La Lettre de Liaisons nĦ 229 du 20 octobre 2007

 Le courage, c'est de chercher la vŽritŽ et de la dire. Jean Jaurs.

 

ComitŽ de rŽdaction provisoire : Mayeul Chamussy (38), Olivier Delbeke (94), Bernard Grangeon (63), Joelle Losson (54), Claude Luchetta (43), Vincent PrŽsumey (03).

 

A nos amis, ˆ nos lecteurs.

 

La Lettre de Liaisons existe aujourdĠhui depuis 1999. Son fils conducteur a toujours ŽtŽ dĠessayer dĠexprimer lĠintŽrt gŽnŽral de la classe ouvrire (les salariŽs, actifs, ch™meurs, retraitŽs ou en formation) au plan international et national, en dŽgageant une perspective politique, qui, partant de la rŽalitŽ, conduise ˆ une conclusion : la nŽcessitŽ de prendre le pouvoir pour changer le monde. Sa mŽthode sĠest toujours efforcŽe dĠtre celle du libre dŽbat.

 

Nous aurions pu proclamer un groupe strictement dŽlimitŽ, se considŽrant ouvertement ou implicitement comme lĠ Ç embryon du parti rŽvolutionnaire È. Nous ne lĠavons pas fait, pour ne pas crŽer ce qui aurait en vŽritŽ ŽtŽ un obstacle supplŽmentaire sur le chemin de ce qui seul sera un parti (et une Internationale) rŽellement rŽvolutionnaire : une reprŽsentation rŽelle, fidle, dŽmocratique, de la majoritŽ exploitŽe et opprimŽe.

 

Par son action, la Lettre de Liaisons a eu la capacitŽ de fŽdŽrer et de faire se rencontrer des groupes aux cultures diffŽrentes et qui, mme rŽduits, sont tous Ç plus gros È quĠelle. LĠinfluence des idŽes et propositions quĠelle a diffusŽes est parfois allŽe fort loin eu Žgard ˆ la taille et aux moyens rŽels, trs rŽduits, qui furent les siens. CĠest pourquoi depuis 2005, nous nous posons la question de passer ˆ une Žtape supŽrieure au plan de lĠorganisation, toujours avec la prŽoccupation de ne pas Žriger un obstacle artificiel, de type sectaire, ˆ ce qui est rŽellement nŽcessaire.

 

Cette action fŽdŽratrice mettant lĠaccent sur la question du pouvoir et du dŽbouchŽ politique pour les luttes de la classe ouvrire et des jeunes a fortement contribuŽ ˆ la formation de lĠintergroupe, avec les camarades du Militant, du CCI(T) et de La Commune.

 

Au lendemain de la dŽfaite que constitue pour nous tous lĠŽlection de Sarkozy, mais alors que la capacitŽ de combat de la classe ouvrire en France reste pour lĠheure inentamŽe, la campagne autour de lĠappel Ç Le droit de grve nĠest pas nŽgociable ! È a vu le soutien dĠun grand nombre de responsables syndicaux, notamment CGT et FSU sans oublier la secrŽtaire nationale du Syndicat de la Magistrature, et, dans le dŽpartement de lĠAllier, la signature rŽcente de plusieurs responsables de syndicats CGT dans lĠindustrie, de responsables du PCF et du PS et mme Verts.

 

Cette campagne permet de poser la question de la participation des responsables syndicaux au Ç dialogue social È, de combattre leur participation aux pseudo nŽgociations sur lĠapplication de la loi anti-grve dans les transports terrestres de voyageurs, de dŽbattre du combat pour transformer la grve du 18 octobre en mouvement dĠensemble de la classe ouvrire, pour maintenir la revendication des 37,5 annuitŽs pour tous associŽe ˆ la dŽfense du droit ˆ la retraite ˆ taux plein ˆ 60 ans, et de discuter de manire concrte, cĠest-ˆ-dire politique et pas incantatoire, de la question de la grve gŽnŽrale. Les conditions politiques qui ont permis cela sont nŽes dĠune initiative abordŽe dans le cadre de lĠintergroupe et de sa mise en Ïuvre par les camarades du Militant et de Liaisons.

 

Paralllement, le regroupement dĠorganisations syndicales et politiques estudiantines pour lĠabrogation de la loi PŽcresse a ŽtŽ impulsŽ, entre autres, par des camarades de lĠOffensive Socialiste, courant du MJS, qui utilisent les idŽes et propositions faites par la Lettre de Liaisons et dont la campagne politique, lˆ aussi, permet de dŽblayer le terrain, de crŽer les conditions politiques aux futurs combats de masses.

 

LĠintergroupe dans cette situation, comme les discussions en son sein lĠont montrŽ, sera appelŽ ˆ brve ŽchŽance ˆ Žlaborer une plate-forme donnant des perspectives pour dŽfaire Sarkozy, et ˆ sĠŽlargir.

 

Voilˆ maintenant cinq mois environ que les camarades du Militant nous ont proposŽ de fusionner, en regroupant notamment les comitŽs de rŽdaction du Militant et de la Lettre de Liaisons. Notre accord de principe Žtait cependant rendu difficile par nos propres faiblesses –nous sommes peu nombreux, dispersŽs et parfois peu actifs et peu centralisŽs. Mais la situation a ŽvoluŽ avec lĠappel Ç Le droit de grve nĠest pas nŽgociable ! È, lĠinitiative contre la loi PŽcresse et les perspectives de lĠintergroupe. Nous nĠallons pas fusionner seulement parce que cĠest juste au niveau des principes et que a fait plaisir, mais parce quĠil le faut et pour donner un exemple et un Žlan ˆ notre combat et ˆ toutes celles et ceux que nous c™toyons.

 

Nos cultures militantes et notre bagage thŽorico-politique sont diffŽrents. Certains pourraient ne pas les trouver si diffŽrents que cela, cĠest vrai, mais quand on conna”t un peu le monde des petits groupes, on sait que des scissions et des diffŽrentiations quasi Žternelles ont ŽtŽ instaurŽes pour beaucoup moins. Mais les conditions dĠune pratique commune reposant sur la confiance sont rŽunies et nous partageons le rŽalisme, le refus des incantations et des ultimatums, la volontŽ de partir du rŽel pour aller ˆ l'idŽal (Jaurs) et de saisir le rŽel dans toutes ses dimensions y compris culturelles et mentales (Sorel). A partir de lˆ, parce que nous ne sommes pas des groupes-fractions autodŽlimitŽs sur des spŽcificitŽs dressŽes contre le mouvement rŽel des travailleurs, non seulement nous nĠavons aucune raison de rester chacun chez soi, mais nous avons le devoir de nous grouper pour faire savoir la bonne nouvelle dĠune fusion, une fusion qui se veut multiplication et pas seulement addition, une fusion qui ouvrira de nouvelles et riches discussions, car nous savons que des salariŽs, des jeunes, Ç normaux È, inorganisŽs ou membre des syndicats et/ou du PS ou du PC, peuvent se regrouper directement pour :

 

-dŽfaire Sarkozy, prŽparer cet affrontement,

-sĠorganiser par delˆ les frontires hŽritŽes du passŽ, discuter du programme du socialisme, dŽbattre librement de toutes les questions pour en faire lĠaffaire de tous.

 

LĠŽmancipation des travailleurs sera lĠÏuvre des travailleurs eux-mmes et son commencement, cĠest lĠorganisation politique.

SalariŽs, jeunes, socialistes, communistes, syndicalistes, organisons-nous !

 

Retrouvez dŽsormais nos expressions avec Militant-La Lettre de Liaisons !

 

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A nos lecteurs :

 

DŽsormais La Lettre de Liaisons sera remplacŽe par Militant-La Lettre de Liaisons, lettre Žlectronique diffusŽe de la mme faon. Cette publication Žlectronique viendra en complŽment de la parution du journal papier Militant. Ce journal est dŽjˆ adossŽ au site Web

http://www.le-militant.org/ . 

 

Le site Web de Liaisons, http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/ va tre maintenu. Nous allons progressivement y mettre en ligne lĠintŽgralitŽ des numŽros de la Lettre de Liaisons, version Žlectronique, parus depuis fŽvrier 2001 ainsi que les numŽros de la version papier parus antŽrieurement de 1999 ˆ 2001. Nous envisageons aussi de rŽaliser un index car, au final, nous avons produits une masse considŽrable dĠanalyses et publiŽ une foule de documents qui mŽritent ce travail de prŽsentation. De plus, nous disposons de nombreux textes dĠanalyse ou de rŽflexion, Žcrits durant la pŽriode 1999-2007, ˆ mettre en ligne pour les faire partager pour tous les militants ouvriers. Donc garder bien notre signet dans vos collections : notre combat continue sous une forme diffŽrente mais avec une vigueur renouvelŽe !