La Voie Populaire n°32 (août 2002)

La Voie Populaire n°32 (août 2002)

 

LE PETIT FACTEUR DE JOSPIN

Raymond Debord

 

  A PEINE avait-il réussi l’exploit de preque égaler le score d’Arlette et de surclasser celui de Robert Hue que le sémillant Olivier Besancenot, candidat surmédiatisé de la mal-nommée Ligue communiste révolutionnaire était adoubé comme grand refondateur de la gauche par l’hebdomadaire Politis, organe central de l’écolo-gauchisme fatigué.

  Manque de bol, si la LCR a réussi à égaler Lutte Ouvrière aux législatives, c’est dans le recul : à peine plus d’1 % des voix pour chaque organisation. Personne n’a donc de raisons de pavoiser et on notera que l’électorat de la supposée «extrême gauche» est beaucoup plus volatil que celui des forces «traditionnelles».

  D’après les sondages sortie des urnes, ce sont 53 % des électeurs de Besancenot à la Présidentielle qui se sont directement reportés sur le Parti socialiste aux législatives.

  Il est vrai que le PS lui-même semble avoir joué quelque rôle dans la candidature du jeune facteur, supposée saboter celle d’Arlette et favoriser un bon  report au second tour.

  Le Monde raconte ainsi comment à chaque fois que les dirigeants de la LCR ont vent d’un maire socialiste prêt à signer «ils composent le numéro de portable de Bruno Le Roux (responsable du PS aux élections) qui donne en direct son feu vert à l’élu hésitant» (04/06/02).

 Inutile de dire que Besancenot a saisi à pleines mains la perche qu’on lui tendait. Alors que la LCR annonçait un refus de vote pour le PS au second tour, lui précisait qu’ «à titre personnel» il irait voter Jospin.

  Comme le crime ne paie pas, non seulement Besancenot n’a pas voté Jospin, mais les deux ont voté... Chirac !