
Dans une vie antrieure, Georges Frche fut un authentique mao-stalinien, qui dj prconisait le soutien la politique trangre gaulliste. Devenu universitaire Montpellier, le voila qui entre au PS lors de sa fondation et en prend la tte sur la ville, que l'ancienne SFIO avait laisse la droite. Socialiste dynamique des annes 70, mais avec dj une spcificit, d'ailleurs typiquement mitterrandienne, celle des accointances avec les milieux Algrie franaise et autres anciens supporters de Tixier-Vignancourt (leur candidat la prsidentielle de 1965). Devenu maire de Montpellier puis prsident de la rgion Languedoc-Roussillon, Frche fut un baron local exemplaire de la dcentralisation : un "ralisateur" et rnovateur du centre-ville de Montpellier, transfrant des masses d'argent public vers ses redevables du Btiment Travaux Publics, maniant la trique et la subvention, dans une rgion exemplaire de la modernisation des deux dernires dcennies du XX” sicle -et du taux de chmage et de prcarit. Assez proche, certains gards, des politiques rgionales menes en Catalogne et Saragosse, de l'autre ct des Pyrnes.
Dans le systme clientlaire ainsi construit, les "communauts" sont une pice : subventions, petites amitis, casement de la petite nice dans un emploi local, piston par ci, piston par l, les associations de rapatris d'Algrie, les Harkis, les organisations sionistes soit disant reprsentatives des Juifs de France, sont des pices du systme Frche. En baron habile il les ouspille de temps autre. Ce qui a donn les harkis "sous-hommes", le premier dans sa srie de "drapages" trs mdiatiques et trs contrls.
L'ructation priodique de petites phrases connotation raciste, outre qu'elle rvle certainement la mentalit de fond du personnage et de la couche sociale de prbendiers rgionaux qui l'entoure, procde sans doute d'une stratgie lectorale bien pense, conscutive au fait que c'est de moins en moins pour contrer la droite et le patronat que la population languedocienne et catalane vote pour le PS au niveau rgional, que le clientlisme ou la crainte jouent un rle local croissant, et qu'il faut donc s'attirer, en mme temps que des niches de votes communautaires, des voix populaires racistes portes d'autres moments sur le Front national.
Cette dgnerescence progressive n'est pas propre Frche. L'on doit en particulier s'interroger sur l'tat du PS rvl par le vote des "militants" massivement en sa faveur chaque investiture, contre "Paris". La rancoeur sociale et les dceptions socialistes se reportent contre "Paris" et le clientlisme local assorti d'une fiert mal place fait le reste. Nous avons donc des fdrations clientlises et vassalises, capables au besoin de jouer les milices pour dfendre leurs barons : ce triste tableau n'est pas propre au Languedoc-Roussillon. Au lieu de miser sur le combat social pour regagner les voix de l'lectorat populaire de droite et d'extrme-droite, Frche choisit de faire soi-disant "peuple" en faisant raciste. Ailleurs, on voit des lus locaux parler un langage (et accomplir les actes qui vont avec) des plus "centristes", des plus bien pensants. C'est au fond la mme drive.
Ce qui a contribu de manire dcisive la dessiner, c'est la rgionalisation et les pouvoirs confrs des gestionnaires locaux qui, chaque transfert de missions de services publics et de personnels, depuis 2004, n'ont jamais protest contre leur principe mme, n'ont jamais -alors qu'ils avaient initialement t lus pour cela- pris la dfense et appel la mobilisation pour l'galit devant la loi, devant le service public, devant l'impt, mais n'ont fait que couiner qu'on ne leur transfrait pas assez de moyens, de pouvoirs fiscaux et de pouvoir tout court.
Frche dans cette catgorie est un baron rgional qui a tout compris : pendant que ses "camarades" font semblant de s'poumoner dire que la rforme territoriale de Sarkozy met en cause les lois de dcentralisation de 1982 (il est exact qu'elles en effacent les contradictions), lui, grand bnficiaire de la dcentralisation, soutient la rforme territoriale qui est l'tape suivante de la fin de l'galit des droits conquise en 1789 !
De mme avait-il anticip le "drapage verbal" de ... Martine Aubry en se prononant pour la retraite 62 ans ! De mme, progressivement fach avec la mairesse de Montpellier (on va en reparler plus bas) a t'il proclam qu'avec la rforme territoriale de Sarkozy il y a 1000 licenciements faire parmi les employs municipaux de la ville !
De mme, est-il pour l'ouverture au Modem, qu'il met en pratique. C'est un peu ennuyeux pour les bobos bien pensants que gne l'image graveleuse faussement populo de cet universitaire : tout ce que prconisent Dsir d'Avenir ou Europe Ecologie, Frche le fait.
Jusqu'au projet de faire trancher par les tribunaux les conflits statutaires et lectoraux internes, pour mettre ce parti sous tutelle de l'Etat et mieux le liquider, projet un instant agit par Sgolne Royal fin 2007, et que Frche semble dispos mettre en oeuvre !
Loin d'tre un piphnomne dans la vie du PS de ces dernires annes, Frche a jou un rle dcisif comme soutien Sgolne Royal, y compris par les votes massifs de sa fdration chaque fois que ncessaire, sans lesquels le doute sur le dcompte des votes internes entre Royal et Aubry n'aurait pas eu lieu d'tre. Comme Cohn-Bendit, il appelle la liquidation du PS et des partis de gauche en gnral, pour les remplacer par des curies mouvementistes et recentres. L'ancien ministre le plus fidle et durable du gouvernement Chirac-Jospin, le grand privatisateur Jean-Claude Gayssot, du ct du PCF, et plusieurs anciens dirigeants cologistes de la rgion, partisans du "pouvoir des rgions", sont aujourd'hui derrire lui.
Donc, quand il dit que "la gauche" locale est avec lui, il n'a pas entirement tort. Mais qu'est-ce que cette "gauche" l ? Un produit qui n'a plus rien voir avec le mouvement ouvrier, le pur produit de la V” Rpublique dcentralise.
Une petite phrase antismite dcouverte aprs un mois d'incubation.
Sa petite phrase sur la "tronche pas catholique" de Laurent Fabius est videmment antismite, et ce de propos dlibr. Que Frche souligne pour faire semblant de le nier qu'il est un "grand ami d'Israel", ce qui est vrai, ne troublera que ceux qui ne comprendraient pas qu'on puisse trs bien tre la fois un grand ami d'Israel et un antismite. Dans le cas de Frche, c'est le mme systme qu'avec les harkis : je patronne et clientlise leurs soi-disant reprsentants, et en mme temps je fais sentir que je peux les maltraiter. L'lment nouveau dans sa "petite phrase", en plus de l'antismitisme, c'est son utilisation dans les batailles internes au PS, puisque, bien qu'officiellement exclu, Frche agit bien entendu l'intrieur du PS. Des piques sur les soi-disant origines de Fabius (et Strauss-Kahn) lors de la bataille pour l'investiture prsidentielle en 2007, on en avait dj entendues (si l'on voulait bien tendre l'oreille) parmi certains "royalistes", d'autant que par ailleurs les rfrences et l'imagerie sulpicienne catholique affleurent chez S.Royal.
Un point est
curieux : la "petite phrase" date tout de mme du 23 dcembre. Il a
donc fallu un bon mois la direction du PS pour atterrir. Localement, il est
notoire que la mairesse de Montpellier,
Hlne Mandroux, qui doit son sige Georges Frche et comme lui dirigeante du
courant Royal, en conflit avec lui sur le partage des pouvoirs locaux -la
direction de la communaut d'agglomration- tait en train de prparer une
apparition lectorale autonome en relation avec Europe Ecologie, tout en
discutant aussi avec le Front de gauche largi. En butte des attaques trs
violentes de Frche et sa bande, elle avait rendu publique son intention de
faire, d'une faon ou d'une autre, campagne contre lui. Il s'agit tout de mme
de la premire magistrate de Montpellier. Autrement dit, le "systme"
commenait craquer vraiment, tant mieux. C'est lorsque cela fut avr, et pas
avant, que la direction du PS dcouvrit l'allusion antismite, de toute faon
condamnable point n'est besoin de le prciser.
Jusque l, il avait pu taper sur les harkis, les noirs, les protestants ... excusez du peu, il avait le soutien lectoral officiel de la direction du PS, "exclu" ou pas.
En Languedoc-Roussillon, pour le front
uni de toute la gauche, pour dfaire Frche et Sarkozy, votez Front de gauche,
votez Revol !
Gayssot et une partie du PCF ayant suivi le baron, c'est un peu comme si, en Languedoc-Roussillon, le calice avait t bu jusqu' la lie, pour faire nous aussi dans la mtaphore "catho". Mais la vie continue, le mouvement social et la jeunesse sont l, et cette triste dcantation a sans doute favoris en retour le regroupement, ici, d'un Front de gauche vritable, avec comme tte de liste le maire de Grabels, ville de la banlieue de Montpellier, Ren Revol.
Ren Revol, outre qu'il a t form dans la vieille OCI (l'Organisation Communiste Internationaliste, o il fut particulirement proche de l'historien du mouvement ouvrier Pierre Brou), a t un socialiste de l'Hrault qui n'a jamais cd sur les mthodes de Frche, a t exclu pour cela, a construit l'association Rpublique sociale (dirige nationalement par Jean-Luc Mlenchon) avec une vraie base locale, anime aujourd'hui le Parti de gauche dans cette rgion et se trouve en tte d'une liste qui comporte aussi le NPA (1), et qui a un accord de second tour avec les Verts qui, ici, ne se sont pas dissous dans "Europe Ecologie" et ont des rfrences, une image et un pass fortement gauche. De sorte que l'unit au second tour de cette liste de Front de gauche largie, avec les Verts et avec la liste PS reconstitue, est envisageable. Comme est d'ailleurs envisageable que la liste de gauche face la droite et Frche arrive en tte soit celle du Front de gauche devenant ici le front uni de toute la gauche et rien qu'elle, la gauche reconstitue comme force indpendante, qui dfaira la droite et Frche (2).
Cette victoire politique serait donc au passage une victoire sur Frche, une victoire de tout ce qui, gauche, ne veut pas tre liquid dans le marais centriste ou prtenduement cologiste, une victoire, finalement, sur Sarkozy, devant contribuer bloquer la rforme territoriale et l'ensemble de sa politique, pour le dfaire et le chasser, et ouvrir une issue politique, celle d'un gouvernement de la majorit, qui en finisse avec la V” Rpublique des patrons et des barons !
VP, le 02/02/10.
(1) O.Besancenot a ostensiblement refus de
"cautionner" cette unit en ne venant pas au meeting commun de
Montpellier du 29 janvier.
(2) Voici ce qu'en dit J.L. Mlenchon sur son blog
:
"Nous y travaillons, sur cette carte du
Languedoc Roussillon, depuis des semaines, des mois, et de bien des faons
depuis des annes. Jusque l nous avions bien avanc et runi deux conditions
essentielles au succs de notre stratgie. Voyez plutt ! Union de toute
lÕautre gauche, accord pralable avec les Verts pour le deuxime tour. La
scission du parti socialiste autour dÕHlne Mandroux ajoute un ingrdient
dcisif qui fait du secteur un cas dÕcole quasi chimiquement pur. En
Languedoc-Roussillon la lutte pour arracher lÕhgmonie gauche
lÕorganisation traditionnelle de la social dmocratie dcompose est bien
avance ! En vain mÕobjecte-t-on que le cas serait spcial du fait des frasques
de Georges Frche ! Erreur. DÕabord parce que Frche est bien moins atypique
quÕil y parait dans le petit monde des potentats socialistes. Ce qui lui est
reproch est de la petite bire par rapport aux flots des horreurs quÕil dit
haute voix et que les autres pensent tout bas. Mais ensuite il faut savoir
utiliser un cas particulier au nom de principes gnraux ! Pour moi, une action
politique qui se propose de faire bouger les lignes se nourrit exclusivement de
cas spciaux. Nulle part et jamais, les vnements novateurs nÕavancent en
ligne droite et sur mer calme. La nouveaut se nourrit des incidents et failles
qui lui permettent de se propager dans le champ politique. Pour ce que jÕai
faire avec mes amis, cÕest lÕoccasion qui fait le larron, vingt quatre heures
sur vingt quatre, sept jours sur sept. Le tableau du Languedoc Roussillon,
gauche, cristallise tout ce dont nous avons besoin pour atteindre notre but. Je
le sais depuis le dbut. A la direction du Parti de gauche nous savons quÕil y
a deux failles visibles dans le tableau politique que domine le Parti
Socialiste : le Languedoc Roussillon et lÕAuvergne. Sous ces deux failles un
abondant gisement dÕnergie bouillonne. Des ruptions ont commenc aux deux
endroits. En Languedoc, le forage est bien avanc. Les outils sont en
place."
La retraite 60 ans, un prcieux
acquis de civilisation.
Tribune parue dans L'Humanit du 25 janvier.
Toute la gauche est attendue au tournant sur la question des retraites. Les grandes grves de 1995 et 2003 ont prouv que les salaris sont attachs au systme solidaire de retraite par rpartition. Mis en place la Libration dans une France en ruine, hritage du programme du Conseil national de la Rsistance, ce modle a permis aux retraits de sortir de la misre.
Les coups ports par Balladur en 1993 et Fillon en 2003 furent autant de pas en avant vers un rgime concurrentiel avec des retraites places au grand casino de la finance mondiale. Sarkozy, lÕassoci du Medef, souhaite repousser lÕge de dpart en retraite au-del de soixante ans.
Toute la gauche politique, associative et syndicale devrait tre rassemble pour dfendre lÕune des plus grandes conqutes sociales issues de la victoire de mai 1981. Des millions de salaris puiss par une vie de labeur ont pu ainsi bnficier de cinq annes supplmentaires pour voyager, se cultiver, profiter de leurs petits-enfants, bref jouir pleinement de la vie. Mitterrand avait raison quand il disait que la retraite soixante ans avait Ē ajout de la vie aux annes Č ! Cette mesure, mise en place il y a vingt-neuf ans, serait-elle devenue un luxe dans une France deux fois plus riche quÕ lÕpoque ? On nÕose y croire !
Ē Vont-ils bazarder la retraite soixante ans ? Č, comme le titrait lÕHumanit du 20 janvier ? On espre que non. Mais il est sr que nous serons des millions la dfendre ! Cet acquis de civilisation a permis dÕlever lÕesprance de vie et dÕassurer des pensions dcentes tous les travailleurs.
On voudrait nous faire croire que lÕurgence est de travailler plus longtemps mme si, dans la ralit, lÕge de dpart moyen est de cinquante-huit ans. En France, deux salaris sur trois ne travaillent plus soixante ans et la dure moyenne de cotisation nÕa jamais dpass trente-sept annuits ! Et si un salari sur trois est contraint de dpasser les soixante ans, cÕest pour viter un niveau de retraite trop bas. Les grandes entreprises jettent les salaris de plus de cinquante-cinq ans comme des Kleenex, alors que, par le travail de toute une vie, ils ont cr des richesses, de plus en plus accapares par les profits.
Les jeunes nÕont pas payer demain les choix faits aujourdÕhui en leur nom. Maintenir des salaris qui sont en activit depuis si longtemps et qui lgitimement aspirent la retraite, cÕest autant dÕemplois en moins pour les jeunes qui rentrent dans la vie active. Des salaris fatigus dÕun ct, des jeunes chmeurs de lÕautre : on marche sur la tte. Un emploi stable est une condition essentielle pour permettre chaque jeune de construire sa vie et de mener bien ses projets.
Il semble que ce soit une phrase mal btie qui ait fait croire que le Parti socialiste allait accepter la remise en cause de ce droit fondamental la retraite soixante ans. Ce serait un mauvais coup pour toute la gauche. En 2008, le PS a affirm unanimement Ē lutter pour la prservation de lÕaccs la retraite soixante ans, conqute sociale majeure Č. De mme, les Jeunes Socialistes ont choisi de dfendre Ē le systme de protection sociale, notamment le systme de retraite par rpartition avec un ge de dpart soixante ans Č lors de leur dernier congrs. A ce jour, aucune dcision collective nÕest venue remettre en cause cette position.
Pour prenniser ce systme, des solutions existent : augmenter les recettes des caisses de Scu en menant une lutte acharne contre le chmage, rapprocher les dures relles du travail de la dure lgale trente-cinq heures, augmenter les salaires, moduler les cotisations sociales salariales et patronales et rcuprer les 65 milliards dÕeuros cachs dans les niches fiscales. Le but doit tre de garantir des retraites 75 % de reversement, aucune nÕtant infrieure au smic. En un mot, il faut dÕabord redistribuer les richesses. Du capital vers le travail.
Jean-Franois Claudon, Julien Gurin, Simon Thouzeau
Un mot de la rdaction.
Cette intressante
tribune est signe des responsables du courant trs joliment nomm l'OS,
l'Offensive Socialiste, aile gauche du MJS (Mouvelent des Jeunes Socialistes).
Nous en partageons l'essentiel. Deux points nous semblent mriter discussion :
1”) Beaucoup de gens,
travailleurs, retraits, disent que dans les faits la retraite 60 ans n'est
d'ores et dj plus vraiment un droit. Le passage des 10 aux 25 meilleures
annes, mesure initiale avec le passage des 37,5 aux 40 annuits, de la
bataille capitaliste contre les retraites en France, en 1993, a fait beaucoup
de ravages et la loi Fillon en 2003 en instaurant pour tout le monde l'chelle
mobile, dans un sens toujours croissant, du nombre d'annuits, tuent de fait la
retraite 60 ans. Ds lors mobiliser sur ce seul thme ou en centrant
spcialement sur lui risque de rencontrer le scepticisme des travailleurs, et
pourrait mme tre une manire de se dfausser ...
Car la question que
pose cette ralit n'est videmment pas de baisser la garde, mais de dfendre
les vrais revendications, toutes les revendications, comme formant un tout qui
signifie l'annulation de toutes les attaques menes depuis 1993, ce qui est
parfaitement possible au point de vue comptable, sans aucun problme srieux
(en tous cas bien moins que ceux que pose le sauvetage des banques en
faillitte), mais pose bien sr les problmes politiques fondamentaux de notre
poque. Ces revendications sotn :
-droit une retraite
pleine et entire 60 ans,
-ou avec 37,5 annuits
de cotisations,
-avec 75% du meilleur
salaire,
-avec validation des
annes d'tude et de chmage et/ou prcarit,
-avec prise en compte
de la pnibilit pour des dparts anticips.
-reposant sur la base
du principe de rpartition ou, pour les fonctionnaries, du Code des pensions.
On remarque la
disparition progressive de la rfrence, notamment, aux 37,5 annuits dans les
publications de Dmocratie et Socialisme, alors qu'on peut encore la trouver
dans des tracts de la CGT de Haute-Loire ... pour combien de temps ? Camarades,
renouons VRAIMENT avec les vrais revendications !
2”) Nous ne croyons
pas, et vrai dire nous ne pensons pas que les auteurs puissent croire, que
c'est une "phrase mal btie" de Martine Aubry qui a donn l'alarme
sur la position du PS propos du droit la retraite 60 ans. Quelques jours
plus tard la direction du PS adoptait une dclaration unanime rappelant la
dfense du droit la retraite 60 ans. Fort bien. Cependant la lecture de
l'ensemble du texte, que nous reproduisons ci-dessous, pose d'autres questions.
Notamment celle du soutien du PS au "dialogue national" initi par le
rapport du COR ("conseil d'orientation des retraites") qui sert de
base la mthodologie gouvernementale et qui prsente comme la principale
hypothse de travail le systme de retraite apr points ... lequel, assurment,
foutrait en l'air ce qui reste du droit la retraite 60 ans.
Document : le texte
adopt le 26 janvier par la direction du PS sur les retraites.
Runi Paris le mardi 26 janvier, le Bureau national du PS a adopt l'unanimit sa position sur la rforme des retraites. Dans le dbat qui s'engage dans notre pays, le PS est rassembl pour dfendre un systme juste et solidaire, bas sur la retraite par rpartition.
La retraite par rpartition, c'est--dire la solidarit entre les gnrations, est au cĻur du modle social de notre pays et constitue le socle fondamental de notre systme de retraites. Nous devons le dfendre et le sauvegarder. Or, les rformes du systme de retraite de 1993 et 2003 nÕont rgl ni le problme du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dgrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrires longues, la pnibilit et les diffrences dÕesprance de vie.
Au total, notre systme de retraite nÕest aujourdÕhui pas financ durablement et nÕassure pas un niveau de vie dcent au plus grand nombre des retraits. Cette situation est aggrave par le trs faible taux dÕemploi des plus de 50 ans, une personne sur deux tant au chmage ou en prretraite au moment de faire valoir ses droits la retraite.
CÕest pourquoi la rforme du systme de retraite qui sera discute partir de cette anne est dcisive. Le Parti socialiste prendra toute sa part dans le dbat sur lÕavenir des retraites.
Le Parti socialiste rappelle que les organisations syndicales doivent, tre au premier rang, les interlocuteurs privilgis du gouvernement en ce qui concerne les retraites. Cela tant pos, le Parti socialiste est prt dbattre sur cette question majeure pour notre pays. Nous pensons que si la question des retraites doit tre traite, elle ne doit pas faire oublier les actions prioritaires ncessaires sur les salaires, lÕemploi et les rponses apporter pour sortir de la crise.
Pour que le dbat ait lieu dans de bonnes conditions, trois temps devraient tre respects.
Le premier est celui, partir des travaux du COR, dÕun diagnostic, qui doit tre autant partag que possible notamment avec les organisations syndicales, sur la situation des retraites en France.
Sur la base de ce diagnostic, devra sÕengager un dialogue national au cours duquel chacun, partenaires sociaux, formations politiques, doit pouvoir exprimer ses propositions qui devront tre discutes et ngocies, en particulier avec les organisations syndicales.
Enfin, un vrai dbat devra avoir lieu au Parlement, qui ne saurait tre ni prcipit, ni tronqu, ni men dans lÕobjectif de passer en force pendant lÕt comme ce fut le cas en 1993 et 2003.
LÕavenir du systme de retraites et les rformes ncessaires dpendront fortement de lÕvolution de la dmographie, de la croissance, de lÕemploi et de la masse salariale. Le Parti socialiste rappelle dÕores et dj les grandes orientations quÕil dfendra et ses priorits pour la priode 2012-2020 :
- la sauvegarde du systme par rpartition, fond sur la solidarit entre les gnrations, qui ncessite de rpondre des besoins de financement de 25 milliards dÕeuros horizon 2020 (compte tenu de lÕaugmentation du nombre de retraits, de lÕallongement de la dure de la vie et de la diminution du nombre de cotisants) ;
- un niveau de pension permettant aux retraits de vivre correctement, alors que celles-ci ont baiss de 20% depuis la rforme Balladur et devrait baisser de 25% nouveau dans les annes venir ; 1 million de retraits vivent sous le seuil de pauvret et 50% ont une retraite infrieure 1000 euros ;
- lÕintroduction de nouvelles ressources dans le systme, alors que la droite nÕa jamais pris dÕinitiative sur ce plan. Il sÕagit notamment de : lÕlargissement de lÕassiette des cotisations la valeur ajoute, le prlvement de cotisations sur les stocks-options et autres rmunrations non assujetties (5 milliards dÕeuros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et lÕalimentation du fonds de rserve des retraites.
- le maintien de lÕage lgal du dpart la retraite 60 ans, cÕest dire la possibilit de faire valoir ses droits, quel que soit le montant de sa retraite. CÕest le seul droit encore attach lÕge lgal de dpart la retraite et nous le dfendrons.
- nous voulons faire en sorte que les salaris qui ont occup des emplois pnibles puissent bnficier dÕune retraite anticipe, par exemple en majorant dÕun coefficient les trimestres travailles dans ces conditions. Le traitement des emplois pnibles tait un engagement de lÕEtat dans lÕaccord sign avec certaines organisations syndicales, il doit tre un pralable des nouvelles discussions.
- Nous savons aussi que lÕaccroissement de lÕesprance de vie, associe une arrive plus tardive sur le march du travail, entrane un dpart rel la retraite 61, 62 ansÉLÕge moyen de dpart la retraite est aujourdÕhui en moyenne de 61,6 ans, mais nous voulons que les salaris puissent faire valoir leurs droits la retraite ds lors quÕils ont cotis le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir 58 ou 59 ans par exemple des salaris qui ont commenc travailler tt.
- des mesures vigoureuses et effectives pour le maintien dans lÕemploi des plus de 50 ans : le taux dÕemploi des plus de 55 ans est de 35% ; une personne sur deux est au chmage ou en prretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela pse sur les recettes des caisses de retraite, en raison des cotisations non perues, autant que sur les droits des salaris concerns.
Le Parti Socialiste souhaite travailler la question des retraites dans une approche plus large : lÕorganisation des temps tout au long de la vie. Comment donner chacun la possibilit de mieux organiser les temps de la vie dans le cadre de garanties collectives ? Comment faire de lÕallongement de lÕesprance de vie un progrs et non pas une contrainte pour la socit ? Comment donner aux seniors une place active dans la socit ? Comment prendre en charge la dpendance ? Autant de questions sur lesquelles nous voulons travailler tout au long de cette anne, et dont nous souhaitons dbattre galement avec les organisations syndicales.
Le Parti Socialiste rencontrera les organisations syndicales dans les semaines qui viennent pour entendre leur analyse et leurs propositions.
A partir du diagnostic partag dont il demande quÕil soit tablit, de ses priorits, et du dialogue quÕil aura lui mme engag avec les organisations syndicales, le Parti socialiste fera connatre ses propositions. Il valuera les propositions du Gouvernement galement lÕaune de la mthode quÕil aura mis en oeuvre pour prparer la rforme et du rsultat de ses ngociations avec les organisations syndicales.
Fort de ces orientations et de ces objectifs, le Parti socialiste prsentera ses propres propositions, aprs les avoir fait valider par les militants selon les modalits prvues par ses rgles internes.
* * * * *
La ptition ci-dessous, initie par les DDEN (Dlgus Dpartementaux de l'Education Nationale) est soutenue par les parents d'lves FCPE, l'UNSA, la CGT Education, et diverses associations dont l'Association des Libres Penseurs de France (ADLPF).
L'objectif dclar est de produire, 50 ans aprs le "serment de Vincennes" et la ptition laque contre le financement des coles prives par l'argent public, un grand mouvement pour l'cole publique, contre le dtournement de nos impts vers le priv.
La direction de la Ligue de l'Enseignement, qui par la voie de son secrtaire gnral Tournemire a dclar en octobre qu'il fallait que l'cole publique et l'cole prive confessionnelle catholique se mettent ensemble autour de la table pour assurer ensemble leurs missions de service public ( ! ), n'est pas signataire alors que la place des associations laques et amies de l'cole publique au nom desquelles elle prtend parler, est l et pas ailleurs.
Le SGEN-CFDT soutient la position de la direction de la Ligue de l'enseignement. La direction de la FSU n'a pas voulu signer au motif ... qu'il n'y avait pas assez de signataires ! Enfin la Libre Pense et les syndicats enseignants de FO ne sont pas signataires ... il est vrai que la Libre Pense et sa direction lie au POI (Parti Ouvrier Indpendant) cherchaient ces dernires annes le rapprochement avec ... la Ligue de l'enseignement.
Il y a donc une crise dans les organisations se prsentant comme historiquement laques. Au fond, cette crise est provoque par les attaques de Sarkozy dnonces par la ptition : faut-il s'y adapter ou les combattre ?
Combattons-les !
Position de MILITANT :
MILITANT soutient et appelle signer cette ptition. En priode d'lections rgionales, elle doit contribuer mettre la pression pour dfaire la politique de Sarkozy et interpeller les candidats de gauche sur ce qu'ils feront une fois lus.
http://www.appelpourlecolepublique.fr/
Redonnons la Priorit lÕcole laque !
Le service public et laque dÕducation doit garantir chaque lve une scolarisation de qualit sur tous les territoires. Il doit permettre chacune et chacun, quelle que soit son origine culturelle ou gographique, quelle que soit sa condition, quel que soit son handicap, de bnficier dÕune ducation et de sÕapproprier Ē le vivre ensemble Č dans un espace o la libert de conscience est strictement respecte.
AujourdÕhui, le service public et laque dÕducation nÕest plus une priorit de lÕtat.
Les nombreuses dcisions ministrielles le montrent :
les dizaines de milliers de suppressions dÕemplois qui ne cessent de le frapper durement, le fragilisent en zone rurale et lÕasphyxient en zone urbaine,
les aides publiques concdes aux tablissements privs ( 95% catholiques) qui nÕont jamais t aussi leves. Il sÕagit de prs de 7 milliards dÕEuros octroys chaque anne par lÕtat, auxquels viennent sÕajouter les participations obligatoires verses par les collectivits locales,
la loi Carle qui amplifie le financement de la concurrence au service public et conforte la logique de Ē march Č scolaire,
la suppression de la sectorisation, qui transforme les parents dÕlves en consommateurs dÕcole,
le dveloppement du priv par le plan banlieue, l ou les besoins du service public sont les plus criants, l ou la sgrgation sociale est la plus forte,
les accords Ē Kouchner Vatican Č (qui remettent en cause les rgles de collation des grades universitaires au bnfice des instituts catholiques) ainsi que les projets de financement par lÕtat de lÕenseignement suprieur priv.
Nous, signataires de
cette ptition, refusons lÕaffaiblissement organis par lÕtat, de notre
service public et laque dÕducation.
LÕducation nÕest pas une marchandise. La libert de conscience doit tre
respecte partout et pour toutes et tous. LÕargent de tous doit cesser de
financer les choix de quelques-uns.
Nous exigeons une orientation politique qui fasse clairement le choix de lÕcole publique, laque et gratuite.
Nous raffirmons quÕil nÕy a quÕune cole de la Rpublique.
Nous demandons que lÕeffort ducatif de la Nation soit rserv au dveloppement de lÕcole de la Nation.
Intervention de Jean Franois Chalot Malaunay le 23 janvier 2010 au colloque organis par le CREAL (Comit de Rflexion et d'Action Laque de Seine-Maritime) :
LA LOI CARLE
- Une victoire inespre des
clricaux
- une
dfaite sans combat des organisations laques !
La loi Carle
vote par la droite parlementaire
-
permet aux coles prives de doubler leurs rentres financires publiques;
- contraint ou autorise les Municipalits financer les coles prives d'autres communes si leurs rsidents ont choisi d'y scolariser leurs enfants.
COMMENT A T-ON PU EN ARRIVER LA ?
Si l'piscopat a bnfici en la circonstance de l'aide involontaire de Michel Charasse, bon bouffeur de curs mais pitre lgislateur, l'article 89 et la Loi Carle, pain bni pour les clricaux constituent le rsultat des rflexions et actions de lÕenseignement catholique et de la droite dans l'opposition puis aux affaires.
Il suffit pour s'en convaincre de relire l'excellent ouvrage : Ē Main basse sur l'cole publique Č co-crit par Eddy Khaldi et Muriel Fitousi.
En 1992, des hauts fonctionnaires du service public fondent une association : Crateurs d'coles...
Il s'agit pour eux de dmanteler l'cole publique, de mettre en place une concurrence entre tablissements, de casser les statuts, de supprimer la carte scolaire et d'instaurer un chque ducation dont disposerait chaque famille pour financer l'cole de son choix.
15 ans plus tard: l'un, Maurice Qunet est recteur de Paris, un autre, Dominique Antoine, conseiller Education du prsident et un troisime, Xavier Darcos a prsid aux destines de l'ducation encore nationale avant de devenir en 2009 Ministre du Travail, de la Famille, des Relations sociales, de la Solidarit et de la Ville).
Le chque ducation n'est plus seulement un rve dans la tte d'horlogers ( initiateurs du club de l'horloge Č ou de Ē crateurs d'cole Č mais une menace srieuse qui pse sur l'avenir de l'cole publique laque.
La loi Carle constitue une intronisation de ce chque ducation, avant son instauration dfinitive, moins que le dferlement massif des laques dans les rues de Paris ne fasse chec cette politique.
EXAMINONS L'AMENDEMENT CHARASSE
Il fut dpos en 2004 avant l'ouverture du dbat en seconde lecture de la loi sur les Ē responsabilits locales Č
Ce que voulait Charasse?
Les municipalits n'ayant pas d'cole publique sur leur territoire administratif doivent obligatoirement financer l'cole publique frquente par les enfants ressortissants du fait de lÕobligation constitutionnelle dÕorganiser lÕcole laque en tous lieux du territoire.
Ainsi les Municipalits qui ne voulaient pas payer taient tentes d'encourager les parents placer leurs enfants dans le priv.
La proposition
Charasse est dtourne subrepticement et sÕapplique toutes les communes - et
pas seulement celles n'ayant pas d'cole publique.
Cette disposition lgislative institutionnalise pour la premire fois une obligation de financement au nom de la Ē libert dÕenseignement Č et intronise le Ē chque ducation Č
Michel Charasse, inconsquent,qui semble ne pas avoir compris, avoue sans honte :
Ē Maintenant avec mon amendement, il faudra payer dans tous les cas Č
Les Laques
sont tonns et effars
Le CNAL proteste et le secrtaire l'Education, Yves Durand, n y va pas par quatre chemins :
Ē C'est un norme cadeau au priv, Charasse comme souvent, a jou en solo Č
Ē Tout le monde est trs embarrass Č estime l'Association des directeurs de l'ducation des villes de France Č
Ē Runis en
Assemble gnrale le 15 octobre 2006 Groux-les-Bains (04), les maires
ruraux de France se sont opposs l'application de l'article 89 modifi de la
loi du 13 aot 2004 relative aux liberts et responsabilits locales concernant
la participation obligatoire des communes aux frais de scolarisation des
enfants dans une cole prive situe hors de leur commune de rsidence.
Ils rejettent un dispositif sur lequel ils n'ont aucune prise et qui peut
dstabiliser le budget de leur commune en leur imposant de nouvelles dpenses
obligatoires qui chaque anne seront la fois importantes, imprvisibles et
fluctuantes.
Ils rappellent par ailleurs que si la scolarisation d'un enfant dans une cole
prive est l'expression de la libert de choix de l'enseignement, il s'agit
bien d'un choix personnel des familles. Celui-ci ne saurait avoir pour
consquence de menacer les finances des communes rurales et de mettre mal les
efforts importants qu'elles ont consentis en faveur du maintien et de la
qualit de leurs coles publiques.
L'cole des
communes est en effet d'abord celle de la Rpublique, gratuite et laque, et
elle reste la seule devant tre prise en charge de manire obligatoire.
L'Association des Maires Ruraux de France demande en consquence l'abrogation
de l'article 89 modifi de la loi du 13 aot 2004 relative aux liberts et
responsabilits locales et, d'ici l,
appelle les maires ruraux ne pas rgler les factures qui leur seront
adresses, sauf accords locaux pralables. Č
QUAND UNE PARTIE DE LA GAUCHE NEGOCIE DANS LE DOS DES ORGANISATIONS LAIQUES !
Les snateurs socialistes, gns par l'initiative de leur collgue du Puy de Dme, l'incontrlable Michel Charasse vont ngocier avec la Droite non pour supprimer totalement cette obligation de financer l'cole prive Ē extra muros Č mais pour encadrer la nouvelle mesure !? On croirait rver!
FINANCER AU NOM DE LA LIBERTE DÕENSEIGNEMENT !!!!
Comment faire avaler cette pilule amre que beaucoup d'lus attachs l'cole publique, au rapport institutionnel fort entre lÕcole et la commune et leur libert d'administration communale ne veulent pas? Le PS trouvera le remde, il votera la proposition de loi Carle le 10 dcembre 2008... malgr d'ailleurs les explications et appels d'un Comit comme celui de la Dfense et de la Promotion de l'cole publique de proximit.
Le 10 dcembre 2009 le groupe socialiste votera la loi CARLE, semant la consternation dans le camp laque, avec comme argument suprme et soi-disant imparable :
LA LOI CARLE DONNE DES GARANTIES
C'EST UN RETRAIT PAR RAPPORT A L'ARTICLE 89
LA PROPOSITION DE LOI CARLE EN QUESTION
UN COMPROMIS EN TROMPE OEIL!
Pour la premire fois une loi de la Ē Rpublique Č garantit la parit de financement entre les coles publiques et prives en sÕappuyant sur le principe de libert dÕenseignement
Lorsque le financement n'est pas rendu obligatoire, il pourra tre assur titre facultatif
C'est une violation manifeste du principe constitutionnel de lacit et l'article 2 de la loi du 9 dcembre 1905 :
Ē La Rpublique ne reconnat, ne salarie ni ne subventionne aucun culte Č
Cette loi est contraire lÕgalit entre citoyens:
-pas de financement sans accord pralable pour aller dans une cole publique hors commune;
- pour le priv, au nom de sa libert de lÕenseignement, aucune autorisation de la commune pour un financement obligatoire
Cette loi est contraire aux principes de libre administration communale et l'article 40 de la Constitution qui prcise clairement :
Ē Les propositions et amendements formuls par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour consquence soit une diminution des ressources publiques, soit la cration ou lÕaggravation dÕune charge publique. Č
Pour les snateurs Ē socialistes Č, cette loi est un moindre mal parce que de toutes faons la dpense publique n'est obligatoire que dans quatre cas :
- les parents peuvent prouver que la capacit d'accueil est insuffisante
- l'obligation professionnelle des parents;
- l'inscription pralable d'un frre ou d'une soeur l'cole
- des raisons mdicales.
IL SUFFIRA AUX PARENTS DE JONGLER AVEC LES ADRESSES, AUX ECOLES PRIVEES DE S'APPUYER SUR DES INSCRIPTIONS DEJA EXISTANTES OU DE TROUVER UN MEDECIN COMPLAISANT!
Par mconnaissance du texte, certains oublient qu'en cas de litige, le Prfet peut statuer, c'est dire passer outre dans un dlai de trois mois...
C'est inscrit noir sur blanc dans l'article L.442-5-2
5400 coles prives sont concernes, elles recevront une manne de plus de 500 millions d'euros
Des centaines d'coles publiques sont menaces, des municipalits risquent de prfrer financer l'cole prive d' ct et d'autres seront trangles financirement
C'EST UN COUP DUR, TRES DUR CONTRE L'ECOLE PUBLIQUE
LES LAIQUES SE MOBILISENT.
ILS VONT REUSSIR L'IMPOSSIBLE :
UN VOTE DES DEPUTES SOCIALISTES CONTRAIRE A CELUI DE LEURS CAMARADES SENATEURS !
Le collectif de dfense et de promotion de l'cole publique de proximit va mener une campagne politique trs dynamique et de proximit, multipliant les lettres aux dputs, les communiqus de presse, les adresses aux autres associations laques ...
De nombreux dputs vont tre approchs et devoir rpondre aux arguments dvelopps.
IL FALLAIT QUE TOUS LES DEPUTES DE GAUCHE VOTENT CONTRE LA LOI ET S'ENGAGENT A DEPOSER EN CAS D'ADOPTION DE LOI UN RECOURS DEVANT LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Le CNAL va se mobiliser :
Ē En vue de lÕexamen dfinitif et tout proche de la loi Carle lÕAssemble, les laques fdrs au sein du CNAL (Comit national dÕaction laque) implorent les dputs dÕadopter le seul article 3 de la loi Carle, qui abroge lÕarticle 89. Et les invite Ē saisir le Conseil Constitutionnel Č le cas chant : Ē Ce qui Ē dclenche Č le financement du forfait nÕest plus le contrat qui lie la commune avec son cole prive mais le choix dÕune famille qui dcide de scolariser son enfant dans un tablissement priv dÕune autre commune. CÕest une tape vers un libre march scolaire ČÉ
Les dputs de gauche vont voter contre cette proposition de loi du 28 septembre 2009 et un recours au conseil constitutionnel sera dpos sans cet argument essentiel : Cette loi est contraire lÕgalit entre citoyens !!!
la loi sera malheureusement valide par un Conseil Constitutionnel oubliant les principes qui devraient l'animer.
Trs peu de dputs de droite vont voter contre, l'intervention de l'un d'entre eux mrite d'tre rapporte :
La question qui fche, cÕest le dput UMP des Yvelines, Pierre
Cardo, qui la met sur la table : Ē Si lÕon autorise une famille
inscrire un enfant dans lÕcole prive dÕune autre commune parce que la commune
de rsidence ne propose pas la restauration ou la garde, pourquoi nÕest-il prcis
nulle part que lÕcole prive doit elle-mme proposer ces
prestations ? ČÉ Cardo va plus loin,
voquant son exprience de Ē maire de banlieue Č : Ē Dans
une ville qui connat de nombreuses difficults, les parents ne songent quÕ
une chose : inscrire leurs enfants ailleurs. Il en rsulte une
concentration des difficults dans certains tablissements et un effet de
ghettosation qui sont catastrophiques Č
La rsistance s'organise.
Fin novembre 2009 le collectif de dfense et de promotion de l'cole de proximit adressait un courrier destin tous les maires de France et se terminant par les propos suivants :
Ē Des municipalits comme Cahors ou le Conseil Gnral de Loire Atlantique ont dcid de ne verser aux coles ou collges privs implants sur leur territoire que les dpenses obligatoires. Ceci se traduit par la fin du financement :
- des classes maternelles prives implantes dans des coles prlmentaires ou lmentaires prives;
- des classes des coles prives sous contrat simple;
- de toutes les dpenses dÕinvestissements de collges et lyces privs;
- des structures fdratives du rseau catholique qui nÕa aucune lgitimit pour reprsenter des tablissements privs qui sont au regard de la loi les seules entits juridiques reconnues ;
- de toutes dpenses non obligatoires pour les coles sous contrat dÕassociation.
NOUS DEMANDONS AUX COMMUNES DE NE PAS VERSER DE CONTRIBUTION AU TITRE DE LA LOI CARLE
Les Maires de France, attachs l'cole publique laque ne peuvent pas accepter cette loi sclrate.
Nous sommes certains que vous rpondrez cet appel la rsistance citoyenne. Č
On pourrait lgitimement s'tonner que des municipalits laques et rpublicaines puissent verser des subventions facultatives aux tablissements privs mais ne gchons pas notre plaisir, un sursaut mme tardif est salutaire.
SOUTENONS LES COMMUNES QUI ENTRENT DANS CETTE RESISTANCE ET CELLES QUI VONT ALLER PLUS LOIN C'EST-A-DIRE JUSQU'AU REFUS DE LA LOI CARLE C'EST-A-DIRE DE SON APPLICATION
EVIDEMMENT SI CERTAINES MUNICIPALITES N'ONT PAS BOUGE ELLES VONT ETRE SENSIBLES A NOTRE APPEL AUJOURD'HUI, AU MOMENT OU LES COMMUNES ETABLISSENT LEURS BUDGETS ET RECOIVENT LES PREMIERES NOTES A PAYER ISSUES DU PRIVE
Et appelons toutes les collectivits ne plus financer les dpenses facultatives.
* * *
Howard Zinn est mort.
C'tait un grand militant ouvrier, un grand historien, et un grand amricain. Un vrai amricain, combattant de la libert, et donc adversaire du capitalisme et partisan du socialisme, de par sa propre histoire et sa propre culture profondment yankees et profondment ouvertes au monde et aux opprims de toutes les couleurs.
Il tait connu en France pour tre l'auteur d'une remarquable Histoire populaire des Etats-Unis, l'histoire de celles et de ceux d'en bas.
Merci de tels combattants qui laissent derrire eux les moyens de rflchir et de construire.
Devenez
correspondant(e) / diffuseur de Militant dans votre
ville
ou votre secteur professionnel :
Adressez
un chque de 20 Ū lÕordre dÕAPE : Militant, 18 rue Victor Mass 75009
Paris.
Comit de
rdaction lu l'AG du 6 juin 2009 :
Eric
AUGNET (Syndicaliste CFDT -14), Fathia Ē Nadia Č BENAMAR (militante pour le
droit
au
logement Paris 18me), Sylvie BONNIN (syndicaliste FO - 03), Raymond DEBOR
(militant
du
PS - Paris 3e), Olivier DELBEKE (syndicaliste CGT - 94), Franois FERRETTE
(militant
communiste
et syndicaliste SNASUB-FSU - Alenon ), Franck MARSAL (militant PCF - 59),
Houaria
MOUALEK (militante pour le droit au logement - Paris 18me), Vincent PRESUMEY
(militant
PS et syndicaliste FSU - 03), Farida SAIDOUNI (militante pour le droit au
logement -
Paris
18me), Yves THEIS (conseiller municipal PCF, syndicaliste CGT - Cosnes
dÕAllier),
Kamel
ZORGUI (ouvrier sans-papiers - 95).
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