La Voie Populaire n°32 (août 2002)

La Voie Populaire n°32 (août 2002)

 

TROIS MILLIONS DE MAL LOGES

 

  86.000 sans-abris, 200.000 personnes vivant dans des squats, des hôtels minables ou même des campings ; 500.000 en transit dans des meublés ou des sous-locations ; 1, 9 millions dans des logements qui ne comportent ni WC ni douche ; 600.000 familles qui s’entassent dans la même pièce pour dormir... la croissance et la reprise dans l’immobilier n’y auront rien changé.

 

  Au total, selon la fondation Abbé Pierre, 3.126.500 personnes ne parvenaient pas à se loger décemment en France en 2001.

 

L’écart entre bien et mal-logés s’accroit

 

«La situation est de plus en plus critique malgré les mesures prises par les pouvoirs publics», affirme Michel Cravou, délégué général de la Fondation. Principal coupable : «le nombre de logements sociaux est toujours insuffisant et inadapté aux plus modestes et aux plus fragiles». Alors que la construction de logements augmente et se situe au dessus de 300.000 par an, «15 % vont vers le parc social». Dans le parc privé, sur 135.000 logements réhabilités en 2001 pour manque de confort (des loyers de «48» pour la plupart) seulement 10.000 ont fait l’objet d’un loyer conventionné pour les familles modestes.

 

De plus en plus de salariés pauvres

 

  La Fondation les surnomme «les soutiers de la ville». Ce sont des employés communaux, de nettoyage collectif, dans la restauration ou la sécurité, aux horaires décalés et revenues modestes... On observe une montée chronique du nombre de mal-logés dans cette catégorie. Ce sont eux qui, surtout à Paris, le plus souvent d’origine immigrée, peuplent les squats et les meublés miteux.

 

d’après Le Parisien