congrs du PS

 

La Ç synthse È tourne le dos ˆ la volontŽ populaire

 

Vincent PRESUMEY (21/11/2005)

 

La "synthse" rŽalisŽe au Mans a une signification malheureusement trs claire pour la masse des salariŽs : elle tourne le dos ˆ la manifestation Žclatante de la volontŽ populaire que fut le scrutin du 29 mai. Ceux qui l'ont faite font croire ou se font croire qu'elle indique, par la volontŽ de rassemblement, la voie d'un renforcement de la gauche pour 2007. C'est exactement le contraire qui est vrai : la "synthse" indique au peuple que les dirigeants du PS, y compris les plus notoires des tŽnors du Non au projet de traitŽ constitutionnel, lui disent d'attendre 2007 pour s'unir ˆ ce moment lˆ sur la mme politique que jusqu'ˆ prŽsent, celle du social-libŽralisme. Alors que la masse des salariŽs ont pour vrai problme de contre-attaquer aujourd'hui aux attaques anti-sociales extrmement violentes et ˆ la stratŽgie de la tension et de la violence qui rŽsument la politique de fuite en avant du gouvernement Chirac-Villepin-Sarkozy. Les travailleurs rŽagissent donc en disant "tous les mmes" ... mme ceux du "Non" qui ont fait la "synthse" : voila tout ce que ces derniers y ont gagnŽ, en vŽritŽ !

Par cette "synthse", la perspective d'une candidature de Laurent Fabius soutenue par une "union des gauches" (formule de JL MŽlenchon), ˆ laquelle des couches militantes croyaient sincrement sans se rendre compte que nous n'Žtions plus ˆ l'Žpoque de Mitterrand dans les annŽes 1970 et que ceci n'Žtait pas du tout une perspective pour la majoritŽ des travailleurs, est ramenŽe ˆ ses justes proportions : elle se situe dans le cadre de la politique inchangŽe de la direction du PS. JL MŽlenchon lui-mme a agi consciemment pour la synthse a minima. Il est souhaitable que les militants qui avaient fait leur alpha et leur omŽga de cette perspective, revenus de leurs illusions et de leur dŽception, et donc parmi eux ceux de la motion 2, se regroupent maintenant avec ceux qui, dans la motion 5, ont combattu la "synthse".

Dans cette dernire motion, l'agent dŽcisif de la "synthse", certes sur la ligne de V.Peillon, a ŽtŽ Henri Emmanuelli. Il a fallu pour cela le dŽni continuel de dŽmocratie dans le "Nouveau" Parti Socialiste, culminant dans les manipulations de tribune des rŽunions de motion durant le congrŽs. Les dŽlŽguŽs et les militants prŽsents ont tout vu, ils n'oublierons rien, ils rentrent avec un gožt ‰pre et amer ˆ la gorge et une conviction : plus jamais a ! plus de "direction" autoproclamŽe, place ˆ la dŽmocratie des militants, ˆ la force de la dŽmocratie ! les oligarchies autocooptŽes, a suffit !

V.Peillon a tentŽ de "vendre" la synthse en expliquant, scoop, que la direction Hollande avait changŽ de position sur l'Europe par delˆ le Oui et le Non ! A  la fois moins menteur et plus cynique, Henri Emmanuelli a expliquŽ que les textes, il s'en fout, et qu'un accord de direction Žtait nŽcessaire. Il estime sans doute avoir fait Žquilibre par rapport ˆ la direction, envers les forces social-libŽrale de DSK : Hollande avait besoin de lui pour emmener Fabius ˆ un accord de direction relativisant le poids des "strauss-kaniens". Nous devons bien entendu juger ces jeux d'appareil ˆ leur juste valeur, sans ignorer toutefois que, dans la crise sociale et f‰ce ˆ l'offensive de Sarkozy, une partie de l'appareil, des Žlus locaux et de la direction du PS peuvent rŽellement tre dŽstabilisŽs et rŽagir par des embardŽes ˆ gauche. Mais s'imaginer Žquilibrer l'aile la plus droitire par une "synthse" dont la caractŽristique premire est de piŽtinner le vote du 29 mai, de tourner le dos aux ouvriers des usines dŽlocalisŽes rencontrŽs par Henri Emmanuelli pendant la campagne rŽfŽrendaire, c'est totalement illusoire : cela signe la condamnation de la logique d'appareil, de la logique interne, dans laquelle, en dŽpit de ses dŽclarations sur le "peuple qui nous regarde", il a choisi de s'enfermer.

Pour mener ˆ bien cette opŽration, il fallait Žliminer les reprŽsentants des forces susceptibles de rŽsister. Dans la motion 2, l'appui de JL MŽlenchon a isolŽ les "rŽsistants" Žventuels. Dans la motion 5, le vilain travail rŽclamŽ par Hollande a dont ŽtŽ entrepris par la direction de la motion. Il faut Žcarter Marc Dolez, Žjecter les contributions de GŽrard Filoche sur les questions "sociales", et finalement il fallait aussi sacrifier symboliquement la "6¡ RŽpublique" d'Arnaud Montebourg, parce que si celui-ci ne s'Žtait pas distinguŽ dans le combat pour le Non socialiste, il avait, plus longtemps avant, assis son existence politique sur le combat contre l'exŽcutif chiraquien de la V¡ RŽpublique. La "synthse" avec Hollande, soi-disant pour contenir DSK et les plus socio-libŽraux, exigeait que Peillon et Emmanuelli fassent le mŽnage contre ceux qui avaient mis le branle ˆ l'organisation du Non socialiste et mis en cause les institutions de la V¡ RŽpublique.

Ils n'y sont pas arrivŽs jusqu'au bout. Dans la commission des rŽsolutions, Arnaud Montebourg, Marc Dolez, Christian Paul, Thierry Mandon, Karine Berger, ont dit "Non". Hors de la commission, GŽrard Filoche, ŽcartŽ, a diffusŽ ses amendements liquidŽs par les grands dŽmocrates de la "synthse".

Mme le vote biaisŽ, imposŽ dans la confusion  le samedi soir en AG de motion, a ŽtŽ un vote sur un mandat qui n'a pas ŽtŽ respectŽ. La rŽunion de motion du dimanche matin a ŽtŽ imposŽe aprs que le SO eut d'abord tentŽ de verrouiller la porte de la salle de rŽunion de la motion "ˆ la demande de son premier signataire" ... Mais ce combat a ŽtŽ menŽ et n'a pas ŽtŽ sans rŽsultats. 7% des dŽlŽguŽs, 43, produit de ce combat, n'ont pas votŽ la synthse (20 NPV signifiant qu'on ne s'associe pas ˆ la manoeuvre, 18 abstentions, 3 contre), et le nombre de ceux qui sont partis ou qui ont votŽ Oui la mort dans l'‰me est supŽrieur. Les mŽdias tout en soulignant le caractre factice de l'accord des chefs veulent ignorer ces 43 dŽlŽguŽs, qui ont votŽ en accord avec la majoritŽ des Žlecteurs des motions 5 et 2. Quand ˆ l'accord des chefs, s'il est vrai qu'il est factice, il ne l'est pas sur un point : leur union contre les militants, contre la base sociale et Žlectorale du parti socialiste, contre le mouvement rŽel du peuple de gauche.

Alors ? Alors, ce rŽsultat confirme qu'il Žtait juste, dans le cadre du PS, de combattre ˆ travers la motion 5, certes, mais peu importe qu'on partage ou non cette apprŽciation sur le bilan. L'essentiel, c'est qu'il faut faire savoir et concrŽtiser l'existence d'une force politique, hŽritire du Non socialiste. Il y a un an, les tenants du Non n'existaient pas. F. Hollande disait " "Marc Dolez n'existe pas". Nous sommes ceux qui n'existent pas, nous sommes la majoritŽ. Notre union peut et doit se faire, sur l'urgence sociale, contre la V¡ RŽpublique et le gouvernement, maintenant.

 

 

 

Voir aussi :

RŽsultat ˆ Paris 3me et premires estimations Parisienne et nationale