Praxis
n°3 - mars 2001
syndicalisme
n
Cher
ami, cher camarade,
Des
militants syndicalistes membres ou sympathisants de la Gauche
révolutionnaire/La Commune ont adopté l’Appel que vous trouverez ci-dessous.
Ils proposent que tous les militants et organisations en lutte contre la loi
Aubry et ses implications dans les entreprises s’en emparent pour le faire
leur. D’ores et déjà, le Comité syndical contre la loi Aubry et quelques
sections syndicales ont décidé de reprendre l’appel et de le faire signer
largement. Voici le «timing» imaginé :
L’appel
est initié par une liste de premiers signataires dont vous pouvez faire parti
en retournant votre signature (nom prénom responsabilité adresse) avant dimanche
19 mars.
L’appel
est aussitôt édité en version grand public avec la liste des premiers noms que
nous souhaitons la plus large possible.
En
fonction des remontées de signatures obtenues dans les entreprises et sur les
marchés, nous organisons, tous ensemble, des réunions de branches, de ville
etc.
Le
succès venant, nous organisons alors une réunion nationale ou même une
manifestation de rue.
Voici
le texte:
Dans
tout le pays, la plupart des grèves en cours ont pour centre le refus de
l’application de la loi Aubry. Et pour cause : cette loi n’a rien à voir avec
la réduction du temps de travail à 35h hebdomadaires sans perte de salaire,
avec les embauches correspondantes permettant ainsi la lutte contre le chômage.
La loi Aubry, c’est l’annualisation du temps de travail. C’est 1600 heures à
faire dans l’année au gré des besoins patronaux dictés par le carnet de
commande et la concurrence. C’est tantôt une semaine à 45 heures, et l’autre à
25. Résultat déjà constaté par les salariés : c’est la fin des heures
supplémentaires, des temps de repos. Ce sont les horaires variables et
irréguliers, au détriment de la vie de famille. C’est le travail le week-end
sans compensation, c’est la généralisation dans l’industrie du travail «en
décalé», de nuit etc.
Cette
loi est nocive. Elle a été taillée sur mesure pour les besoins du patronat en
matière de remise en cause des droits acquis. L’objectif est simple: écraser le
coût du travail, autrement dit s’en prendre directement ou indirectement aux
salaires. La loi aubry ouvre la porte à des accords d’entreprise, des accords
«maison» qui remettent en cause le Code du travail. Elle permet la liquidation
des conventions collectives dans le bâtiment, les banques, la métallurgie, les
grands magasins etc. Comble de cynisme, la loi Aubry accorde aux patrons des
aides financières colossales sous forme d’allégement des cotisations sociales.
La loi Aubry est une loi qui impose la flexibilité du temps de travail et
n’oblige même pas les patrons à embaucher! Elle n’empêche en rien les
licenciements massifs.
Dans
la fonction publique, le gouvernement ne cache même pas que l’application des
35 heures-Aubry se fera «sans création d’emplois». Cette loi n’avait-elle pas
été présentée à l’origine comme une loi de lutte contre le chômage ? Mais
contre les fonctionnaires, les masques tombent. L’accord qui leur est proposé,
outre qu’il ne pose pas la question des embauches de postes statutaires, ne
pose pas plus celle des salaires! C’est tout simplement un «accord» qui impose
la flexibilité et l’annualisation du temps de travail. Il doit être rejeté par
les organisations syndicales.
Pour
toutes ces raisons, il nous apparaît
que la défense des acquis, la défense des conventions collectives, des
salaires, des statuts passe par le refus de la loi Aubry et de son application.
Cette loi n’est ni négociable, ni amendable. Elle doit être abrogée. Elle doit
faire place à une vraie loi de réduction du temps de travail, une loi pour les
35 heures hebdomadaires sans perte de salaires avec les embauches correspondantes.
Nous signataires, chômeurs, salariés du public et du privé, syndiqués,
non-syndiqués, jeunes, retraités nous lançons cet appel aux militants des
organisations ouvrières syndicales et politiques pour qu’ils constituent un
Front commun contre la loi Aubry et réalisent l’unité d’action pour exiger son
abrogation. Dès aujourd’hui nous appelons à l’extension et à la coordination
des luttes en cours pour construire une grève interprofessionnelle d’ampleur
nationale.
Vous
pouvez co-signer cet appel, recevoir sa version «grand public» avec les
premiers signataires, et proposer toute initiative en écrivant chez Jean-Yves
LESAGE 40 rue Pradier 75019 Paris (éventuel soutien financier au même nom) ou
faire parvenir un e.mail a: abrogaubry@hotmail.com