Mal-logé : « espèce » en voie d’augmentation

 

Ouarda YAHI (03/03/2005)

 

Nous sommes au 21ème siècle et malgré la richesse de la France, il y a encore beaucoup trop de mal-logés dans notre pays : plus de trois millions de personnes, selon la Fondation Abbé Pierre. Ajoutons à ce chiffre, les cinq millions de personnes qui, à tout moment, peuvent se retrouver dans la même situation, en raison d’un emploi précaire ou d’un hébergement provisoire chez un tiers.

La pénurie de logements sociaux ne fait qu’accroître ces chiffres suffisamment alarmants pour ne pas se pencher sur le problème sérieusement.

Incontestablement, les pouvoirs publics ne construisent pas assez vite pour enrayer ce fléau qui touche les classes populaires.

Malheureusement, les conditions d’hébergement des ménages sont souvent liées à leur situation financière.

Selon une étude de l’INSEE, en 27 ans (entre 1975 et 2002), la part des ménages sans emploi a doublé. Malheureusement, l’absence de diplôme ou de qualification est souvent un frein à l’accès à l’emploi. En janvier 2005, le taux de chômage a atteint le seuil symbolique de 10 % de la population active, son plus haut niveau depuis 5 ans.

Pour éviter la rue et l’isolement, de plus en plus de personnes démunies se retrouvent héberger chez un tiers, membre de leur famille ou pas. Et bien souvent, l’hébergeant, aussi généreux soit-il, ne se trouve pas forcément dans une situation financière plus enviable et peut, lui aussi, basculé très vite dans la précarité.

 

Il serait peut-être temps que le gouvernement s’intéresse enfin au problème des mal-logés et en fasse sa priorité.

Pendant que les listes d’attente pour un logement en HLM s’allongent, pour 14 000 € par mois et 600 m2 de superficie, l’Etat hébergeait (depuis la polémique, le verbe n’est plus conjugué au présent)  une famille de 10 personnes, en l’occurrence, l’ex-ministre de l’économie M. Hervé GAYMARD, sa femme et ses 8 enfants. L’attitude que ce ministre a adoptée est proprement scandaleuse, quand on prône par ailleurs l’économie à tout va.

Malheureusement, il n’est certainement pas le seul membre du gouvernement à bénéficier d’avantages de cette nature. Dur de renoncer à ses privilèges !

Immeubles insalubres, pénurie de logements sociaux, chômage en hausse, augmentation des prix…bienvenue en France.

 

 

 

Voir aussi :

Liaisons : Gaymard évincé ; il l’a bien cherché (28/02/2005)