Militant
n°3 – novembre 2003
Raymond Debord
Avec L’Humanité
C’EST UN BUDGET sacrifié qu’ont présenté Gilles de Robien
(ministre de l’équipement, des transports et du logement) et Jean-Louis Borloo
(ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine).
En 2004, le budget diminuera de plus de
8 % en euros constants (6, 8 % en euros courants). Le ministre lui-même avait
annoncé la couleur dans une tribune du Figaro, parue fin août, où il dressait
un constat alarmant tout en prévenant «comme d’autres secteurs, le budget du
logement ne sera pas épargné» par des restrictions budgétaires.
Pendant ce temps, la demande de
logements sociaux explose, pour atteindre selon l’INSEE, plus d’un million de
demandeurs début 2002, soit presque 20 % de plus qu’en 1996. L’offre du
logement social est alimentée pour 90 % par la mobilité des locataires et pour
10 % seulement par les nouvelles constructions. Or le taux de mobilité se
contracte de 0, 5 % par an depuis 1999, ce qui a pour résultat de réduire de 20
000 logements l’offre annuelle.
Jusqu’en 2002, les constructions
prévues n’étaient même pas mises en chantier. Maintenant, ce sont les dotations
budgétaires qui font défaut.
Les pouvoirs publics privilégient
résolument le secteur privé et les aides pour les HLM ne représentent plus que
31 % des sommes déboursées par l’Etat et les collectivités locales.
hausses des charges
Parallèlement, la note est de plus en
plus salée pour les locataires, avec des loyers 2002 qui, selon la CNL, ont
augmenté deux fois plus vite que l’inflation, que ce soit dans le parc social
comme dans le privé.On attend maintenant des hausses des charges et de la taxe
d’habitation.
Les aides financières aux personnes,
qui concernent près de 6 millions de locataires dont la moitié habitent en HLM,
diminuent elles de 10 % et touchent de moins en moins les gens disposant d’un
salaire.
Les grands bénéficiaires des différents
dispositifs sont les constructeurs privés alors que «la politique étatique pour
le logement social est réduite de façon drastique», selon les mots de
Jean-Pierre Giaccomo, président de la CNL.
Voir aussi :
- Logement, emploi,
éducation : le jeu de massacre