Imposante manifestation pour le droit au logement
RASSEMBLER 1.500 manifestants un lundi à 15h n’est pas chose aisée. C’est pourtant ce qu’a réussi à faire lundi deux février le Collectif des travailleurs sociaux pour le droit au logement (*).
Après quelques prises de parole à la Place d’Italie, le cortège, très dynamique et déterminé, s’est rendu vers la Sorbonne. On y trouvait, en masse, des assistantes sociales de la ville de Paris, mais aussi des militants politiques (LO) et des mal-logés dont un contingent du DAL. Etaient également présents des supporters de Militant. La coordination des travailleurs sociaux avait préparé force pancartes faisant un certain nombre de constats accablants : «la rue tue», «un logement décent réduit l’échec scolaire» ou «le saturnisme provoque une destruction lente et douloureuse des cellules nerveuses». D’autres pancartes constataient, fort à propos, que «la suroccupation nuit à la libido».
«Chirac, es-tu sourd à l’appel des mal-logés ? Branche ton Sonotone. Et Raffarin achètes-en un», conseillaient des manifestants. Les slogans s’inquiétaient assez largement de la situation des SDF et réclamaient aussi, classiquement «l’application de la loi de réquisition». Cette dernière demande, véritable leitmotiv du DAL, n’est pourtant pas sans poser problème dans la mesure où la loi prévoit une indemnisation des sociétés réquisitionnées. Ceci revient à dire que c’est finalement le contribuable qui va payer, et non les spéculateurs.
Parvenu à la Sorbonne, le cortège s’est dispersé, appelant à participer à un colloque qu’y tenait Emmaüs et à rejoindre le campement établi par le DAL au Champs de mars.
La presse n’a quasiment pas relaté la manifestation : rien dans l’Humanité du lendemain et seulement quelques lignes dans Le Monde. Celle-ci marque pourtant un regain de mobilisation tout à fait remarquable sur la question du logement. Elle démontre aussi la nécessité d’opérer une jonction entre les associations et les syndicats de salariés. C’est en effet grâce à la mobilisation des professionnels du secteur (elle-même permise par le soutien de la CGT, de SUD, de sections FO au Collectif) qu’il a été possible d’impulser une vraie dynamique n
(*) Voir «la révolte des travailleurs sociaux» dans Militant n°3.