textes prparatoires
assemble gnrale
samedi 8 mars 2008
1Ħ) contribution de SB
2Ħ) contribution de VP
3Ħ) contribution de RD
4Ħ) contribution de FF
5Ħ) contribution de CB
6Ħ) annexes
Contribution
pour lĠassemble gnrale du MILITANT du 8 mars 2008 Paris
Par
SB (Allier)
En 2002 Moulins, petite ville de lĠAllier, un noyau de
4/5 personnes exprimaient publiquement leur sentiment dĠurgence dans un tract
intitul Ç lĠheure du regroupement a sonn È.
Contacts par VP et moi-mme lors des meetings dĠentre les
2 tours de prsidentielles de 2002 opposant Chirac Le Pen, ces ex militants
du PCF et du PS posaient la question qui est toujours lĠordre du jour en 2008 :
repenser la vie politique gauche, trouver une issue la crise profonde dans laquelle
est plac le mouvement ouvrier aprs 20 ans de programme commun, de
cohabitation, de gauche plurielle dont les alliances PS/PC/verts ont davantage
servi au maintien des dominants quĠau soutien des domins.
Depuis 1981 la bourse nĠa cess de grimper tandis que les
usines fermaient, la prcarit sĠinstallait, la masse des exclus (sans
logement, sans travail, sans-papiers) gonflait. Et pourtant dĠimportantes
luttes sociales tmoignent de la rsistance aux attaques du patronat et des
gouvernants leurs bottes. En 1995 grandes grves contre le plan Jupp, en
2003 contre les retraites, en 2006 contre le CPE impos la jeunesse. Immenses
cortges de millions de personnes. La rue cĠest la rvolte clatant comme une
fleur en plein air et en pleine lumire. Mais en 2005 lors du rfrendum contre
la constitution europenne, ce sont les racines profondes de la conscience
collective qui sĠest dvoile alors que chacun tait isol avec son bulletin de
vote malgr les tls, radios, journaux dversant mensonges pour les tromper. Quand le mouvement en surface
reflue, il y a repli pour puiser dans les racines les forces manquantes pour
repartir. La lutte des classes est un mouvement mais pas celui naturel et
immuable de la mare parce que ce sont des hommes agissant et cette action
pourrait aller beaucoup plus de lĠavant si elle nĠtait pas endigue comme en
2006 o le gouvernement Villepin vacillant a t protg par les appareils
politiques dvoyant vers un vote de confiance pour le mois suivant et les
centrales syndicales qui nĠont pas voulu appeler une centralisation nationale
sur Paris se contentant du rejet du CPE dans les conditions de pourrissement
politique que lĠon sait (Chirac promulgue la loi dclarant quĠelle ne sĠappliquera
pas) et laissant subsister le CNE. On nous disait Ç cĠest trop tt,
attendons les lections prsidentielles de 2007 È. On a vu : aprs
Chirac port par les partis de gauche en 2002, voici Sarkosy port par une
droite offensive et couverte par une gauche molle.
Oui, en 2008 comme en 2002 se pose toujours avec autant dĠacuit
la question de la reprsentation politique, celle du plus grand nombre, celle
qui produit des richesses pour les autres, bien plus faibles numriquement et
qui ont besoin dĠinstitutions pour les conforter, dĠEtat, de police, dĠarme et
mme dĠglise pour les protger. La justice ! il nĠy a quĠ voir comment
les marchands dĠenfants africains de lĠArche de No vont sĠen sortir alors que
des jeunes lycens ont t dfrs en comparution immdiate avec peine de prison
aprs des manifestations.
Cette question de notre reprsentation politique pour dcider
des affaires du pays, de la politique sanitaire et sociale, de lĠducation, du
mode de production conomique et de distribution des marchandises est centrale.
Comment expliquer quĠavec un score de 10% au 1er
tour de la prsidentielles de 2002 que lĠextrme gauche nĠait pas capitalis
cette dfiance de la politique de la gauche plurielle ? La dsagrgation
de cette extrme gauche aux dernires prsidentielles de 2007 et les grandes
annonces de nouveaux partis (PT et LCR) ne permettent pas dĠy voir plus clair
aux yeux du plus grand nombre.
Que vit-on aujourdĠhui ? LĠeffondrement du parti
communiste franais suivant celui du mur de Berlin et payant sa collaboration
dans les gouvernements de la gauche plurielle. Un parti socialiste dont lĠoligarchie
sa tte imprime une nette orientation droitire concrtise par les
transfuges chez Sarkosy et lĠouverture au MODEM. En Allemagne, aprs une
majorit gauche du SPD et du Linskpartei, le SPD a prfr sĠallier la
droite dĠAngela Merkel pour faire passer les plans dĠaustrit. Partout en
Europe les alliances de la sociale dmocratie avec la droite barre la route lĠexpression
indpendante des travailleurs. En France les verts sont clats en divers
groupes cologiques, ce qui tait prvisible de par leur nature originelle,
petits appendices oscillant par manque de colonne vertbrale politique et conomique.
Dilution de mouvements parses tel lĠalter mondialisme, les OGM, la taxe Tobbin
dĠAttac en passant par les mariages homosexuels tenant plus de phnomnes de
modes comme il y eu les babas cool et les hyppies de 1968, les dfenseurs du
Larzac en 1970 mais sans ancrage profond dans la classe ouvrire, loin de la
durabilit dĠun parti organis. Ne croyez pas que je suis indiffrente aux
problmes de pollution de la plante, aux populations vivant dans un grand dnuement
en Afrique, en Asie, en Amrique du sud ou encore aux droits des femmes et plus
gnralement chaque individu de vivre sa vie sentimentale et sa sexualit
librement. Non, mais je crois quĠon ne peut pas segmenter ces questions sous
peine de se perdre. JĠy ai ctoy
des amis qui ont trouv refuge dans ces organismes par dgot des partis
politiques.
Il y a donc des constats faire, honntement, sans
complaisance afin dĠy voir plus clair.
Non pas pour dnoncer les mchants, les tratres en se
considrant avant-garde forcment claire. Mais dire les choses, les analyser,
confronter nos perspectives pour dpasser ce bourbier dans lequel nous sommes
tous plongs. Personnellement, je ne crois pas au surgissement dĠun parti
ouvrier venu du nant. Ni non plus ces partis qui accouchent dĠeux-mmes avec
un autre nom. Bien quĠtant assez pessimiste sur la situation, je crois plutt
quĠil faut exploiter la matire premire existante, celle de milliers de
militants engags dans des syndicats, les partis, les associations et la
transformer en rassemblement de
forces dpassant les
clivages de nos syndicats et partis pour esprer rebtir le mouvement ouvrier
dans une forme dĠorganisation qui reste trouver.
A Moulins ce petit noyau constitu en 2002 a permis de
tisser les liens entre militants qui se seraient regards en chiens de faence
autrefois grce aux actions unitaires que nous avons ralises sur le terrain :
intersyndicales, AG de dbats aprs manifestations, campagne pour le non en
2005, meeting sur la prcarit juste avant le CPE, campagne actuelle sur le rfrendum
du trait de Lisbonne, action syndicale unitaire sur le mot dĠordre Ç tous
ensemble public/priv È alors quĠ Montluon ou Vichy les mots dĠordre des
confdrations sĠimposaient sans discussion. Les distributions de tracts aux
usines, aux marchs, les organisations de meeting comme le dernier avec Marc Dolez
(PS) et Pierre Zarka (PCF) nous mlent ensemble dans le militantisme de terrain
et facilite nos changes, plus fraternels, plus ouverts ; des militants du
PCF sĠinterrogeant sur le devenir de leur parti publiquement sans gne comme tant
un lment de discussion non rserv aux adhrents mais intressant lĠensemble
des participants. La demande de solution dpasse les bornes des partis et elle
est dĠautant plus forte quĠon se sent impuissant devant les attaques du
pouvoir. Bien sr a et l il y a des piques sur lĠorientation de tel ou tel
parti en dehors du sien auquel on est attach. Mais pas dĠattaques violentes et
personnelles mais lĠamorce dĠun dbat de fond mmes sous forme de polmique et
de reproche de la faute sur lĠautre. Si ceci est infime lĠchelle de la
France mais existe certainement ailleurs a et l, il faut le comprendre comme
le sens dĠune dmarche profonde dont lĠaction unitaire lors dĠvnements
sociaux constitue des tapes vers lĠouverture au dbat politique.
LĠtape suivante est celle que nous vivons aujourdĠhui
dans cette assemble gnrale du Militant Paris. Prenniser travers une
structure, certes petite, la convergence de militants pour trouver ensemble et
en grandissant les voies pour renverser ce systme capitaliste car le temps du
rformisme est rvolu, plus dĠavance sociales possibles mais obligation de se
battre pour dj conserver les acquis sociaux.
Si nous avons ide de ce qui a failli, nous nĠavons pas dĠide
gniale, prte pour emploi, de ce qui faut mettre en Ïuvre. Clamer un but, ce nĠest
pas tout, chanter lĠinternationale et lever le poing ce nĠest pas tout. Le plus
difficile est de savoir comment sĠy prendre au niveau des institutions, au
niveau des reprsentations dmocratiques, au niveau de lĠappropriation des
moyens de productions, au niveau de la distribution des marchandises.
Personnellement je rfute la dictature du proltariat au sens de la dictature dĠun
parti rvolutionnaire qui finit par ne plus lĠtre et dpossder la classe
ouvrire. Le proltariat nĠa jamais gouvern et t matre de sa destine. Je
crains galement les chaos des guerres civiles. Le seul espoir que je fonde est
dans des formes dĠorganisation ayant pouvoir mais lu et rvocable, des contrles
ouvriers dans les entreprises, des comits de quartier, dont le socle serait lĠlection
de dlgus chargs dĠtablir une Constitution fondant une Rpublique sociale.
Rgles dĠabolition de la proprit prive et dĠorganisation communautaire
respectant les droits humains et non plus lĠargent et le profit. A chaque fois
les masses populaires se sont vu confisquer le pouvoir acquis de haute lutte,
comment ne pas reproduire les mmes erreurs, est-ce inluctable ?
Pour viter les erreurs de lĠhistoire, alors que nous
abordons un sicle nouveau, il nous faut trouver un systme de reprsentation rellement
dmocratique, pas celle que nous connaissons avec un homme ou une femme lus
pour 5 ou 6 ans qui nĠen a cure de ses lecteurs et se complaisent dans la
gestion feutre o les dits opposants politiques sont cul et chemise.
Dfaire un systme ne peut sĠenvisager sans des bases de
reconstruction au niveau national puisque nous vivons ici en France mais aussi
par la solidarit internationale car notre ennemi le capitalisme nĠa pas de
frontire. Il ne sĠagit pas de concocter un super programme rvolutionnaire
avec des mesures toutes faites, il faut des objectifs mais je ferai plus confiance des professionnels et la
population pour trouver les bonnes rponses dans les domaines de la sant, de lĠhabitat,
de lĠducation et de la vie en gnral plutt quĠ un rvolutionnaire patent.
JĠespre que cette assemble gnrale sera riche en dbats
et en projection dĠaction.
Moulins, le 8 fvrier 2008.
* * *
Rapport
politique pour l'assemble gnrale du Militant.
Introduction.
Raymond a propos que je rdige
pour l'AG du Militant des intros sur les perspectives politiques ainsi que sur
la campagne droit de grve et si possible sur le PS et sur la FSU, sans oublier
l' "intergroupe". Je vais le faire ici, mais en globalisant.
Je me trouve en effet pour
l'instant dans une posture un peu particulire. Nous avons fait ou refait
connaissance travers des runions parisiennes impulses par la Lettre de
Liaisons sur les questions politiques centrales du moment, avons constat une
approche commune au plan de la mthode, par del des diffrences d'histoires
militantes et de culture qui, dans ce contexte, devenaient des richesses
mettre en commun, et donc finalement la Lettre de Liaisons et le Militant ont
fusionn, c'est--dire qu'tant donn la ralit, trs tnue, du regroupement
autour de la Lettre de Liaisons, nous sommes entrs dans le Militant avec la
joie de faire connaissance d'un milieu de camarades plus nombreux et plus varis,
et en apportant notre "bagage", savoir essentiellement la lettre
elle-mme et l'habitude prise d'une publication lectronique rgulire.
En tant le principal rdacteur,
je me pose parfois des questions en l'crivant : est-ce que toute cette bande,
o nous ne nous connaissons pas encore tous loin de l puisqu'on habite,
travaille et milite dans des lieux et des milieux diffrents et parfois loigns,
est d'accord sur le fond, n'est pas rebute par la forme, est-ce qu'ils la
lisent temps et ne sont pas un peu "court-circuits" ? Mais en mme
temps dois-je m'autolimiter alors qu'il me semble ncessaire, que dis-je,
indispensable, de dire cela, de donner telle info, telle apprciation, etc. ?
Je me posais dj ces
questions dans le cadre de l'ancien groupe informel qui s'tait quand mme form
de fait autour de l'ancienne lettre de Liaisons, mais l, il y a plus de monde
concern. Je prcise que ce que je dis l n'est pas du tout critique ; il tait
invitable qu'on passe par cette tape et l'AG du 8 mars est donc importante
aussi, beaucoup, tout simplement pour avoir cette connaissance physique directe
entre nous absolument ncessaire. Car notre diversit est une richesse mais
cela condition videmment qu'il y ait change.
Qu'est-ce que le
Militant ?
C'est une association libre
de militants (comme son nom l'indique ! ) qui partagent me semble-t'il quelques
points trs importants :
1) l'anticapitalisme,
2) la conviction qu'il
faudrait, au plan national et international, que les exploits et les opprims
aient des organisations eux, qui les reprsentent rellement, pour combattre
et dfaire le capitalisme,
3) la conscience qu'aucune
des organisations existantes issues des traditions notamment socialiste,
communiste, syndicaliste et trotskyste, ne rpond ce besoin,
4) la conscience aussi que
ce n'est pas en se proclamant "le" groupe qui va rsoudre ce problme,
"embryon du parti rvolutionnaire" selon la formule consacre, qu'on
le rsoudra, au contraire,
5) et donc qu'il est lgitime,
utile et ncessaire de s'associer pour travailler ensemble sa rsolution, par
l'action commune et la libre discussion, tout en pouvant appartenir telle ou
telle des organisations politiques existantes comme le PS ou le PCF (c'est mme
assez conseill car cela peut tre une condition d'efficacit), et ncessairement,
autant que possible si l'on a du travail ou qu'on en cherche, aux syndicats, et
aider des associations ad hoc construites par les exploits et opprims eux-mmes
chaque fois que ncessaire.
Tous ne le formuleraient
peut-tre pas exactement ainsi, mais il me semble qu'en gros le Militant c'est a.
Ce qu'il faut bien saisir c'est ce qu'a de particulier cette manire de
s'associer. En effet les 3 premiers points ci-dessus sont partags par un
nombre considrable de personnes, je serai presque tent de dire qu'ils sont
majoritaires, en fait. Les points 4 et 5 par contre traduisent la volont qui dcoule
de la prise de conscience de cette ralit : qu'il faut l'incarner dans une
organisation tout en faisant attention ne pas faire de celle-ci un but en soi
et donc un obstacle, car le but est d'aider toute notre classe s'organiser.
Nous sommes donc un groupe
trs particulier cause prcisment de son non-sectarisme.
La mthode.
A partir de l quelle
perspective ?
La question clef c'est que
les aspirations et les revendications des exploits et des opprims ont besoin
de s'unifier, pour se renforcer mutuellement contre l'adversaire commun, et que
l'adversaire commun, certes il a de multiples visages, mais nous ne devons
jamais oublier son tat-major principal : l'Etat, donc le pouvoir central de
l'Etat, donc ... en France, la prsidence de la Rpublique !
Prcisons : quand des
salaris se battent contre un patron particulier, ils se battent en fait, mme
s'ils ne s'en rendent pas toujours compte au dbut, contre le patronat dans son
ensemble car la plus-value est rpartie l'chelle de tout le patronat. Mais
cette rpartition et les conditions de l'exploitation sur laquelle elle est
fonde sont garanties et reproduites par les Etats. Pas de capital sans Etats
(contrairement ce que croient les libraux ; notons que cette comprhension
va aussi l'encontre de l'idologie antilibrale ou rgulationniste qui veut
se protger du capital tout en le gardant, au moyen de l'Etat).
Si l'on veut avancer vers
le regroupement des exploits et des opprims sur leurs intrts communs, on ne
doit pas parler leur place mais essayer de leur permettre de s'exprimer et de
s'organiser par eux-mmes. C'est d'ailleurs l-dessus que les camarades qui ont
mont et anim l'Association Populaire d'Entraide ont une exprience prcieuse.
Pour pouvoir faire cela le
mieux possible, ce que nous avons de spcifique faire c'est d'aiguiller, de
polariser, de radicaliser, de centraliser le mouvement des exploits et des
opprims, qui existe de toute faon indpendemment de nous sans qu'on ait le
"pousser", contre le pouvoir central du capital exprim dans l'Etat.
C'est comme a que finalement on unifie rellement. Ce fil plomb signifie
chercher un dbouch politique au niveau de l'Etat, du pouvoir.
Je crois que c'est cela
l'apport de la lettre de Liaisons ; si la lettre de Liaisons tait arriv
jouer un rle et avoir parfois une influence disproportionne par rapport
sa force relle c'est cause de sa continuit poser la question du pouvoir :
ds 2000 nous dfendions la rupture Chirac-Jospin tout en combattant la
politique du gouvernement Jospin, en 2002 pour dfaire Chirac aux prsidentielles
puis contre le vote Chirac au second tour, pour le regroupement contre Le Pen,
Chirac et la VĦRpublique, puis pour la grve gnrale en 2003 et le combat
pour chasser Chirac-Raffarin-Villepin-Sarkozy, le Non au rfrendum en 2005, le
combat pour une monte nationale contre le pouvoir pendant le mouvement contre
le CPE en 2006, pour une vraie candidature unifiant la gauche puis pour le vote
Royal par dfaut aux prsidentielles de 2007, et maintenant pour "dfaire
Sarkozy".
Mais la lettre de Liaisons
c'tait un peu un fil plomb sans chair ni consistance autour de lui. Il faut
les deux, le fil plomb et la chair, les interventions concrtes dans des
terrains concrets qui nourrissent le fil plomb, et le fil plomb qui donne
la perspective et fait de chaque intervention concrte non une fin en soi, mais
un maillon par rapport un dveloppement futur souhait. Il faut plus que les
deux, il faut l'unit des deux, se transformant par leur change mutuel.
Cela signifie un axe
politique : dfaire Sarkozy ; prparer un affrontement
d'ensemble pour en dcoudre, non pas pour "faire reculer le
gouvernement" ( ce qui peut toujours tre obtenu en cours de route, mais
seulement en cours de route) mais pour le chasser, avant l'chance de 2012 car
se contenter d'attendre 2012 c'est donner Sarkozy le temps qu'a eu Thatcher
pour briser le salariat. En mme temps nous ne sommes pas des gauchistes anti-lections
: c'est justement ce combat immdiat qui seul peut aussi prparer srieusement
les chances lectorales, car empcher maintenant le regroupement pour en dcoudre
avec Sarkozy dans la lutte sociale directe, conduirait le moment venu lors des lections
la division et l' "ouverture" et donc faire encore le jeu de la
droite et du patronat.
Comme mthode, bien entendu
il ne s'agit pas de jouer la bande d'excits qui veulent chasser Sarkozy tout
seuls, ce sont les plus larges masses qui seules le peuvent. Il s'agit donc d'tre
ceux qui proposent le rassemblement et l'action efficace :
-l'unit contre l'ennemi
commun ;
-la rupture des alliances
noues avec lui : refus de l' "ouverture", dnonciation du vote de
son trait "europen" Versailles l'autre jour, critique des ngociations
imposes au sommet par le gouvernement et/ou le MEDEF aux syndicats sur leurs
"revendications" et leur programme eux.
-le fait, tout simplement,
d'appliquer tous les niveaux le principe lmentaire de toute lutte d'
"aller tous ensemble l o a se dcide contre ceux qui le dcident".
Dans les lections, cette mthode
conduit appeler voter gauche sans rpandre d'illusions sur ce que font rellement
les dirigeants, et opposer, dans les municipales, le rassemblement contre les
reprsentants directs de Sarkozy (en ce sens notons que la volont de LO et
localement de la LCR ou du PT d'aller dans des listes communes avec PS et PCF
est positive, quelles que soient leurs considrations par ailleurs) tout en
combattant l' "ouverture" et les listes bizarres que les courants
droitiers du PS, dominants (royalistes et strauss-kahniens) multiplient, et
dans lesquels PCF voire "alternatifs" et apparents trempent aussi
plus souvent qu'on ne le dit.
Dans la lutte sociale
directe, cette mthode peut aboutir prconiser la grve tous ensemble, donc
au niveau gnral la grve gnrale, c'est--dire, prcisons-le, la grve qui
permet la masse de se centraliser frontalement contre le patronat dans son
ensemble et donc contre l'Etat.
Mais ce n'est pas un prlable
: pour nous la grve gnrale dcoule de la recherche de la centralisation
contre le pouvoir, et non pas l'inverse, elle n'est ni un but en soi, ni un
moyen gratuit de "dnoncer les directions traitres". C'est pour cela
que nous n'avons pas repris la thmatique de la grve gnrale l'automne 2007
contrairement la manire dont nos camarades du CCI(T) souhaitaient rorienter
la campagne Droit de grve, mais aussi ce qu'espraient pas mal de jeunes tudiants
qui pensaient la lutte finale imminente ; nous avons gard la tte froide, et
pour savoir prparer les moments chauds, il est trs important de savoir garder
la tte froide. La grve n'est pas un but en soi, elle a toujours une finalit
: vaincre le patron, dfaire le pouvoir. Nous ne raisonnons pas partir du
plaisir de "la lutte" pour la lutte, mais partir de ces finalits.
Au moment prsent les
conditions d'un affrontement d'ensemble s'accumulent. Il faut se garder du
pessimisme comme de l'optimisme excessifs, mais il doit tre bien clair que
l'affrontement principal par rapport aux enjeux du "sarkozysme",
c'est--dire appliquer pleinement les besoins patronaux la socit franaise,
n'est pas derrire nous, mais encore devant nous.
Dans ce moment prsent il
est important de saisir tout ce qui permet de poser la question de manifestations
nationales contre le pouvoir, de regrouper en centralisant, de
centraliser en regroupant.
Nous l'avons expliqu
propos du "trait de Versailles" dit de Lisbonne : il aurait t
possible d'appeler, ds dcembre, une manifestation nationale contre le Congrs
soit le 2, soit le 4 fvrier (plutt le 4). Le PCF qui a eu une position
formellement correcte contre ce trait et pour un rfrendum ne l'a pas fait,
car sa position tait en fait platonique ; il ne s'agissait pas d'essayer rellement
de gagner, de dfaire Sarkozy, mais d'occuper un espace politique tout en ngociant,
d'ailleurs, les places aux municipales avec la direction du PS. Les autres
composantes du Comit National pour un Rfrendum ont peu ou prou reproduit ou
avalis cette attitude. Nous n'avons pas pes sur cette situation, nous n'avons
fait que formuler des souhaits dans la lettre de liaison du Militant (MLL).
Mais peut-tre que si nous avions t nous-mme un peu plus centraliss nous
aurions pu plus peser : par une prsence directe aux rassemblements des 2 et 4
fvrier, par des runions locales, par l'influence sur d'autres courants engags
eux-mmes dans la bataille ...
Autre exemple o l aussi
la manire dont nous pouvons exprimer "ce qu'il faudrait faire" reste
assez platonique mais pourrait trouver une concrtisation si la situation d'une
part, et notre degr de centralisation et donc d'efficacit d'autre part, le
permettent : le thme de la "manifestation centrale de la jeunesse contre
Sarkozy" que j'ai parfois introduit dans la MLL et dont j'ai discut avec
Renaut en relation avec l'impasse o se trouvait la Coordination tudiante la
fin de l'tape de la mobilisation contre la loi Pcresse de l'automne dernier.
L'ide est la suivante : centraliser la jeunesse contre Sarkozy (et l'on sait
que beaucoup de jeunes ne l'aiment gure) et en mme temps unifier les couches
de la jeunesse, puisque l'on constate qu'il y a eu les tudiants et certains
lycens tout au long de l'automne, puis que la jeunesse ouvrire scolarise
(jeunes des lyces professionnels et agricoles) partait au combat en dcembre
contre la contre-rforme du Bac pro, et enfin que les mouvements dits de
"banlieue" (Villiers-le-Bel) dans lesquels la dcomposition sociale
joue un grand rle certes, sont aussi parfois des mouvements de fait
d'affrontement avec l'appareil d'Etat, donc que si ces mouvements se
centralisaient par exemple dans une manifestation de tous contre Sarkozy ce
serait une perspective un peu moins sans issue que brler les bagnoles des
voisins de l'immeuble ...
Au moment prsent, cette ide
n'a pas de possibilit immdiate de concrtisation, mais elle pourrait tre dveloppe
en tant que leon des luttes de cet automne, et pourrait rapidement
trouver se concrtiser lors de la prochaine acclration de la situation dont
nous ne connaissons pas encore le tempo.
Les deux expriences rcentes
les plus significatives qui vont dans ce sens au cours des dernires
semaines sont la manifestation pour la rgularisation par le travail vers le sige
de la CGPME la Grande arche de la Dfense, dans laquelle le Militant est
intervenu, le 1Ħ fvrier, et la grve de la grande distribution le 1Ħ fvrier
aussi.
Notons qu'en ce qui
concerne la premire de ces manifestations, la MLL aurait pu et d en parler
beaucoup plus, essayer de se faire un instrument de sa prparation et expliquer
l'importance de la revendication. Les luttes des sans-papiers sont gnralises,
mais maintenues dans la dispersion ; la question de la rgularisation par le
travail a ouvert une brche qui a permis un dbut de centralisation par rapport
au patronat en mme temps qu'elle montre fortement que les sans-papiers sont la
section la plus exploite du proltariat en France.
En ce qui concerne la
seconde de ces manifestations, la MLL a d tre l'un des rares "mdia"
militant en souligner l'importance, et le billet diffus la veille a t
repris tel quel, parfois sans nous citer, sur d'autres sites. Notons que l'un
de nos camarades est responsables du syndicat CGT du commerce et des services
sur Paris. Nous aurions donc probablement eu l aussi plus de capacit
d'intervention et d'explication si nous avions t un petit peu plus centraliss.
On pourrait objecter
propos de ces deux vnements rcents qu'ils n'taient pas dirigs de faon immdiate
"contre Sarkozy" et l'Etat, mais contre le patronat, CGPME dans un
cas, patrons des grandes surfaces et du commerce de gros dans l'autre. C'est
tout fait vrai, mais dans la perspective que je dveloppe ici, ce n'est
absolument pas un problme. Il n'aurait pas t logique ni efficace de prconiser
soit que les travailleurs sans-papiers, soit que les travailleurs (il serait
plus juste de dire les travailleuses) des grands magasins aillent l'Elyse ou
devant les prfectures, et il n'est absolument pas gnant dans la perspective
de la centralisation contre le patronat et l'Etat qu'ils aillent bien
naturellement l o sont leurs exploiteurs immdiats. La gnralisation du
combat pour la rgularisation de tous les travailleurs sans-papiers (en y
incluant ceux qui rclament du travail) et de leurs familles, ou la gnralisation
du combat pour la hausse des salaires, contre les temps partiels imposs aux
caissires et pour le repos dominical, s'opposent frontalement Sarkozy et mme
prcisment ses propres slogans politiques ("travailler plus pour gagner
plus", etc.), c'est clair.
J'ajoute que le mouvement
des grands magasins comporte aussi une dimension fminine forte. Voici ce qu'a
dclar Jrome Bdier, patron de la fdration patronale : Nagure ces
caissires taient maries, leur salaire d'appoint suffisait, est-ce ma faute
si elles ont divorc ?". Ce mpris de classe n'est
d'ailleurs pas rserv aux caissires : le rapport Pochard sur le mtier de
professeur relve que comme il y a des femmes profs qui ont des poux cadres
sups', leur salaires sont bien suffisants ...
Ces deux vnements rcents
doivent justement nous aider enrichir la mthode que je prconise ici en ne
la fondant pas concrtement que sur des expriences du type "fonction
publique" ou "mobilisation de la jeunesse". "Augmenter les
salaires et pas le nombre d'heures supp'" est une revendication centrale
qui ne peut aboutir qu'en dfaisant Sarkozy ; nous devons aussi apprendre
simplifier (autant pour moi), concentrer les choses en slogans, comme Franois
a commenc le faire avec les autocollants et les affiches Droit de grve.
Exemple :
"Augmentez les
salaires et pas le nombre d'heures supp' ! Embauchez des jeunes au lieu de
saquer la retraite des vieux ! Rgularisez tous les travailleurs et demandeurs
d'emplois sans-papiers ! La grve c'est l'arme des travailleurs ! A bas
Sarkozy, tous ensemble pour le dfaire", voila qui rsume
parfaitement notre message pratique au moment prsent.
En amont et en aval de la mthode.
Je viens de dire notre
"message pratique". Ceci dit, il serait mystificateur de laisser
entendre que c'est spontanment que l'on formule les choses ainsi. Si c'tait
aussi simple cela ferait longtemps que la rvolution serait faite ! Le
paradoxe, rsultant de l'histoire des luttes et des dfaites passes et de
leurs enseignements, est que pour arriver la simplicit ncessaire des
slogans et des axes de regroupement, il faut un arrire-plan, une mmoire, un
background comme disent les anglo-saxons.
L'adhsion cet arrire-plan ne doit pas tre une exigence pour militer, mais
sa connaissance ne doit pas non plus rester entre initis.
La formation a donc
pour fonction non de rvler la parole aux non-initis mais de mettre tout le
monde galit. C'est en ce sens qu'il serait me semble-t'il souhaitable aussi
de crer une sorte d'cole ouverte avec exposs et libre discussion, tache
laquelle nous pourrions proposer des regroupements comme les jeunes de l'OS
(Offensive Socialiste) ou d'autres, de participer aussi. Dans cette optique,
nous pourrions sans doute assez vite commencer la publication de petits textes
"classiques" ou mconnus, par mise en ligne sur le site suivie
d'impression papier en brochure sous des formes dfinir, de Marx, Trotsky,
Sorel, Jaurs ...
Ce background qui permet de
"poser la question du pouvoir" et de formuler des revendications
aussi simples et fondamentales que celles du petit formulaire ci-dessus doit en
effet beaucoup Marx et Trotsky.
Pour tre prcis ce qu'il
doit surtout Marx c'est l'analyse de la socit capitaliste, de la rpartition
de la plus-value et du rle de l'Etat, et aussi la comprhension de ce que "toute
lutte de classe est une lutte politique". Le dernier chapitre de Misre
de la philosophie sur les grves et le caractre politique de la lutte
des classes pour les salaires est cet gard un texte magnifique. Voila un
texte, pas trs long, qui pourrait dbuter le type de publication que je viens
d'voquer.
Ce qu'il doit surtout
Trotsky c'est l'ide selon laquelle, en partant des revendications actuelles
telles qu'elles sont, notre rle n'est pas de provoquer ou de stimuler la lutte
des classes qui existe de toute faon, mais de la "conduire
invariablement une seule et mme conclusion : la conqute du pouvoir
politique par le proltariat". Ceci consiste souvent englober
les partis existant, donc le PS et le PCF, dans l'exigence qu'ils s'unissent et
qu'ils prennent le pouvoir contre la droite et le patronat. On connait cela
sous le nom de "politique du front unique ouvrier", tactique mise au
point par l'Internationale communiste au dbut des annes 1920 et qui a failli
conduire la victoire de la rvolution en Allemagne en octobre 1923 (l'chec
n'est pas d elle, mais un recul de dernier moment pour appeler la grve
gnrale insurrectionnelle, recul conditionn par l'attentisme de la direction
russe divise et bureaucratise). Mais cette tactique repose sur la nature
politique de toute lutte de classe qui conduit donc l'unification et la
centralisation. Ce n'est donc pas une ruse de guerre ("plumer la volaille
socialiste" comme disait le dirigeant zinoviviste du PCF Albert Treint en
1924 : sa mauvaise formule est reste dans l'histoire ! ) mais bien une prise
en compte d'un besoin rel et profond. Evidemment si les partis existants
s'opposent ce besoin, et c'est le cas, la seule manire efficace et
intelligente de les combattre est justement celle-l.
Mais je remonterai encore
plus haut. Centraliser et rassembler contre l'Etat, c'est le mouvement des
nations dans l'histoire de la lutte des classes, lors des grandes rvolution du
pass. Nous constatons d'ailleurs qu'aujourd'hui mme, avec des limitations sur
lesquelles je ne dtaillerai pas ici, ces mouvements ont conduit l'lection
d'assembles constituante au Venezuela, en Bolivie, en Equateur. Le
rassemblement du peuple, des exploits et des opprims, devient dans sa
dimension ngative (contre le pouvoir en place) crateur et
positif, exerant un pouvoir constituant, c'est--dire prenant le pouvoir
(notons que l'idologue et un tant soi peu gourou italien Toni Negri, un peu
discrdit en France depuis qu'il nous a appels voter Oui en 2005, a
construit une vaste thorisation contre le fait que le pouvoir constituant du
peuple a consiste prendre le pouvoir : pour lui il ne faut surtout pas
prendre le pouvoir, l'instar de John Holloway qui prtend qu'on changera le
monde en renonant prendre le pouvoir ..).
En amont du front unique
ouvrier, et en amont du thme de la lutte des classes lutte politique, le background du combat actuel pour dfaire
Sarkozy puise donc aussi aux sources, mon sens, des rvolutions dmocratiques,
nationales et laques. Mais ils serait absurde et contre-productif de faire un
groupe de gens dont la limite serait l'adhsion cette vision de l'histoire
(ou une autre). Par contre, il serait utile d'avoir des discussions sur ces
questions, non pas (ou pas seulement, avouons-le) pour le plaisir, mais parce
qu'en donnant des moyens intellectuels (les "armes de la critique")
elles permettent de discerner, de gnraliser, notamment au plan international
dont j'ai peu parl ici, les occasions o la mthode politique de la
centralisation et de l'unification contre le pouvoir se prsentent, et de les
anticiper dans notre combat quotidien.
D'autre part, cette
discussion aide clairer une question invitable et logique : "dfaire
Sarkozy, et aprs ?". Car si nous (le monde du travail et la jeunesse)
dfaisons Sarkozy, ce ne sera pas comme si un beau matin il disparaissait
subitement, car il y aura le mouvement qui l'aura dfait. La suite consiste
donc dans le dveloppement positif de ce mouvement : un gouvernement qui nous
reprsente rellement, c'est--dire qui augmente les salaires et force les
patrons les augmenter, et pas les heures sup', etc. (cf. ci-dessus) et donc
qui se heurte au capital et appelle les travailleurs des autres pays l'aider
; une assemble nationale rellement souveraine ; des comits de travailleurs ;
bien entendu une autre forme de l'Etat que la VĦ Rpublique, renouant avec ce
que la tradition socialiste dans ce pays avait appel la "Rpublique
sociale" ...
Sur cette question de l'aprs, nous
devons nourrir la discussion mais il n'est pas ncessaire d'avoir un schma
pr-tabli. L'ide que c'est "le peuple qui dfinira la forme et le
contenu de la dmocratie" (charte du MPPT, 1984 ! ) n'est pas en
l'occurence une mauvaise formule, condition de ne pas s'en tenir l et de
favoriser effectivement les discussions, et surtout de mettre en valeur ce que
font les travailleurs eux-mmes. Le plus important ici je crois est de ne pas
faire comme la plupart des groupes politiques sitt qu'ils parlent
"programme", savoir se mettre enfiler des perles sur "il
faudrait ceci, il faudrait cela" et adopter de fait une posture comme si
le bon peuple devait attendre que les militants spcialiss et les thoriciens
aient pondu le "programme". Notre programme, c'est d'abord l'action
pour aller de l'avant.
Dclinaisons concrtes ncessaires.
J'en reviens notre
message pratique au moment prsent, la manire d'aller vers le combat pour
"dfaire Sarkozy". C'est l je pense le cadre gnral qui doit
permettre d'unifier nos interventions, mais chacune de celles-ci est ncessaire
dans sa spcificit (l'ordre de l'numration ci-dessous n'est pas un ordre de
priorits, elles se valent, et la liste n'est pas limitative, d'autres points pourraient
s'y rajouter) :
1) campagne Droit de
grve : la relancer en relation d'une part avec le fait qu'il y a multiplication
des grves salariales dans les entreprises, d'autre part avec le passage du
gouvernement la deuxime tape de son offensive, concernant l'Education
nationale.
C'est le Militant, et
l'quipe de responsables syndicaux CGT, FSU et FO qui s'y trouve, avec
ventuellement quelques autres (je pense D.Cojean et des responsables
syndicaux de l'Allier par exemple) qui doit tre le pilier de cette relance. Il
y a dj le matriel produit l'initiative de Franois. L'AG du 8 doit
permettre de le ventiler.
Une petite dclaration des
7-8-9-10 ... responsables syndicaux partir de l'AG du 8 mars pourrait tre le
signe de cette relance. Une telle "dclaration du 8 mars" pourrait
d'ailleurs sans que ce soit du tout hors sujet intgrer une dimension fminine
(cf. la dclaration de Jrome Bdier sur les caissires en rponse aux grves
du 1Ħ fvrier dans les grands magasins).
D'ici l il nous faut
cependant examiner l'affaire de la "reprsentativ syndicale" et des
projets sarkozystes sur le financement syndical pour voir comment cela
s'articule.
L'objectif serait d'aller
vers une rencontre nationale de syndicalistes avant l't.
Mais auparavant il ne
faudra pas rater la probable manifestation nationale l'initiative du SNES-FSU
dans l'enseignement, fin mars ou dbut avril, et avoir un matriel en sa
direction.
2) campagnes
rgularisation et logement : elles doivent trouver toute leur place dans
la MLL cela sans doute en relation avec la manifestation nationale du samedi 29
mars l'appel du colletif "Uni(e)s contre une immigration jetable".
3) le thme d'une
manifestation nationale de la jeunesse contre Sarkozy,
reprenant les revendications d'abrogation de la loi Pcresse, de dfense des
Bacs pros en 4 ans, de rejet de la rpression, est au moment prsent
propagandiste, mais je pense que c'est une propagande ncessaire, entretenir
pour essayer de se mettre en tat de passer une autre tape le moment venu.
Paralllement le Militant a
plusieurs pistes de discussions, de liens et d'interventions qui permettent de
poser la question d'une organisation qui reprsente rellement les exploits et
les opprims, question laquelle toutes les propositions que je viens
d'numrer aboutissent.
Le PS est en
trs mauvais tat : aux effets de la campagne Royal s'ajoutent maintenant ceux
de l' "ouverture" qui n'est pas que le dbauchage de ministres, mais
qui est une orientation de terrain dans plusieurs municipalits. Les
regroupements internes sont instables et marqus par cette dcomposition
-certes ce serait une erreur de considrer que "dans la nuit tous les
chats sont gris" et de ne pas faire de diffrence, par exemple, mme entre
les convergences entre une partie des strauss-kahniens et des fabiusiens, etc.
sur la base d'une orientation droitire mais reposant sur le parti, et ce
qu'annonce Moscovici savoir l'alliance d'autres droitiers avec Royal et des
secteurs du Modem. Mais rien de tout cela n'a modifi pour l'instant la place
du PS par rapport aux masses ds qu'il y a des lections. Le vote du 4 fvrier
permet de poser les bases de tout regroupement socialiste en simplifiant
l'alternative : soit on aide Sarkozy, comme la majorit des parlementaires PS
le 4 fvrier, soit on le combat. Les socialistes qui veulent combattre
rellement Sarkozy doivent donc se regrouper, sans exclusives.
Dans ce cadre, les jeunes
de l'OS mritent une attention particulire, car ils sont le seul lment
organisationnel, aussi tnu soit-il, qui soit all contre-courant de la
tendance la dcomposition du PS depuis deux ans.
Il faudra d'autre part
faire un point prcis entre nous, qui pourrait se faire oralement, sur nos
expriences mutuelles envers diffrentes structures du PS : fdration de
l'Allier, sections parisiennes, Forces Militantes, D&S, Gauche Avenir.
Le PC n'est pas
brillant non plus dans la mesure o il semble ne pas servir grand chose ;
comme je l'ai dit plus haut, la manire dont il a abord la question du
rfrendum consistait partir battu d'avance (en faisant porter la
responsabilit sur le PS), mais du coup les courants et regroupements de
militants en son sein qui veulent servir, eux, quelque chose, se multiplient,
souvent en rfrence l'identit historique du parti avec tout ce qu'elle
charrie, mais avec la volont de renouer avec l'efficacit dans la lutte des
classes.
Nous avons eu un change
prometteur cet automne avec le regroupement de discussion form notamment par
les camarades de Rouges vifs. C'est un fil ne pas lacher.
L'annonce par la LCR de sa
transformation d'ici cet automne en un "grand parti anticapitaliste"
form autour d'elle, sans autres partenaires organiss, ainsi que la mue du
PT en "parti ouvrier indpendant" et, d'une autre manire, la
dcision de LO de demander participer aux listes de gauches aux
municipales (avec en prime un durcissement des rapports entre direction et
"fraction" de LO) ; cetensemble de ces faits indique, non pas que les
partis d'extrme-gauche ouvriraient une perspective politique pour dfaire
Sarkozy -si ces partis avaient t capables d'ouvrir un dbouch politique en
France ils l'auraient dj faits et nous en serions- mais que la situation les
percute autant qu'elle percute le PS et le PC.
Les dbats du congrs de la
LCR ont montr que l aussi, on ne se rend pas compte ou on ne veut pas se
rendre compte de ce qu'est l'enjeu aujourd'hui de la lutte des classes en
France : soit Sarkozy passe sur tout le droit social et les acquis dmocratiques
et laques, soit le monde du travail et la jeunesse dfont Sarkozy. Dans la
MLL, mon article sur le congrs de la LCR et le billet de Jean-Franois ont
commenc interpeller partir de l.
Le rapprochement entre la
lettre de Liaisons et le Militant s'tait fait dans le cadre d'une structure
provisoire, appele intergroupe, qui associait aussi le CCI(T)
(comit communiste internationaliste (trotskyste), le moins sectaires des
groupes porteurs de l'hritage politique de la vieille OCI maintenu par Stphane
Just) et la Commune, groupe li l'UIT (une "Internationale" dont
l'picentre est le Mouvement Socialiste des Travailleurs en Argentine, une
organisation assez importante mais actuellement clate).
Puisque ce regroupement ne
fonctionne plus avec la Commune depuis les prsidentielles et avec le CCI(T)
depuis cet automne, la lettre de Liaisons et le Militant ayant quant eux
fusionn en mettant en oeuvre la campagne Droit de grve, l'intergroupe
n'existe donc plus, il faudra le dire explicitement.
Mais cela ne veut pas dire
que les dbats et les actions communes ventuelles avec ces groupes doivent
cesser. Il est probable qu'au moins le CCI(T) nous invitera ses journes
estivales d'tudes et de dbats. Je serai dans ce cas favorable ce que nous y
soyions reprsents "es qualit". Mais il est probable aussi et
souhaitable que des textes et des changes aient lieu auparavant. Inutile
d'ailleurs de s'efforcer d'crire des tas de textes en plus, car a finira par
faire trop et soit on arrivera pas les crire soit personne n'aura le temps
et la volont de les lire, mais un document tel que le prsent rapport -s'il agr bien entendu aux camarades
du Militant- pourrait trs bien jouer le rle de texte de discussion dans des
directions diverses, moyennant quelques adaptations de forme.
Ds qu'on avancera vers un regroupement rel vers une
reprsentation politique fidle du monde du travail, des dizaines de
"sectes" en seront, et il s'agira de faire en sorte que leur culture
apporte au pot commun sans qu'elles le mettent en opposition avec lui. Marx
avait trs bien su faire a dans le Conseil gnral de l'Association
Internationale des Travailleurs ...
Pour conclure.
Tout ce qui prcde fait
beaucoup de choses. Sans oublier les contacts internationaux, indispensables.
Tout cela est donc suffisant
cette tape.
Si dj
1Ħ) nous arrivons des
interventions concrtes coordonnes sur les 3 axes concrets (droit de grve,
travailleurs sans-papiers et logement, jeunesse) unifis par la "ligne
gnrale Dfaire Sarkozy" tout en ayant
2Ħ) les contacts et les
discussions que permettent la situation dans le PS, le PCF, l'extrme-gauche et
les petits groupes qui nous connaissent,
alors ce sera
trs positif.
De plus les propositions
que j'ai voques au passage en matire de formation-dbat pourront dans une
deuxime tape se concrtiser aussi.