Manifestation pour le
droit au logement pour tous sans discrimination
16/10/2005
Prs de 10.000 personnes ont dfil samedi
15 octobre dans l'aprs-midi Paris pour le "droit au logement pour tous
sans discrimination.
Le principal
point mis en avant tait lopposition aux mesures de Sarkozy via la Prfecture de
Paris qui a pris prtexte des incendies meurtriers de cet t non pour reloger
les gens mais pour lancer les CRS contre les habitants des immeubles
insalubres.
A ce jour, douze
dentre eux ont t vids par la police, dont deux occups par des locataires
en rgle. Les familles en question taient donc places en tte de cortge
derrire des banderoles relogez ! ou portant des pancartes Sarkozy,
il faut pas nous expulser sinon on va camper .
Les principaux
cortges taient ceux du DAL, de la CNL (1), des CAL (2) et dSOS Racisme. On
notait galement un ple significatif du CCSA (3), renforc par des mal-logs
dAubervilliers et Vitry. Il y avait galement une foule de petits groupes
locaux et une reprsentation importante des forces politiques soutenant le
mouvement : PCF, LO, LCR, Verts
Les militants de lAssociation populaire dentraide ont
rejoint quelques familles du 25 rue Stphenson (4) dans le cortge du CAL 18e.
Cette nouvelle organisation sest fait remarquer par son dynamisme dans les
dernires manifestations de mal-logs. Il sagit dune scission du DAL, un
nombre croissant de personnes semblant prendre conscience des pratiques
douteuses de cette organisation, dnonces depuis des annes par lAssociation
populaire dentraide et quelques autres. Les CAL semblent encadrs par des
membres de la LCR, ce qui est un tournant tout fait intressant de la part
dune organisation qui a manifest jusquՈ une priode rcente un opportunisme
coeurant lՎgard de DAL et du prtendu mouvement des sans (5).
La manifestation a mis en vidence la converge entre quatre
catgories sociales diffrentes : 1) les squatters parisiens, souvent
issus de limmigration Malienne et public traditionnel des
organisations style DAL ; 2) les familles ouvrires immigres, dont des
retraits, locataires en titre dappartements insalubres ; 3) les
rsidents de cits HLM de banlieue menaces de destruction suite aux politiques
de dmolition impulse par lEtat et les municipalits ; 4) les
locataires des beaux quartiers parisiens, mis la porte par les fonds de
pension amricains et leurs ventes la dcoupe . Il sagit dune
modification substantielle qui largit considrablement le champ des luttes sur
le logement et peut le faire sortir de lancienne dialectique travailleurs
pauvres Africains / soutiens pour aller vers une large alliance
de classe incluant des fractions significatives du proltariat et des classes
moyennes urbaines. Cest ce potentiel quexprimait la banderole du comit du 3me
arrondissement contre les ventes la dcoupe qui proclamait
mal-logs, dcoups : tous unis .
Reste maintenant forger ce front autour dun programme cohrent
sur la question du logement. De ce point de vue, on peut pointer les limites du
mot dordre de rquisition dans la mesure o celles-ci sont
accompagnes lgalement dune indemnisation des spculateurs (6) et o la
question essentielle est celle de la construction de logements sociaux, les
organismes HLM ne ralisant quune infime partie des objectifs qui leur sont
allous. Cest dans ce cadre quon doit sopposer aux dmolitions de logements
HLM. Une autre faiblesse du mouvement est son incapacit apporter des
rponses immdiates aux agissements des sbires de Sarkozy. Il y a urgence
organiser un vaste rseau militant susceptible de se mobiliser rapidement et de
sopposer physiquement aux expulsions dimmeubles insalubres tant que des
garanties de relogement dans le parc social ne sont pas donnes.
1) Confdration nationale du logement
2) Comits action logement
3) Comit chmeurs et salaris dAlfortville, partenaire rgulier
de lAssociation populaire dentraide
4) Voir la ptition en dfense des rsidents de cet immeuble
du 18me arrondissement
5) Voir le dbat M. Fournier / R. Debord anomistes ou
proltaires ?
6) Dans ce cas il conviendrait plutt de parler d
expropriation