Bilan de la rencontre du comit de rdaction
La
seconde rencontre gnrale du comit de rdaction du site
Ç Militant È sĠest tenue Paris samedi 28 janvier. Cette runion a
abord quatre thmes : les relations internationales, le syndicalisme dans
la FSU, la stratgie de dveloppement et les projets ditoriaux pour 2006. Cette rencontre a t considre comme trs positive dans
la mesure o elle a aid mieux apprcier la cohrence globale du projet Militant, mme si le pass et les niveaux d'engagement des membres
du comit de rdaction sont diffrents. Leur diversit tranche avec
l'homognet artificielle d'autres groupes qui masque mal le suivisme des
adhrents vis vis des leaders. Il faut poursuivre et proposition est fate
que le comit de rdaction ait une rencontre gnrale semestrielle.
1Ħ)
Questions internationales
Plusieurs
personnes se sont interroges sur lĠexistence dĠorganisations trangres non
mentionnes dans la contribution crite qui partageraient la proccupation de
Militant pour lĠorganisation des couches les plus dfavorises du salariat. Il
en existe effectivement quelques unes, comme le Parti ouvrier ou le Mouvement
socialiste des travailleurs en Argentine. Le PO comme le MST dirigent de
vritables organisations de masse de chmeurs, les piqueteros. Cette
proccupation est galement partage par les amis franais du MST, le groupe La
Commune qui anime le Comit chmeurs et salaris dĠAlfortville (94). Mais
dĠimportantes divergences stratgiques ou programmatiques existent par ailleurs
avec ces organisations. Le MST et le courant international dont il fait partie
partagent bon nombre de dformations politiques hrites de la tradition
morniste et lambertiste : vision triomphaliste du cours historique qui
voit les luttes monter de manire exponentielle indpendamment de la
conjoncture relle, stalinophobie frisant lĠanticommunisme, soutien a-critique
tous les mouvements nationalistes et jusquĠaux intgristes islamistes, etc.
Par ailleurs le MST comme le PO ont comme ligne internationale la Ç reconstruction
de la IVme internationale È, ce qui implique ici aussi de se tourner en
priorit vers les autres groupes se voulant rvolutionnaires. Il y a l aussi
une divergence sur ce que doit tre une internationale qui serait quelque chose
de qualitativement diffrent dĠune fraction politique. Des camarades ont
exprim lĠide que la proclamation de la IVme internationale en 1938 tait
elle-mme une erreur sectaire. CĠest le point de vue quĠavaient exprim
lĠpoque les militants polonais (dont le plus connu est Isaac Deutscher). SĠil
tait lgitime de constituer un cadre politique structur, se prtendre une
internationale alternative celles existantes lĠpoque tait sans doute
porteur de dviations sectaires.
Une
discussion a eu lieu sur la caractrisation du CPGB, un petit groupe
britannique dĠune trentaine de personnes ayant des relations assez lches avec
certains lments de la gauche du PCF. Le CPGB est la continuation du groupe Ç Leninist È, constitu au cours de lĠexplosion du PC britannique
dans les annes 1980. Constitu sur des bases orthodoxes, il a peu peu volu
vers des positions trotskysantes sur lĠanalyse du stalinisme. Le CPGB dveloppe
malheureusement une orientation sectaire assez caricaturale, son journal tant
consacr 80 % aux Ç bruits de chiottes È de lĠextrme-gauche. Cette
attitude, dont la tendance spartaciste (la Ligue trotskyste en France)
reprsentante lĠexpression la plus acheve et la plus caricaturale vient dĠune
stratgie de dveloppement caricaturant la position de Lnine selon laquelle
les rvolutionnaires avaient pour devoir de sĠadresser en priorit aux lments
les plus avancs du proltariat. Mais pour les sectaires, cette formule
gnrale prenant en compte des couches sociales larges se trouvent dforme
dans une orientations vers les autres groupes dĠextrme gauche plus nombreux
qui sont considrs comme reprsentant cette Ç avant-garde È
conqurir. Le CPGB ne tmoigne donc dĠaucun intrt pour le Parti travailliste
ou pour les luttes la base et se consacre exclusivement la critique des
organisations se voulant rvolutionnaires, dont la plus significative en Grande
Bretagne est le SWP (quivalent des tendances Socialisme par en Bas et
Socialisme international dans la LCR).
La
discussion sĠest concentre sur les camarades dont on pouvait penser quĠils
taient les plus proches politiquement de Militant, savoir le groupe informel
runi autour des amricains de Labors Militant Voice lors des runions de
Donegal (Irlande) et la Tendance Marxiste Internationale. Elle a repris et
prcis les lments donns dans la contribution internationale. La discussion
a voqu l Ôvolution rcente des camarades du Ç processus de
Donegal È qui apportent leur soutien une campagne pour la construction
dĠun nouveau parti des travailleurs en Grande Bretagne. Il a t considr que
cette campagne initie par le syndicat des cheminots (qui sĠest dsaffili du
Parti travailliste) posait plusieurs problmes : 1Ħ) LĠappel la
dsaffiliation des syndicats du Labour est non seulement une erreur mais une
faute en lĠabsence dĠune alternative ; 2Ħ) alors que le Labour reoit
encore 35 % des voix et que lĠhostilit la guerre en Irak sĠest traduite par
une perce des libraux (une force Ç centriste È style UDF hostile
la guerre) considrer que lĠheure dĠun parti alternatif au travaillisme est
venue relve de lĠaveuglement. La logique dĠvolution des positions de Militant
et des amis du Ç processus de Donegal È tend donc nous loigner les
uns des autres. Ceci renforce lĠurgence dĠune discussion de clarification,
telle que formule dans la contribution crite. En ce qui concerne lĠIMT, les
doutes voqus dans la contribution sont renforcs par le comportement concret
de sa section franaise, La Riposte. Des camarades ont relev son hostilit
tout travail commun avec dĠautres et une certaine malhonntet intellectuelle.
Nous
avons enfin not la difficult pose par lĠabsence de contacts dans les
secteurs les plus Ç chauds È du monde comme lĠAmrique latine et en
Chine, compte-tenu de lĠessor conomique de ce pays.
2Ħ)
Syndicalisme dans la FSU
La
discussion a t introduite par le camarade F qui a fait un expos sur le
travail entrepris travers lĠdition du bulletin Ç Runification
syndicale È. Pour commencer, il a repris lĠhistorique de lĠide dĠunit
syndicale depuis lĠautonomie de la FEN en 1948 suite la scission entre CGT
& FO. Pendant toute une priode, les militants avaient des cartes FEN-CGT
et lĠide de la runification syndicale tait trs prsente chez les militants
dĠUnit et Acton (U&A, courant proche du PCF dont F. est membre). Les
raisons objectives dĠune autonomie du syndicalisme enseignant se sont vapores
avec la dcision de FO de syndiquer les profs (1983) puis avec la scission de
la minorit proche du PS qui a rejoint lĠUNSA. En thorie, la FSU est favorable
une runification, mais la fraction dominante dĠU&A,
Ç moderniste È, semble de plus en plus tente par la constitution
dĠune nouvelle confdration. Cette dmarche sĠappuie sur des intrts
bureaucratiques dans la mesure o elle permettrait la FSU de siger dans
nombre dĠorganismes de Ç concertation È dont elle est exclue car
limite au secteur de lĠducation nationale. La tentation est donc grande de
chercher largir progressivement le champs de syndicalisation de la FSU.
Concrtement, cette orientation a pour effet une division accrue et un
affaiblissement supplmentaire du syndicalisme confdr dans la mesure o il
est dj prsent dans les champs de syndicalisation concerns. Le bulletin Ç Runification
syndicale È combat cette orientation et plaide pour un rapprochement avec
la CGT, organisation incontournable du monde du travail. Impuls par F. et deux
autres camarades (un U&A et un Ecole Emancipe, courant proche de
lĠextrme-gauche), le bulletin et le site accol rencontrent un cho national
de plus en plus significatif, y compris au sein des instances de la FSU. Sa
faiblesse est de manquer encore de contenu en terme revendicatif, lĠhostilit
la division et la volont de rapprochement avec la CGT ne pouvant tre poses
de manire abstraites mais relies aux dbats concrets du mouvement syndical.
En conclusion, il a t dcid de donner tout lĠcho ncessaire au bulletin
Ç Runification syndicale È et de proposer en particulier des
camarades proches comme X de lĠAllier dĠintgrer son comit de rdaction.
3Ħ)
Stratgie de dveloppement
La
discussion avait pour objectif de clarifier lĠidentit de Militant et
dĠesquisser une mthode de dveloppement. La dfinition de Militant comme
Ç centre politique È sĠappuie sur la dfinition de ce concept donne
par Vincent Prsumey dans un texte qui discutait lui-mme les positions dĠHal
Draper (*). LĠide centrale qui fonde lĠexistence de Militant est celle du
ncessaire dpassement du capitalisme. Ce dpassement ne peut exister sans
lĠaffirmation dans le champs politique de la classe qui peut le porter,
savoir le proltariat. Notre projet est donc la constitution dĠun Parti de
Classe. Naturellement il sĠagit dĠune Ç formule algbrique È, un tel
parti ne pouvant exister dans la ralit que comme vise et non comme objet
dfini ralis selon des plans parfaits. Militant est une meta-organisation qui a pour fonction dĠagir au sein de toutes les
couches sociales et organisations concernes afin de faire avancer ce projet.
De ce point de vue, nous souhaitons prioriser le milieu des travailleurs du
secteur priv, les prcaires, les ouvriers immigrs, les jeunes des cits etc.
En effet non seulement les couches Ç centrales È du proltariat sont
exclues de toute reprsentation politique mais il y a ncessit mettre au
cÏur de nos proccupations les secteurs les plus exploits et opprims, seul
moyen de garantir lĠpanouissement de lĠuniversalit de notre programme
politique. CĠest dans ce cadre que nous travaillons la reconstruction dĠune
figure ouvrire, y compris par la rhabilitation des ouvriers en tant que
simple catgorie socio - professionnelle. Si les ouvriers ont brutalement
rappel leur existence par leur absence au rendez-vous lectoral de la prsidentielle
2002, aprs quelques semaines dĠintense intrt de la presse et des partis
gauche, les choses ont continu exactement comme avant. Cette orientation
gnrale tant pose, chacun intervient son niveau pour la faire avancer.
Compte-tenu de lĠinvestissement de chacun dans les partis de gauche, les
syndicats et les associations, il importe de srier les priorits militantes
des uns et des autres afin de ne pas nous parpiller. Une discussion a ainsi eu
lieu sur notre mode dĠintervention dans le PS et en particulier lĠutilit ou
pas de sĠinvestir dans la discussion la base sur le Ç projet È.
Seuls les camarades concerns peuvent dcider, compte-tenu de leur emploi du
temps et de la ralit locale. Mais il semble quĠil soit plus prometteur de
travailler dans le cadre des dbats internes au courant Forces Militantes,
dĠautant que les dcisions nationales seront sans doute prises comme dĠhabitude
dans les couloirs de la direction et que FM va chercher dposer un
contre-texte. Dans ce cadre nous ne serions plus dans une logique dĠamendement
mais en position de portes-parole du contre-projet l o nous sommes (Paris 3,
4 et 13e ouest). A lĠinverse, le fait que le camarade D. ait t lu
la CA de la section socialiste du 4e au titre de la motion 5 lui confre
une responsabilit particulire : cette position nous lgitime dans le
parti et ceci mrite de Ç perdre du temps È dans des runions
dĠinstance dont lĠintrt immdiat nĠest pas vident.
Partant
de notre proccupation gnrale dĠexprimer les besoins des couches les plus
profondes du proltariat, un dbat sur le lieu o nous devons le faire sĠest
engag. Faut-il nous concentrer sur lĠorganisation directe de ces couches ou
considrer que la priorit est la mise en avant de nos thses au sein des Ç classes
moyennes È afin de contrer lĠidologie citoyenniste ? Nous avons
cherch dpasser cette contradiction apparente en mettant en avant le fait
que nous dfendons dans tous les milieux dans lesquels nous voluons notre
point de vue spcifique, celui du socialisme ouvrier, compris comme fondamentalement distinct de toutes
les variantes de socialisme parlementariste et reprsentant les intrts de
lĠencadrement. Notre objectif est de travailler simultanment la
reconstruction dĠun point de vue proltarien et la construction de son hgmonie dans toute la socit, dans la perspective de
construire autour du projet de dpassement du capitalisme un bloc historique entre plusieurs classes et fractions de classe. Pour
formuler les choses avec des termes issus dĠune autre tradition, nous devons
combiner chaque tape lĠaffirmation du proltariat en tant que classe
autonome et lĠisolement de la fraction la plus dangereuse de lĠadversaire.
En
tout tat de cause, lĠensemble de nos activits doit sĠappuyer sur les
proccupations de la base et les reflter. Il sĠagit en particulier de chercher
favoriser la prise de parole de ceux qui en sont privs tous les niveaux, y
compris au sein des organisations syndicales. F. a illustr ce propos par
lĠexemple de lĠaction mene auprs des personnels de catgorie C de lĠducation
nationale, en particulier sur la question cruciale du harclement moral.
4Ħ)
Projets ditoriaux 2006
Certains
camarades ont mis des rserves sur le programme de publications, jug trop
ambitieux. Il a nanmoins t dcid de Ç tenter le coup È et de
vrifier par la pratique de respecter la rgularit des parutions.
(*)
http://site.voila.fr/bulletin_Liaisons/docs/PR_et_centre_politique.pdf
Voir
aussi :
- contribution
sur les questions internationales
- bilan de lĠAssociation
populaire dĠentraide
- activit dans le Parti
socialiste
- un point de mthode :
la dialectique masses / appareils
- notre mthode de
dveloppement et nos perspectives
- frquentation du site
Ç le-militant.org È
- articles les plus lus
sur le site Ç le-militant.org È
- rsolution sur le
fonctionnement