TINTAMARRE  pour l'arrêt des expulsions

Dimanche 13 mars 2005 à 14h30 place de la république

 

Malgré les annonces de M. Borloo,  les expulsions sans relogement se sont poursuivies massivement en 2004 et vont encore menacer des dizaines de milliers de familles après le 15 mars, à la fin de la trêve hivernale. Les Préfets ont permis en 2003 l'expulsion manu militari de 21 500 familles en France dont 14 800 en Ile de France. En 1992, ils avaient autorisé 12 160 expulsions en France et 6 905 en Ile de France.

Les expulsions ont doublé depuis 12 ans ! Les jugements d'expulsion, environ 100 000 par an, sont rendus à la chaîne par les Tribunaux sans aucune considération pour les familles en situation de grande précarité, sans même accorder les délais jusqu’au relogement, mesure prévue par la loi.

 

Les foyers, et les hôtels sont pleins, les marchands de sommeil font fortune, et de plus en plus de personnes et de familles sont hébergées par leurs parents ou leurs amis. Les foyers de travailleurs migrants se dégradent dans l’indifférence générale. Les travailleurs sociaux ne peuvent plus répondre aux urgences des familles et des personnes à la rue, tout comme les associations de lutte des mal-logés, de précaires,  de locataires, humanitaires.

 

L’expulsion frappe désormais à toutes les portes, congés spéculatifs et ventes à la découpe se multiplient dans les grandes villes, les loyers flambent

Les causes sont connues : politiques publiques favorisant la spéculation et la flambée immobilières, insuffisance de logements sociaux , élimination des locations privées bon marché (loi de 48, garnis, chambres de bonne ...), démolition de logements sociaux, déconventionnements de milliers de logements HLM, fragilisation des statuts des locataires, et des profits de plus en plus élevés réalisés par les bailleurs privés.

 

Tandis que 2 millions de ménages sont demandeurs d'un logement social en France, dont 400 000 en Île de France, le gouvernement accélère les réformes libérales alimentant ainsi la crise du logement.

Il tente de tromper l’opinion en annonçant un plan de 500 000 logement sociaux qui mélange vrais et faux logements sociaux, vrais et faux financements, le chiffre annoncé est farfelu.

En effet, la suppression du contingent Préfectoral et la déréglementation des loyers dans les HLM (loi de décentralisation), l'accélération des démolitions HLM ainsi que la privatisation des SA HLM (loi Borloo 2003), la réduction des aides logement (APL,AL,ALT) et des aides à la construction et à la réhabilitation de logements sociaux ( loi de finance 2003, 2004 et 2005) placent les locataires dans la précarité. Même dans les HLM, les locataires ne sont plus assurés de leur droit au maintien dans les lieux.

Le gouvernement accélère le rythme  et prépare une nouvelle loi sur l'habitat dont l'objectif est entre autre de développer massivement les ventes des HLM, de liquider la loi de 1948, qui permet encore à 200 000 locataires modestes et souvent âgés de se loger dans les grandes villes, de mettre encore plus d’arbitraire dans les attributions de HLM, de poursuivre la privatisation des HLM visant cette fois les Offices HLM.

Il faut réagir ensemble, nombreux et solidaires face à cette offensive sans précédent contre les mal-logés, les sans-logis et les locataires de logements privés comme de logements sociaux !

Rendez-vous avec vos casseroles dimanche 13 mars (à 14h30 place de la république) pour exiger (de M Chirac, M de Villepin et M Borloo) :

 

- que cessent les expulsions : arrêt des expulsions sans relogement, interdiction des congés ventes, baisse des loyers et des charges dans le parc privé comme dans le parc public, éradication de la spéculation immobilière, revalorisation des allocations logement (AL, APL …)

- la défense du logement social : abrogation de toutes les mesures de marchandisation et de privatisation du logement social, {gel} des démolitions massives de HLM, création d’un service public du logement.

- le droit au logement pour tous : Réquisition des logements vides, Production massive de vrais logements sociaux, des critères de transparence dans les attributions de HLM, gel des loyers, Droit au logement opposable .

 

 

Premiers signataires : DAL, Coordinations des travailleurs sociaux de Paris, Confédération Paysanne, CNL, Collectif logement 95 Est, Monique Crinon (cédétim), Association populaire d’entraide.

 

 

 

Voir aussi :

- Imposante manifestation des travailleurs sociaux pour le droit au logement (Militant, mars 2004)