ECHANGE DE CORRESPONDANCE AVEC MICHEL NEYRENEUF

Militant n°1 (avril 2003)

 

18ème arrondissement

 

SUITE à un rendez-vous avec l’adjoint au logement du 18ème arrondissement (cf. la Voie Populaire n°32), Gwenola Martin lui a écrit au nom de l’Association populaire d’entraide le 21 octobre dernier pour  rendre compte des commentaires sur l’échange ayant eu lieu.

 

«Lors de la dernière réunion de notre association qui s’est tenue le 25 septembre dernier, nous avons fait part à nos adhérents du compte-rendu de la réunion que Mlle Ouarda Yahi et moi-même avons eue avec vous le 17 juin dernier.

  Leur ayant détaillé les cas concrets que nous vous avions alors soumis, à savoir notamment le 24 rue Laghouat et le 25 rue Stephenson, nous avons néanmoins collectivement constaté qu’aucune solution ou proposition n’a encore été avancée.

  D’autre part, l’ensemble des adhérents a été fortement surpris lorsque nous leur avons détaillé la composition de la commission d’attribution de logement de la mairie du 18ème arrondissement. Nous constatons que le rôle dévolu aux associations au sein de celle-ci reste assez restreint.

  Vous nous aviez affirmé que la transparence de l’attribution des logements était désormais acquise, du fait de l’action de cette commission. C’est pourquoi, en accord avec l’ensemble des adhérents présents lors de notre dernière réunion, nous avons décidé de vous solliciter afin d’ouvrir des sièges de la commission d’attribution de logements du 18ème arrondissement à un représentant de notre association, ainsi qu’à ceux d’autres associations de défense des mal-logés».

 

  Michel Neyreneuf a répondu dès le 29 octobre à la lettre de Gwenola Martin, dans les termes suivants :

 

«En ce qui concerne le 24 rue Laghouat, dès que la Ville sera rentrée en possession des lieux (ce qui devrait arriver bientôt) les relogements pourront démarrer.

  Pour le 25 rue Stéphenson, j’ai demandé que cet immeuble soit intégré à l’OPAH de renouvellement urbain que la Ville est en train de lancer. Pour les familles mal-logées (notamment en suroccupation) le traitement de leurs dossiers se fait actuellement comme l’ensemble des dossiers de demandeurs de logement de l’arrondissement.

  Je m’étonne des commentaires que vous faites sur la composition de la Commission d’attribution mise en place par la mairie du 18ème. Je ne vois pas pourquoi elle n’est pas transparente. J’ai même accentué son indépendance vis à vis des politiques, puisque l’élu qui y siège (moi-même) ne vote pas. Composée de représentants de 3 associations bien implantées dans le 18ème (deux associations de locataires et une association de quartier qui tient une permanence logement dans le quartier de la Goutte d’Or) et de 3 services sociaux qui nous signalent régulièrement des situations de mal-logés, elle est vraiment fondée sur la transparence.

Je tiens à vous faire savoir que j’avais proposé au DAL 18ème d’y participer. Celui-ci a décliné mon offre, alors que c’est l’association de défense des mal-logés la plus importante du 18ème.

Aussi, compte-tenu de cette situation qui me parait satisfaisante, la composition actuelle de la commission ne sera pas modifiée.»

 

Les arguments avancés par Michel Neyreneuf n’ont guère convaincu. On notera tout d’abord que rien de vraiment concret n’est dit concernant les cas des 24 rue Laghouat et 25 rue Stéphenson. Dans ce dernier cas, dire que les dossiers sont suivis «comme (pour) l’ensemble des dossiers de demandeurs de logement» revient de fait à opposer une fin de non recevoir aux revendications spécifiques qui sont formulées. Et pour les deux immeubles des garanties sont demandées pour les sans-papiers mal-logés qui y résident en étant titulaires de baux. Seront-ils relogés ?

  Concernant la commission d’attribution des logements, le fait que l’adjoint au logement n’y vote pas n’est pas une réponse réelle à la question posée. Ce choix est pour le moins contestable : en agissant ainsi, l’élu qu’est Michel Neyreneuf n’assume pas ses responsabilités et les rejette sur les associations, les plaçant ainsi en situation d’avoir à assumer les choix faits en lieu et place de la majorité municipale (PS, PCF, Verts, PRG). Pour autant, Monsieur Neyreneuf ne dévoile même pas dans son courrier quelles sont ces associations. On fait mieux comme transparence...

  On ne discutera pas ici de la caractérisation du DAL comme «association de défense des mal-logés la plus importante du 18ème» qui appelerait pourtant divers commentaires. Par contre, le fait que le DAL refuse de siéger à la commission ne disqualifie pas par principe ceux qui pourraient souhaiter le faire et qui n’ont aucune raison de se sentir représentés par lui..

 

  La question reste donc entière. Michel Neyreneuf mettant implicitement en doute la représentativité de l’Association populaire d’entraide, celle-ci a donc décidé de s’adresser à la masse des habitants de l’arrondissement pour leur demander d’appuyer son combat par la signature d’une pétition.