Lettre de liaison n¡9 du 13 janvier 2008
Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Christian Barlo (83, )Sylvie Bonnin (03), Jean-Franois Chalot (77), Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Franois Ferrette (61), StŽphane Fustec (75), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Franck Marsal (94), Marianne Olivier (94), Vincent PrŽsumey (03 – directeur de la publication), Raymond Debord (75), Salima Jamili (75) É

 

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Sommaire :

Billet du jour : hausse des salaires, rŽfŽrendum : ˆ bas Sarkozy !

Le numŽro 12 du bulletin Militant est disponible.

Affiches et autocollants pour la dŽfense du droit de grve.

Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites.

Parlementaires socialistes, n'aidez pas Sarkozy !

Documents : dŽclaration de la premire secrŽtaire fŽdŽrale adjointe du PS de l'Allier ; prŽsentation du site "Tous ˆ Versailles le 4 fŽvrier 2008".

Un accord inquiŽtant.

Note de lecture sur le dernier livre de GŽrard Filoche par JF Chalot.

Devenez correspondant-diffuseur du Militant.

* * *

Assez d'heures supp' : HAUSSE DES SALAIRES !

Parlementaires socialistes, ou vous tes avec nous contre Sarkozy, ou vous tes avec Sarkozy contre nous : le 4 fŽvrier, allez ˆ Versailles pour voter NON !

UNITE pour dire NON ˆ Sarkozy !

UNITE pour le dŽfaire !

 

Le numŽro 12 du bulletin Militant est disponible (1 Û).

Abonnement : 10 Û ˆ lÕordre dÕAssociation populaire dÕentraide

ˆ Militant, 18 rue Victor MassŽ 75009 Paris.

Sommaire :

- La grve c'est l'arme des travailleurs, Vincent PrŽsumey.

- La loi Hortefeux, encore une loi contre l'immigration familiale.

- Vers une rŽgularisation sur la base du travail ? , Raymond Debord.

- Retraites : 2008, l'annŽe de tous les dangers ! , Olivier Delbeke.

-Grogne Žtudiante sur fond de rŽpression (interview).

- Elections municipales : Chasser les faux amis pour b‰tir du neuf, Jean-Franois Chalot.

- Nouveau traitŽ europŽen : privŽs de rŽfŽrendum ?

- "Militant" en pointe dans la dŽfense des mal-logŽs.

- Aprs le droit de grve et les cheminots, au tour des salariŽs du privŽ de faire les frais de la politique de Sarkozy, StŽphane Fustec.

- La Seyne sur Mer, situation politique ˆ la veille des Žlections municipales, Christian Barlo.

- Seine et Marne, condamnation d'une association ayant critiquŽ une municipalitŽ.

- Banlieux, mettre fin au cycle infernal.

- Chronique de la disparition d'un service public local, Sylvie Bonnin.

- Histoire sociale : le droit de grve en France.

- Big Brother, c'Žtait du bricolage, Jean-Franois Chalot.

- Grve des convoyeurs de fonds au Maroc, par ATTAC Maroc.

- Le Parti travailliste du Pakistan (LPP) rŽunit son congrs malgrŽ l'Žtat d'urgence.

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Militant met ˆ votre disposition une affiche 40X60 cm

ÒRestriction du droit de grve dans les transports : ˆ qui le tour demain ? Abrogeons la loi sur le service minimum !Ó

Éet un lot dÕautocollants dont les mots dÕordre sont les suivants :
ÒSans droit de grve, comment pourra t-on se dŽfendre ?Ó
ÒPour faciliter sa politique, Sarkozy doit limiter le droit de grveÓ
ÒLe droit de grve nÕest pas nŽgociableÓ
ÒRestriction du droit de grve dans les transports : ˆ qui le tour demain ?Ó
ÒTous unis contre la remise en cause du droit de grveÓ
Et se terminent par la mme revendication ÒAbrogeons la loi sur le service minimum !Ó

Ce matŽriel est disponible au prix suivant :
Affiche : 5 euros les 10
Autocollants : 1, 5 euros les 10

Chques ˆ lÕordre dÕAssociation populaire dÕentraide
Adresser les commandes ˆ
Franois FERRETTE
48 rue du Val Noble
61000 Alenon

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Quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites.

Selon toute apparence, Sarkozy a pensŽ qu'ayant gagnŽ contre les cheminots (rappelons-le : dans les conditions crŽŽes par l'annonce faite par B.Thibault qu'il nŽgocierait aux conditions du pouvoir au moment mme o commenait la grve du rail), il peut y aller, il doit y aller, il lui faut cogner, avancer le plus vite possible, dans tous les domaines.

 Par ailleurs, il est taraudŽ par la montŽe de la crise Žconomique, le dŽveloppement de la crise dite des subprimes en rŽcession nord-amŽricaine ne faisant plus maintenant aucun doute, comme on pouvait le prŽvoir dŽs cet ŽtŽ ˆ condition de ne pas adhŽrer au mythe des fondamentaux Žconomiques soi-disant "sains". Selon le plus fiable des journaux nationaux traitant des cercles du pouvoir, Sarkozy aurait ainsi commentŽ la situation Žconomique, de son point de vue ˆ lui qui est la guerre contre les droits sociaux :

"Nous faisons face ˆ la pire situation Žconomique : ni croissance ni rŽcession. Tout est mou : pas assez de rŽcession pour justifier des sacrifices, pas assez de croissance pour en distribuer les fruits." (Le Canard Encha”nŽ du 9 janvier).

C™tŽ rŽcession, Sarkozy peut sans doute tre "rassurŽ", elle arrive (Christine Lagarde s'est d'ailleurs encore faite engueuler pour l'avoir dit). Les Žconomistes les plus reconnus rapprochent maintenant la situation mondiale de celle que connaissait le seul Japon au dŽbut des annŽes 1990 : krach financier et immobilier rampant, rongeant lentement mais sžrement les "fondamentaux" pendant des annŽes. Le dŽversement de plus-value extraite des prolŽtaires asiatiques et notamment chinois est devenu la roue de secours de tout le systme, mais il conduit le capitalisme en Chine ˆ la surproduction et ˆ la "surchauffe".

Donc, Sarkozy est pressŽ et veut plus que jamais appara”tre pressŽ. Avec son copain Bigard, il a "montrŽ qu'il en avait" en exhibant Carla Bruni. RŽpŽtons-le, c'est lˆ, pour lui, un acte politique, qui montre bien l'ampleur de la rŽgression politique et psychologique que signifie la tentative de restauration du bonapartisme franais : le roi "en a" ou du moins c'est lˆ ce que le bon peuple doit se dire. C'est ainsi qu'ils fonctionnent : ils en sont lˆ.

A partir de lˆ, quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites.

Ç Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la diffŽrence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curŽ, mme s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalitŽ du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement portŽ par l'espŽrance. È

Cette petite phrase condense le discours de Sarkozy devant le pape, avec son copain Bigard, fin dŽcembre (voir la prŽcŽdente lettre de liaison du Militant). Elle n'a pas eu l'Žcho qu'elle mŽrite : les dirigeants des syndicats enseignants, des organisations la•ques, eussent ŽtŽ bien avisŽs pourtant de monter au crŽneau immŽdiatement. GŽrard Aschieri n'a pas ŽternuŽ, mme la dŽclaration ˆ ce sujet de Marc Blondel, prŽsident de la Libre PensŽe, est arrivŽe plus d'une semaine aprs et ne mentionne pas la dite phrase, et Franois Hollande a dŽcouvert ce discours "scandaleux" trois semaines aprs qu'il ait ŽtŽ prononcŽ. Mais cette petite phrase, selon laquelle mieux vaut un curŽ qu'un instit, et selon laquelle l'instit doit prendre de la graine de curŽ, circule inexorablement de salles des profs en cours de rŽcrŽation d'Žcoles. Elle est citŽe, remachŽe, elle approfondit, elle nourrit, elle construit la colre des enseignants, au moment o les mesures de suppressions de postes pour la rentrŽe 2008 arrivent.

C'est donc, sans doute, pour aider les instits ˆ faire les curŽs que Darcos a dŽcidŽ un "premier pas" dans l' "expŽrimentation du service minimum" lors de la grve intersyndicale de la Fonction publique du jeudi 24 janvier. Voila qui souligne la gravitŽ du silence des directions syndicales nationales sur cette question du droit de grve tout au long de l'automne. La loi anti-grve dans les transports publics s'applique thŽoriquement depuis le 1¡ janvier. C'est sur ce socle que Darcos est missionnŽ pour aller plus loin. Il ne suffit pas de protester contre ses dŽclarations, il faut les analyser. Ce qu'il demande, c'est ˆ des municipalitŽs "volontaires" d'organiser l'accueil des enfants dans les Žcoles grŽvistes en affectant pour cela des personnels municipaux dont la rŽtribution, dŽclare-t-il, pourrait se faire au moyen de la paye retirŽe aux grŽvistes. Mme si l'on sait bien qu'il y aura trs loin entre les actes et ces intentions affichŽes, il faut en mesurer la portŽe crapuleuse. L'atteinte aux droits des agents territoriaux, Atsem (les "dames d'accueil" des maternelles), animateurs ... est ici pire que celle portŽe contre les enseignants, car il s'agit en fait de les rŽquisitionner pour garder les enfants, et elle s'assortit d'une tentative de les dresser contre les enseignants, d'en faire une clientle pauvre au service des mairies aux ordres. La rŽponse que cela appelle, c'est la grve tous ensemble, enseignants et agents, et la solidaritŽ active des parents d'Žlves et des Žlus locaux attachŽs ˆ l'Žcole publique et ˆ l'avenir des enfants. C'est donc pour Žviter des occupations d'Žcoles par parents et enseignants unis, contre les fermetures de classe, que le ministre a diffŽrŽ la distribution des fermetures ˆ ... aprs les municipales, tout en demandant aux municipalitŽs de jouer les briseurs de grve dŽs maintenant !

Autre domaine : Sarkozy, dans sa confŽrence de presse de rentrŽe, a donc dit qu'il voulait en finir avec les 35 heures en 2008. Divers commentateurs enregistrent ˆ ce sujet une certaine confusion dans les propos prŽsidentiels et gouvernementaux. Mais le fond du problme Žtait dŽjˆ connu, et c'est cela qu'il faudrait expliquer dans les entreprises : le but du gouvernement c'est de faire du temps de travail une composante des contrats propres ˆ chaque entreprise, et non une notion commune d'ordre public.

Les choses sont ici de plus en plus claires et le mot d'ordre que souffle le bon sens et l'efficacitŽ devrait s'imposer : Assez d'heures supp' ! Hausse des salaires !

Revenons aux libertŽs publiques. Une loi trs grave est en cours d'adoption : la rŽtention de sžretŽ ˆ l'encontre de dŽtenus jugŽs dangereux, dont la peine pourrait tre prolongŽe un certaine nombre d'annŽes par dŽcision administrative. Bien entendu, la chose vise d'abord des criminels du genre pŽdophiles sadiques rŽcidivistes : l'un d'eux avait frappŽ cet ŽtŽ aprs avoir ŽtŽ libŽrŽ de prison, donnant ˆ Sarkozy et ˆ Dati l'occasion de mettre en route leur loi. Bien entendu, on a occultŽ le fait qu'aucun soin et aucune mesure prŽventive n'avaient ŽtŽ mis en oeuvre sur ce cas. RŽsultat : gr‰ce aux pervers sadiques, ˆ Sarkozy et ˆ Dati, l'on va vers un prŽcŽdent : l'inscription dans le droit du pouvoir d'enfermement indŽfini confiŽ officiellement ˆ la police et ˆ l'administration pŽnitentiaire. Les grands principes historiques du droit -Habeas corpus et article 7 de la DŽclaration des droits de 1789- sont menacŽs.

On peut continuer ... Sarkozy veut punir les ch™meurs qui auraient refusŽ deux offres d'emplois "acceptables", en supprimant leurs indemnisations. Voila qui Žclaire la rŽforme en cours fusionnant l'UNEDIC et de l'ANPE, et alors mme que les personnels de l'UNEDIC ont trs majoritairement fait grve le 8 janvier. Un emploi "acceptable" c'est dont, en clair, un emploi que l'on devrait refuser si l'on pouvait !

Etc. Rappelons que tout cela s'insre fort bien dans ce calendrier : loi anti-grve dans les transports terrestres applicable ˆ partir du 1¡ janvier ; congrs rŽuni ˆ Versailles pour donner ˆ Sarkozy ses trois cinquimes sur la remise en place de ce qui avait ŽtŽ repoussŽ par le peuple en 2005 ; municipales placŽes sous le signe de l' "ouverture" ; dŽrŽglementation gŽnŽrale du droit du travail et du temps de travail d'ici fin mars ; casse de l'enseignement secondaire public, notamment professionnel, ˆ la rentrŽe 2008 ; amplification de la contre-rŽforme des retraites ...

Cependant, beaucoup de commentateurs notent aussi, depuis dŽbut janvier, un "trou d'air" dans l'image et l'aura du prŽsident-roi-bonaparte-"qui en a". Ses voeux du nouvel an puis sa confŽrence de presse n'auraient ni convaincu ni fait sauter l'audimat. Ses aventures avec Carla et ses gesticulations de milliardaire noceur commenceraient ˆ agacer. Les sondages baissent. Le plus intŽressant dans tout cela, c'est que a commence pendant les ftes, en dehors d'affrontements sociaux immŽdiats. Journalistes et sondeurs dissertent cette fois-ci sur le "trou d'air". Il est venu tout seul, dirait-on. En fait il est venu de loin et de profond. Sous ces manifestations de surface qui ne sont que la partie ŽmergŽe de l'iceberg, la colre gronde dans la sociŽtŽ. Chez celles et ceux qui se lvent t™t. A la vŽritŽ, cette prŽsidence et ce gouvernement de pŽteux n'auraient pas de force s'ils n'Žtaient pas aidŽs par leur opposition !

 

Parlementaires socialistes, n'aidez pas Sarkozy !

Le 4 fŽvrier, Sarkozy rŽunit l'AssemblŽe nationale et le SŽnat en congrs ˆ Versailles pour leur faire adopter la rŽvision constitutionnelle correspondant au traitŽ "europŽen" dit de Lisbonne. Ce traitŽ amŽnage quelque peu le systme institutionnel de l'Union EuropŽenne, sans apporter de changements profonds en la matire, et comporte notamment :

- des rŽfŽrences constantes ˆ la "concurrence libre et non faussŽe",

- aucune rŽfŽrence ˆ la notion de "services publics" remplacŽs par les "services d'intŽrt gŽnŽral" parfois appelŽs "services Žconomiques d'intŽrt gŽnŽral",

- le rappel des valeurs chrŽtiennes de l'Europe et de l'institutionnalisation des relations Žglises-Etats,

- l'engagement ˆ "augmenter les dŽpenses militaires" dans le cadre et sur le fondement des traitŽs signŽs entre certains pays europŽens et l'OTAN, l'Organisation du TraitŽ de l'Atlantique Nord dominŽe par les Etats-Unis.

Tout cela vous rappelle quelque chose, n'est-ce pas ? Evidemment, il s'agit de ce qui a ŽtŽ battu par 55% des votants lors du rŽfŽrendum du 20 mai 2005. Par bataillons entiers, les journalistes et les commentateurs taisent cette similitude totale ou appellent le traitŽ soi-disant nouveau un traitŽ "simplifiŽ", un adjectif qui ne peut que provoquer le fou rire de quiconque aura jetŽ un coup d'oeil sur ce texte dŽmesurŽ et encore plus illisible que le prŽcŽdent.

C'EST LE MEME TRAITE, ˆ ceci prŽs, point qui certes a son importance mais qui ne change rien aux intentions anti-dŽmocratiques de ses auteurs, qu'il n'est plus prŽsentŽ comme une "constitution" et que l'ancien titre III du traitŽ repoussŽ en 2005 en est en grande partie retitrŽ, ce qui ne change rien au fait que les traitŽs divers que rŽsumait ce titre III sont toujours en vigueur. Sur certains points il y a mme aggravation par rapport au texte repoussŽ en 2005 : l'Žnergie doit s'adapter ˆ la "concurrence libre et non faussŽe", la formulation du lien entre politiques militaires europŽennes et OTAN est accentuŽe ...

De deux choses l'une :

- soit Sarkozy obtient sa majoritŽ des trois cinquimes et, dans ce cas, non seulement il aura fait passer le contenu de ce qui avait ŽtŽ repoussŽ en 2005 par un vote plus ample que sa propre Žlection de 2007, mais ne doutons pas que la batterie mŽdiatique s'actionnera instantanŽment sur l' "ouverture" et la "crise du PS" rŽvŽlŽs par ce succs de Sarkozy, afin de placer les Žlections municipales sous le signe de cette mme "ouverture" recherchŽe aussi par des secteurs du PS, pour amplifier le bonapartisme "au delˆ de la gauche et de la droite" (c'est-ˆ-dire la pire rŽaction) que Sarkozy cherche ˆ mettre en place mais qui est encore fragile.

- soit il n'a pas cette majoritŽ. Ce serait alors sa seconde dŽfaite politique majeure depuis son Žlection, aprs le second tour des Žlections lŽgislatives de juin dernier. Ce serait aussi une dŽfaite pour la Commission dite europŽenne et cette bureaucratie d'ennemis de la dŽmocratie qui prŽtendent tre, qui prŽtendent possŽder et qui prŽtendent faire "l'Europe". Sarkozy s'il veut toujours faire passer son prŽtendu "traitŽ simplifiŽ" devrait alors faire un rŽfŽrendum. Or il se trouve que celui que l'on appelle l' "omniprŽsident" a peur du rŽfŽrendum, cette arme traditionnelle des chefs d'Etat de la V¡ RŽpublique : talon d'Achille qui prouve qu'il n'est pas parvenu encore ˆ ses fins, que le rapport de force global n'a pas ŽtŽ brisŽ contre la majoritŽ sociale du pays. Par consŽquent, une dŽfaite de Sarkozy le 4 fŽvrier aurait un effet levier pour tous les combats contre sa politique, dont le vrai but ne saurait tre de le faire reculer, mais de le dŽfaire, de le chasser, d'ouvrir la voie ˆ la dŽmocratie !

Le choix dŽpend du Parti socialiste. La majoritŽ des Žlecteurs de ce parti a votŽ Non en 2005, et beaucoup de ceux qui avaient votŽ Oui ont compris qu'ils s'Žtaient fait avoir. Aucun doute : si la direction du Parti socialiste dŽcidait de combattre rŽellement Sarkozy, toute la situation s'inverserait, et c'est le 4 fŽvrier qu'elle s'inverserait.

Mais soyons clairs : c'est prŽcisŽment pour cela que la direction du Parti socialiste et de son groupe parlementaire, piŽtinant au passage, une fois de plus, leurs propres statuts et leurs propres engagements (notamment ceux de la "synthse" faite contre le peuple de gauche au dernier congrs du PS, fin 2005) a dŽcidŽ d'aider Sarkozy en demandant aux dŽputŽs et sŽnateurs PS de ne pas se rendre au congrs le 4 fŽvrier, afin qu'il ait, parmi les prŽsents, les trois cinquimes des suffrages qui lui sont nŽcessaires.

Il importe d'tre trs clair sur ce point et de ne pas laisser les Ayrault, les Hollande et les Montebourg nous endormir avec une soi-disant radicalitŽ qui consisterait ˆ boycotter les initiatives de Sarkozy : ce n'est pas du boycott, c'est de la dŽsertion, de la trahison assumŽe, dŽlibŽrŽe, consciente, pour aider Sarkozy.

Maintenant, ATTENTION : cette dŽcision ne signifie pas que les carottes seraient cuites.

Bien entendu elle peut dŽcourager des militants (Elle est faite pour a !) qui se diront que dans ces conditions Sarkozy aura ses trois cinquimes.

Pourtant elle montre la fragilitŽ de tout ce dispositif. Elle montre que si la direction du PS ne tentait pas d'empcher les parlementaires PS de se rendre ˆ Versailles le 4 fŽvrier, elle ne serait pas certaine de leur vote. Parce qu'ils ont des Žlecteurs, parce qu'ils ont ŽtŽ Žlus contre Sarkozy, parce que leur base sociale et Žlectorale a votŽ majoritairement Non en 2005, ils sont rŽceptifs et fragiles ˆ une pression organisŽe, qu'il faut organiser. Certains ont mme des convictions : Marc Dolez a immŽdiatement dŽclarŽ qu'il irait voter Non. Jean-Luc MŽlenchon, Laurent Fabius feront de mme. Comme chaque voix compte, pour ou contre Sarkozy, Manuell Valls, Jack Lang et compagnie ont dŽcidŽ d'aller voter Oui. Les socialistes cherchant ˆ tre socialistes d'un c™tŽ, les "socialistes" de Sarkozy de l'autre. Pendant ce temps, SŽgolne Royal rŽappara”t sur les ondes ... pour aborder d'autres sujets.

Donc soyons clairs lˆ aussi : dire que les carottes sont cuites, en faisant une croix tout de suite sur le vote des parlementaires PS, c'est aider la direction du PS ˆ aider Sarkozy. La question n'est pas de savoir si la "nature du PS", cette grue mŽtaphysique, est compltement blairiste, sŽgolŽnisŽe ou non, et de se gargariser de ce triste spectacle. La question concerne la vie, le porte-monnaie et la dignitŽ de millions de travailleurs : ou Sarkozy continue ˆ aller de l'avant, ou on l'arrte. C'est dans cette bataille lˆ et pas ailleurs que les comptes seront rŽglŽs avec les mauvais bergers, ceux du PS et les autres aussi dans le reste de la gauche et des syndicats.

Alors, au combat. Il reste trois semaines et demie. Elles peuvent tre dŽcisives.

Oui, nous pouvons GAGNER sur cette question, et mme si nous ne gagnons pas sur le vote du 4 fŽvrier, nous pouvons en faire un ŽlŽment important de regroupement et de recomposition pour prŽparer la suite de la bataille, pour dŽfaire Sarkozy !

Documents.

Le boycott du congrs,

une dŽcision antidŽmocratique contraire aux valeurs de notre parti

Une rŽaction collective forte, audible, est urgente

Le 1er secrŽtaire du Parti socialiste Franois Hollande, vient de dŽcider seul, sans la moindre consultation, ni des militants, ni des parlementaires, ni des dirigeants socialistes, dÕopter pour le boycott du congrs de Versailles.

Outre cette absence de dŽmocratie interne au parti, cette position est celle de la trahison. Trahison envers le peuple de gauche vis ˆ vis duquel nous nous sommes engagŽs pour un rŽfŽrendum, trahison envers les socialistes puisque la synthse au congrs du Mans sÕest accompagnŽe de lÕengagement ˆ un rŽfŽrendum.

En effet les parlementaires de gauche peuvent, sÕils votent tous contre la rŽvision constitutionnelle au congrs, empcher la majoritŽ des 3/5me et ainsi obliger Nicolas Sarkozy ˆ un rŽfŽrendum.

Sur une question aussi fondamentale, Franois Hollande voudrait donc faire croire que les socialistes sont en opposition ˆ Sarkozy, par le boycott du congrs, tout en sachant que cÕest justement leur absence de vote qui permettra ˆ Sarkozy de lÕemporter au congrs et donc de procŽder ˆ une ratification parlementaire et non rŽfŽrendaire.

A ce stade lÕinsupportable est atteint.

Les franais, sont, contrairement au temps de la campagne sur le traitŽ constitutionnel, trs mal informŽs ˆ lÕheure actuelle, aussi bien sur le traitŽ de Lisbonne que sur la possibilitŽ dÕimposer un rŽfŽrendum.

Mais les franais ne sont pas des imbŽciles, ils dŽcouvriront la duplicitŽ du PS lorsque cela sera trop tard et seront alors pour longtemps ŽcÏurŽs, et lÕon sait la gravitŽ de ce que peut entra”ner lÕŽcÏurement.

LÕenjeu des semaines ˆ venir est considŽrable, tant pour lÕexigence dŽmocratique fondamentale que pour lÕavenir de lÕEurope et celui du PS.

Socialiste, fire de lÕtre, jÕattends et jÕespre avec plus que de lÕimpatience, une rŽaction collective forte, audible, de la part de tous les socialistes opposŽs ˆ cette grave trahison. La premire condition de la rŽnovation de notre parti passe par cette Žtape qui nÕest pas encore perdue.

CÕest pourquoi jÕappelle tous les socialistes attachŽs ˆ la morale politique et ˆ la dŽmocratie, quÕils soient favorables au Ç oui È ou au Ç non È sur le traitŽ de Lisbonne ˆ signer, en urgence le texte ci-joint en me le retournant avec leur accord. Il sera retransmis sous 8 jours au 1er secrŽtaire national, aux parlementaires socialistes et ˆ toutes les fŽdŽrations socialistes.

Aucun combat socialiste ne peut sÕaffranchir de la dignitŽ,

Elisabeth Dumont-Maurel,

Premire secrŽtaire adjointe de la fŽdŽration socialiste de l'Allier.

* * *

"TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008", MAIS QUÕEST-CE DONC QUE CE SITE ?

Par LL le vendredi 4 janvier 2008, 15:55 –

http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr/

Bonjour ˆ toutes et ˆ tous,

Le 4 fŽvrier 2008, les parlementaires franais rŽunis en Congrs ˆ Versailles, vont devoir voter pour ou contre la modification de la Constitution permettant la ratification dŽfinitive du TraitŽ europŽen de Lisbonne ("mini traitŽ") impulsŽ par N. Sarkozy et A. Merkel.

C'est le choix qui a ŽtŽ fait par le Gouvernement franais, appuyŽ par de nombreux parlementaires, pour revenir sur notre vote du 29 mai 2005 sans risque.

Comme l'a dit lui-mme N. Sarkozy, on sait bien qu'un nouveau rŽfŽrendum pourrait apporter une nouvelle victoire du "NON" ˆ l'Europe libŽrale et capitaliste.

Il faut une majoritŽ des 3/5 au Congrs pour que cette ratification soit votŽe. L'UMP n'a pas, ˆ elle seule, cette majoritŽ qualifiŽe.

Le groupe du PS (le groupe le plus important dans l'opposition) peut donc, avec quelques autres, faire basculer le sens du vote. Or, ˆ ce jour, le PS a choisi de plier devant N. Sarkozy et a pour l'instant dŽcrŽtŽ de voter pour cette ratification lors du Congrs.

Cela est inacceptable et il faut donc nous manifester pour rappeler aux Žlus notre vote du 29 mai 2005.

Ce site Internet est donc une plateforme logistique, crŽŽe pour rŽunir et fŽdŽrer les sans-culottes de France et de Navarre qui souhaitent participer ˆ une manifestation citoyenne le 4 fŽvrier 2008.

Il s'agit, pour les initiateurs de ce site, de permettre le rassemblement du plus grand nombre le "Jour J" du Congrs (AssemblŽe Nationale et SŽnat rŽunis ˆ Versailles selon l'article 89 de la Constitution de 1958), pour faire entendre notre voix et demander que soit respectŽ notre choix du 29 mai 2005.

Il s'agit de s'opposer, en se manifestement physiquement, ˆ ce que le Congrs ratifie le TraitŽ de Lisbonne, pour contraindre le Gouvernement ˆ nous soumettre ce texte par la voie rŽfŽrendaire.

Les mots d'ordre, drapeaux et couleurs, des participants ˆ cette manifestation du 4 fŽvrier 2008 seront ensuite "ˆ la charge" des organisations, partis , individus, respectivement concernŽs, mais il va de soi qu'ils seront tous tournŽs vers un seul objectif: ++ Non ˆ la ratification en Congrs, oui au rŽfŽrendum populaire! Respectez notre "NON++

"TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008" se propose donc simplement de tout mettre en Ïuvre pour permettre au plus grand nombre d'entre nous de se retrouver en fin de matinŽe le 4 fŽvrier 2008 ˆ Versailles face aux Žlus du peuple, quand ils devront engager leur voix sur un acte aussi grave.

C'est notre combat commun, c'est un combat de la gauche rŽpublicaine et dŽmocrate, il transcende les clivages et les partis.

Aussi, nous vous engageons ˆ vous inscrire ici, par rŽgion, et ˆ nous envoyer un mail prŽcisant notamment:

- le nombre de participants

- la somme allouŽe ˆ la participation

- le lieu souhaitŽ pour un passage en car ou un co-voiturage ou un compartiment de train (si pas assez de personnes pour louer un car)

Les responsables des rŽgions prendront contact avec vous le plus rapidement possible. Votre engagement sera ferme et dŽfinitif une fois ce contact pris.

Faites passer le message et retrouvons nous nombreux/ses.

Salut et fraternitŽ

 

* * * * * *

Un accord inquiŽtant.

Aider Sarkozy, c'est non seulement ce que ses chefs voudraient faire faire au groupe parlementaire socialiste le 4 fŽvrier, mais c'est ce que font les reprŽsentants des confŽdŽrations syndicales en se rendant ˆ des nŽgociations interprofessionnelles dont il se confirme amplement qu'elle se dŽroulent sur la base des revendications du MEDEF (qui sont aussi celles du gouvernement).

C'est ainsi que la presse salue le "tournant social" (Le Monde) que serait la validation d'un accord confŽdŽrations-patronat sur la "modernisation du marchŽ du travail".

CFDT, CFTC et CFE-CGE s'apprtent ˆ signer un accord qui, anticipant sur les intentions gouvernementales, introduit plusieurs nouveautŽs dangereuses, notamment :

1¡) La crŽation d'une nouvelle modalitŽ de rupture du contrat de travail (en plus du licenciement et de la dŽmission) reposant sur un "accord amiable" entre le salariŽ et l'employeur. Mme si cette mesure est encore dans un cadre trs limitŽ, c'est une innovation juridique majeure que Mme Parisot salue ˆ sa juste valeur : la fiction d'une ŽgalitŽ employeur-employŽ et de relations individuelles entre eux est rŽintroduite dans le droit, contre ce qui est l'essence mme du droit du travail dont le principe consiste ˆ compenser les effets de la subordination rŽelle, Žconomique et juridique, des salariŽs aux patrons. Loin de les mettre ˆ ŽgalitŽ, cette fiction vise ˆ livrer le salariŽs individuel pieds et points liŽs ˆ ses employeurs.

2¡) Le CDD "pour objet dŽfini", correspondant non ˆ un mŽtier, non ˆ une qualification, mais ˆ une mission prŽcise, est introduit dans l'accord : c'est le premier pas, concernant ˆ ce stade surtout les cadres et techniciens, vers le "contrat unique de travail" du MEDEF et de Fillon qui veulent remplacer les CDI par des contrats correspondant ˆ des "missions" (quand ta mission est effectuŽe, t'es renvoyŽ).

3¡) La crŽation de pŽriodes d'essai au niveau interprofessionnel et pas seulement dans les branches, de 1 ˆ 2 mois renouvelables par accords de branche jusqu'ˆ 4 mois pour les ouvriers et les employŽs, de 2 ˆ 3 mois renouvelables par accords de branche jusqu'ˆ 6 mois pour les agents de ma”trise et les techniciens, et de 3 ˆ 4 mois renouvelables de mme jusqu'ˆ 8 mois pour les cadres. Le recul patronal en dernire minute sur la durŽe de ces pŽriodes a ŽtŽ la manoeuvre qui a permis de dire que le patronat aurait fait des concessions rendant l'accord signable par certains, ce qui montre bien au passage que ces "nŽgociations" se faisaient sur la base des exigences des patrons.

4¡) En matire d'orientation professionnelle, les "partenaires sociaux" exigent, de fait ˆ l'encontre du service public de l'information et de l'orientation des Žlves, collŽgiens, lycŽens et Žtudiants, que les entreprises interviennent systŽmatiquement dans l'Žcole. Notons que ce point a ŽtŽ approuvŽ par toutes les confŽdŽrations de salariŽs conviŽes ...

Alors, certes, la premire phrase du texte est : "Le contrat ˆ durŽe indŽterminŽe est la forme normale et gŽnŽrale du contrat de travail.", mais la stratŽgie du MEDEF ne consiste plus ˆ remplacer les CDI par d'autres contrats type CNE ou CPE, mais ˆ vider le CDI de son contenu en le prŽcarisant au maximum, et l'on voit que des pas concrets sont faits en ce sens.

Il est bon que la CGT fasse savoir qu'elle ne signera pas cet accord, mais elle n'aurait pas du participer ˆ tout le processus qui y a abouti et qui, en l'absence de rapport de force crŽŽ par la grve dans les entreprises privŽes -o pourtant les grves sur les salaires ne manquent pas- a lŽgitimŽ l'accord qui risque d'tre signŽ.

De mme, c'est un enjeu : la CGT-Force Ouvrire elle non plus ne doit pas signer !

On remarque d'ailleurs que dans le communiquŽ confŽdŽral de la CGT, il est dŽplorŽ que l'accord soit simplement "dŽsŽquilibrŽ," comme si un Žquilibre, un donnant-donnant, un "gagnant-gagnant", "Žtait concevable dans de telles "nŽgociations" engagŽes sur la base des revendications patronales et sous la pression du gouvernement du mme patronat.

Dans ces conditions les "commentateurs sociaux" jugent visiblement bŽnin qu'au final, CGT et Žventuellement FO ne signent pas, l'essentiel Žtant pour eux ˆ ce stade qu'elles aient participŽ.

Il en va autrement pour nous : nous devons faire de la non-signature de la CGT, de celle que l'on est en droit d'attendre de FO, un point d'appui contre le principe mme de telles "nŽgociations". Si nŽgociation aujourd'hui il doit y avoir, c'est pour hausser les salaires et contenir les heures sup', sur la base d'un rapport de force construit par la grve.

UNITE pour :

- la hausse des salaires et pas des heures sup', et les embauches correspondant aux besoins !

- l'unification et l'extension de toutes les grves pour les salaires, par sites, par branches, au niveau interprofessionnel !

- la dŽfense du contrat de travail ˆ durŽe indŽterminŽe : oui aux mŽtiers, non aux missions temporaires !

- l'abrogation de la loi anti-grve dans les transports publics et le refus de son extension ˆ d'autres secteurs comme les Žcoles.

- la rŽgularisation de tous les travailleurs sans papiers.

* * *

LE MAI 68 SOCIAL ET POLITIQUE NI UNE PARENTHESE...NI UN ACCIDENT

Note de lecture sur le livre de GŽrard Filoche Ç Mai 68, histoire sans fin È

Le lecteur nÕa aucun rŽpit, il est entra”nŽ par lÕauteur dans le mouvement social prŽlude ˆ Mai-juin 68 puis il participe aux manifestations, aux assemblŽes gŽnŽrales et ˆ la grve gŽnŽrale avant de poursuivre son chemin. JÕai bien essayŽ dÕabandonner un peu la lecture pour une pause mais ce nÕŽtait pas possible.

LÕengagement politique de GŽrard Filoche commence trs jeune pour se poursuivre aujourdÕhui dans un autre cadre mais avec un mme objectif celui de changer la sociŽtŽ et de mettre fin au systme de la finance, de lÕŽlitisme et de lÕexclusion.

JÕai moi aussi, ˆ mon niveau plus modeste connu le mme engagement, eu les mmes doutes sur la ligne adoptŽe par la Ligue communiste...Mais jÕavoue quÕˆ la diffŽrence de GŽrard Filoche, cÕest trs t™t que jÕai rompu le centralisme dŽmocratique et ceci plusieurs fois.

Le livre est chaleureux, humain et lÕauteur ne jette pas la pierre ˆ lÕextrme gauche rŽvolutionnaire et trotskiste. Il rappelle et explique que ce sont les appareils syndicaux et politiques et notamment le PCF quand il Žtait tout puissant qui ont tout fait pour mettre fin ˆ la grande grve et pour casser de nombreux mouvements.

Oui effectivement et GŽrard Filoche le souligne dans son histoire sans fin, lÕerreur de la Ligue fut la fuite en avant, le refus pendant longtemps de faire un travail de masse dans lÕUNEF et mme dans les syndicats ouvriers.

La dimension internationale est lˆ, prŽsente fortement avec les analyses parfois surprenantes comme celle qui consiste pour la IVe internationale officielle ˆ pr™ner la guŽrilla en AmŽrique latine, ˆ soutenir inconditionnellement tout mouvement dit rŽvolutionnaire et par extension dŽfendre en France mme une orientation de fuite en avant en direction de lÕavant garde large.

LÕabsence de dŽbouchŽ politique pendant quatre ans aprs la grande grve Žtait terminŽe, lÕunion de la gauche, bien prŽsente allait rŽussir ˆ fournir une issue en 1981 pendant que la Ligue Communiste RŽvolutionnaire Žtait incapable de mener une politique de front unique...

Si lÕauteur nÕest pas tendre avec la direction de la Ligue, il sait o est son camp et explique clairement Ç ˆ quoi servent les sociaux-libŽraux, nŽo-centristes : ils produisent des Ç livres blancs È qui servent dÕalibi ˆ la droite ˆ mettre en route les pires projets... È

Les trente annŽes qui sÕŽtalent de 1964 ˆ 1994, date du dŽpart forcŽ de GŽrard Filoche et ses camarades au PS puisquÕils devenaient Ç hors normes È sont riches en luttes Žtudiantes et de la classe ouvrire.

GŽrard Filoche explique ce non choix, consŽquence dÕune exclusion qui ne disait pas son nom : Ç Nous ne voulions surtout pas crŽer un Žnime groupe trotskiste. Nous voulions enfin rŽaliser ce que nous recherchions depuis le dŽbut : tre au coeur de la gauche et non pas ˆ sa marge. È

Ce livre est passionnant et jÕattends avec impatience le tome 2 avec le bilan que lÕauteur tire de 14 ans au PS et les perspectives quÕil peut tracer aujourdÕhui... Le PS a t-il encore un avenir ?

Jean-Franois CHALOT (77)

 

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