Praxis
n°3 - mars 2001
l’enquète
dans la problématique libératrice
n
Mao ZEDONG
(mai 1930)
Vous n’avez pas fait d’enquête sur un
problème, et on vous prive du droit d’en parler. Est-ce trop brutal? Non, pas
du tout. Du moment que vous ignorez le fond du problème, faute de vous être
enquis de son état actuel et de son historique, vous n’en sauriez dire que des
sottises. Et les sottises, chacun le sait, ne sont pas faites pour résoudre les
problèmes, qu’y a-t-il donc d’injuste à vous priver du droit de parler
? Or, beaucoup de camarades ne font que divaguer, les yeux fermés ; c’est
une honte pour des communistes ! Comment un communiste peut-il parler ainsi en
l’air, les yeux fermés ?
C’est
inadmissible !
Inadmissible
!
Faites
des enquêtes !
Et
ne dites pas de sottises !
Vous ne pouvez pas résoudre un problème
? Eh bien, allez vous informer de son état actuel et de son historique !
Quand vous aurez fait une enquête approfondie, vous saurez comment le résoudre.
Les conclusions se dégagent au terme de l’enquête et non à son début. Il n’y a
que les sots qui, seuls ou à plusieurs, sans faire aucune enquête, se mettent
l’esprit à la torture pour “trouver une solution”, “découvrir une idée”.
Remarquons qu’aucune bonne solution, aucune bonne idée n’en sortira. En
d’autres termes, ces sots ne peuvent arriver qu’à une mauvaise solution, à une
mauvaise idée.
Ils ne sont pas rares, nos inspecteurs,
nos chefs de partisans, nos cadres nouvellement installés qui se plaisent, dès
leur arrivée, à faire des déclarations politiques et qui se mettent, sur de
simples apparences, pour quelque détail infime, à censurer ceci, à condamner
cela avec force gestes autoritaires. Rien de plus détestable, vraiment, que
cette manière de dire des sottises qui est purement subjective. Ces gens sont
sûrs de tout gâcher, de perdre l’appui des masses et de ne pouvoir résoudre
aucun problème.
Nombreux sont les dirigeants qui ne
font que pousser des soupirs en face des problèmes difficiles, sans pouvoir les
résoudre. Perdant patience, ils demandent à être mutés, alléguant qu’ “ils ne
peuvent s’acquitter de leur tâche, par manque de capacité”. C’est là le langage
d’un lâche. Mais remuez vous un peu ! Allez faire un tour dans les secteurs et
les localités qui sont de votre ressort et faites comme Confucius qui «posait
des questions sur tout» ! Si peu de capacité que vous ayez,vous saurez
alors résoudre les problèmes; car s’il est vrai qu’en sortant de chez vous,
vous avez la tête vide, il n’en sera plus de même à votre retour : votre
cerveau sera muni de tous les matériaux nécessaires à la solution des
problèmes, qui se trouveront ainsi résolus. Est-il toujours nécessaire de sortir
de chez vous ? Pas forcément. Vous pouvez convoquer à une réunion d’information
des personnes bien renseignées pour remonter à l’origine de ce que vous appelez
un problème difficile et pour vous éclairer sur son état actue l; il vous sera
alors facile de résoudre ce problème difficile. L’enquête est comparable à une
longue gestation, et la solution d’un problème au jour de la délivrance.
Enquêter sur un problème, c’est le résoudre.
Tout ce qui est dans les livres est juste,
tel est, aujourd’hui encore, l’état d’esprit des paysans chinois,
culturellement arriérés. Mais il est surprenant que dans les discussions du
Parti communiste il se trouve aussi des gens pour lancer à tout propos :
“Montre-nous ça dans ton livre !” Quand nous disons que les directives des
organes dirigeants supérieurs sont justes, ce n’est pas simplement parce
qu’elles émanent d’un “organe dirigeant supérieur”. mais parce que leur contenu
correspond aux conditions objectives et subjectives de la lutte et répond à ses
besoins. Exécuter aveuglément les directives, sans les discuter ni les examiner
à la lumière des conditions réelles, voilà l’erreur profonde de l’attitude
formaliste, uniquement dictée par la notion d’ “organe supérieur”. C’est
précisément par la faute de ce formalisme que la ligne et la tactique du parti
n’ont pu jusqu’ici pénétrer profondément dans les masses. Exécuter aveuglément,
et apparemment sans objection aucune, les directives d’un organe supérieur
n’est pas les exécuter réellement, c’est la manière la plus habile de s’y
opposer ou de les saboter. En sciences sociales également, la méthode qui
consiste à étudier exclusivement dans les livres est on ne peut plus
dangereuse, elle peut même conduire à la contre-révolu-tion. La meilleure
preuve, c’est que bien des communistes chinois qui, dans leur étude des
sciences sociales, ne quittaient jamais les livres sont devenus, les uns après
les autres, des contre-révolutionnaires. Nous disons que le marxisme est une
théorie juste ; non certes que Marx soit un «prophète», mais sa théorie s’est
vérifiée dans notre pratique, dans notre lutte. Nous avons besoin du marxisme
dans notre lutte. En acceptant
cette théorie, nous n’avons en tête aucune idée formaliste, voire mystique
comme celle de “prophète”. Parmi ceux qui ont lu des livres marxistes, beaucoup
sont devenus des renégats de la révolution; et souvent des ouvriers illettrés
sont capables de bien assimiler le marxisme. Il faut étudier des livres
marxistes bien sûr, mais sans omettre de les rapporter à la réalité de notre
pays. Nous avons besoin de livres, mais nous devons absolument nous débarrasser
du culte que nous leur vouons au mépris de la réalité. Comment nous en
débarrasser? Le seul moyen est de faire des enquêtes sur l’état réel de la
situation.
IV. L’ABSENCE D’ENQUETE SUR LA REALITE DONNE LIEU A UNE
APPRECIATION IDEALISTE DES FORCES DE CLASSE ET CONDUIT A UNE DIRECTION
IDEALISTE DU TRAVAIL, CE QUI CONDUIT SOIT A L’OPPORTUNISME, SOIT AU PUTSCHISME
Vous ne croyez pas à cette conclusion ?
Les faits vous y obligeront. Essayez d’apprécier la situation politique ou de
diriger une lutte en dehors de toute enquête sur la réalité et vous verrez si
votre appréciation ou votre direction n’est pas vaine, idéaliste, et si cette
façon vaine et idéaliste de faire une appréciation politique ou de diriger un
travail ne conduit pas aux erreurs opportunistes ou putschistes. Assurément,
elle y conduira. Ce n’est pas que vous n’ayez pas pris soin de préparer un plan
avant d’agir ; mais vous ne vous êtes pas attachés à connaître les
conditions réelles de la société avant d’élaborer le plan ; cette façon de
faire se rencontre fréquemment dans les unités de partisans de l’Armée rouge.
Des officiers du genre de Li Kouei (1) punissent sans discernement leurs hommes
dès qu’ils les trouvent en défaut. Le résultat, c’est que les coupables se
plaignent, que des querelles s’ensuivent et que les dirigeants perdent tout
leur prestige. Cela n’est-il pas souvent arrivé dans l’Armée rouge ? C’est
en nous débarrassant de l’idéalisme, en nous gardant de commettre toute erreur
opportuniste ou putschiste que nous pouvons gagner à nous les masses et vaincre
l’ennemi. Et pour nous débarrasser de l’idéalisme, nous devons nous efforcer de
faire des enquêtes sur la réalité.
V. L’ENQUETE SUR LES CONDITIONS SOCIALES ET ECONOMIQUES A
POUR BUT D’ARRIVER A UNE JUSTE APPRECIATION DES FORCES DE CLASSE ET DE DEFINIR
ENSUITE UNE JUSTE TACTIQUE DE LUTTE
Telle est notre réponse à la
question : Quel est le but d’une enquête sur les conditions sociales et
économiques ? Ce qui fait l’objet de notre enquête, ce sont donc les
différentes classes sociales et non pas des phénomènes sociaux fragmentaires.
Depuis quelque temps, les camarades du 4ème corps de l’Armée rouge donnent en
général leur attention au travail d’enquête (2), mais la méthode de beaucoup
d’entre eux est erronée. Le résultat de leur enquête ressemble aux comptes d’un
épicier, rappelle cette foule d’histoires sensationnelles qu’un campagnard a
entendu raconter en ville, ou bien fait penser à une cité populeuse aperçue de
loin au sommet d’une montagne. Une telle enquête n’est guère utile et ne nous
permet pas d’atteindre notre objectif principal qui est de connaître la
situation politique et économique des différentes classes de la société. Notre
enquête doit pouvoir nous donner, en conclusion, un tableau de la situation
actuelle de chaque classe ainsi que des hautes et des bas qu’elle a connus dans
le passé. Par exemple, lorsque nous faisons une enquête sur la composition de
la paysannerie, nous ne devons pas seulement nous renseigner sur le nombre des
paysans propriétaires, des paysans semi-propriétaires et des fermiers, qui se
distinguent les uns des autres sous le rapport de la location des terres, nous
devons surtout connaître le nombre des paysans riches, des paysans moyens et
des paysans pauvres, qui se distinguent par des différences de classe ou de
couche sociale. Lorsque nous procédons à une enquête sur la composition des
commerçants, nous ne devons pas seulement connaître le nombre des personnes
réparties dans le commerce du grain, dans la confection, dans le commerce de
plantes médicinales, etc., nous devons surtout nous enquérir du nombre des
petits commerçants, des commerçants moyens et des gros commerçants. Nous devons
enquêter non seulement sur la situation de chaque profession ou état, mais
encore et surtout sur sa composition de classe. Nous devons enquêter non
seulement sur les relations entre les différents états, mais avant tout sur les
rapports entre les différentes classes. Notre principale méthode
d’investigation est de disséquer les différentes classes sociales, et notre but
final est de connaître leurs relations mutuelles, d’arriver à une juste
appréciation des forces de classe et de définir ensuite une juste tactique pour
notre lutte, en déterminant quelles sont les classes qui constituent nos forces
principales dans la lutte révolutionnaire, quelles sont celles que nous devons
gagner à nous comme alliées et quelles sont celles que nous devons renverser.
Voilà tout notre but.
Quelles sont les classes sociales qui
doivent faire l’objet de l’enquête ? Ce sont :
Le
prolétariat industriel,
les
ouvriers artisanaux,
les
salariés agricoles,
les
paysans pauvres,
les
indigents des villes,
le
Lumpenproletariat,
les
propriétaires d’entreprises artisanales,
les
petits commerçants,
les
paysans moyens,
les
paysans riches,
les
propriétaires fonciers,
la
bourgeoisie commerciale,
la
bourgeoisie industrielle.
Au cours de notre enquête, nous devons
porter notre attention sur la condition de toutes ces classes (ou couches
sociales). Dans la région où nous travaillons pour le moment, seuls le
prolétariat industriel et la bourgeoisie
industrielle
font défaut, les reste nous est familier. Notre tactique de lutte n’est autre
que celle que nous adoptons à l’égard de toutes ces classes et couches
sociales.
Nous avons eu dans notre travail
d’enquête une autre insuffisance sérieuse: nous avons mis l’accent sur les
régions rurales au détriment des villes, de sorte que nombre de nos camarades
ont toujours eu une idée bien vague sur la tactique à adopter à l’égard des
indigents des villes et de la bourgeoisie commerciale. Le développement de la
lutte nous a fait quitter la montagne pour la plaine (3) ; physiquement, nous
sommes depuis longtemps descendus des hauteurs, mais mentalement, nous y sommes
toujours. Nous devons connaître la ville aussi bien que la campagne ;
autrement, nous ne pourrions répondre aux besoins de la révolution.
V. LA VICTOIRE DANS LA LUTTE REVOLUTIONNAIRE EN CHINE
DEPEND DE LA CONNAISSANCE QU’ONT LES CAMARADES CHINOIS DE LA SITUATION DE LEUR
PAYS
Le but de notre lutte est de passer de
la démocratie au socialisme. Dans cette tâche, la première chose à faire, c’est
de mener à son terme la révolution démocratique en gagnant à nous la majorité
de la classe ouvrière et en soulevant les masses paysannes et les indigents des
villes pour renverser la classe des propriétaires fonciers, l’impérialisme et
le régime du Kuomintang. Puis, avec le développement de cette lutte, nous
aurons à réaliser la révolution socialiste. L’accomplissement de cette grande
tâche révolutionnaire n’est pas chose simple et aisée ; il dépend
entièrement de la justesse et de la fermeté de la tactique de lutte employée
par le parti prolétarien. Si cette tactique est erronée ou hésitante, la
révolution essuiera inévitablement un échec temporaire. Sachons bien que les
partis bourgeois, eux aussi, discutent chaque jour leur tactique de lutte ; il
s’agit pour eux de savoir comment propager les idées réformistes dans les rangs
de la classe ouvrière pour abuser celle-ci et la soustraire à la direction du
Parti communiste, comment gagner les paysans riches pour liquider les
insurrections des paysans pauvres et comment organiser le Lumpenproletariat
pour réprimer la révolution, etc. Quand la lutte de classe devient de plus en
plus acharnée et prend la forme d’un corps à corps, le prolétariat doit
entièrement compter, pour sa victoire, sur la justesse et la fermeté de la
tactique de lutte de son parti, le Parti communiste. Une tactique de lutte du
Parti communiste qui soit aussi juste que ferme ne saurait être élaborée par
quelques personnes s’enfermant entre quatre murs ; elle ne peut provenir
que de la lutte des masses, c’est-à-dire de l’expérience pratique. C’est
pourquoi nous devons constamment nous tenir au courant de l’état de la société
et faire des enquêtes sur la réalité. Les camarades qui ont l’esprit figé,
conservateur, formaliste et indûment optimiste croient que la tactique de lutte
adoptée aujourd’hui est la meilleure qui soit, que les “livres” (4) publiés par
le VIe Congrès du Parti communiste garantissent à jamais notre victoire et
qu’il suffit de se conformer aux décisions prises pour vaincre partout. Cette
façon de voir est tout à fait fausse, elle est incompatible avec l’idée qui
veut que les communistes créent par la lutte des situations nouvelles ;
elle ne représente qu’une ligne purement conservatrice. Si elle n’est pas
totalement rejetée, cette ligne conservatrice causera un grand préjudice à la
révolution et nuira à ces camarades eux-mêmes. De toute évidence, certains
camarades de l’Armée rouge sont heureux d’en rester là, ils ne cherchent pas à
connaître le fond des choses, sont d’un optimisme vain et propagent cette idée
fausse : “Ça, c’est du prolétariat”. Ils ne font que manger et boire toute
la journée et passent leur temps à sommeiller dans leurs bureaux, sans vouloir
jamais mettre le pied dans la société, parmi les masses, pour faire une
enquête. Quand ils s’adressent aux gens, c’est toujours la même rengaine
assommante. Pour réveiller ces camarades, il nous faut leur crier :
Débarrassez-vous au plus vite de votre
esprit conservateur !
Remplacez-le par un esprit agissant,
progressiste et communiste !
Allez dans la lutte !
Allez parmi les masses et faites des
enquêtes sur la réalité !
1) Tenir des réunions d’information et
procéder aux enquêtes au moyen de la discussion. Seule cette façon de faire
permet d’approcher la vérité et de tirer des conclusions. S’en rapporter
uniquement à la relation que fait quelqu’un de sa propre expérience, sans tenir
de réunions d’information ni mener une enquête au moyen de la discussion, est
une méthode sujette à l’erreur. Et celle qui consiste seulement à poser à la
réunion quelques questions au hasard sans soulever les problèmes essentiels ne
permet pas de tirer des conclusions plus ou moins exactes.
2) Qui doit assister à la réunion
d’information ?
Ceux qui connaissent parfaitement la
situation sociale et économique. Du point de vue de l’âge, les personnes âgées
sont préférables, car elles ont une riche expérience et connaissent non
seulement l’état actuel des choses, mais encore leurs causes et effets. Les
jeunes ayant l’expérience de la lutte doivent être également du nombre, parce
qu’ils ont des idées progressistes et un sens aigu de l’observation. Du point
de vue de l’état, on peut faire venir des ouvriers, des paysans, des
commerçants, des intellectuels, parfois des soldats et même des vagabonds. Naturellement, quand l’enquête porte
sur un sujet bien déterminé, il n’est pas nécessaire d’avoir des gens étrangers
à la question; ainsi, les ouvriers, les paysans et les étudiants n’ont pas
besoin d’être présents quand il s’agit d’une enquête sur le commerce.
3) Qu’est-ce qui est préférable : une
grande ou une petite réunion d’information ?
Cela dépend de la capacité de
l’enquêteur à conduire la réunion. Pour un enquêteur capable, le nombre des
participants peut dépasser une dizaine ou même une vingtaine. Une réunion
nombreuse a son avantage : elle permet d’établir des statistiques relativement
exactes (par exemple, lorsqu’on veut connaître le pourcentage des paysans
pauvres par rapport au nombre total des paysans)et de tirer des conclusions
relativement correctes (par exemple, lorsqu’on veut savoir si la distribution
égale des terres est préférable à leur distribution différenciée).
Naturellement, une réunion nombreuse présente également des inconvénients :
celui qui ne sait pas bien la conduire n’arrive pas à y maintenir l’ordre.
Ainsi, le nombre des participants dépend de la compétence de l’enquêteur.
Toutefois, une réunion doit avoir au moins trois personnes, sinon les
renseignements seraient trop limités pour refléter la vérité
4) Etablir un plan d’enquête.
Il faut avoir un plan préparé.
L’enquêteur posera des questions en suivant l’ordre prévu par ce plan et les
participants y répondront de vive voix. Les points obscurs ou douteux seront
soumis au début. Le plan d’enquête doit comporter des chapitres et des
sous-chapitres; par exemple, dans le chapitre “commerce”, les tissus, les
grains, les articles divers, les plantes médicinales constituent autant de
sous-chapitres, et le sous-chapitre “tissus” se subdivise à son tour en
calicots, tissus de fabrication locale, soieries, etc.
5) Participer personnellement à
l’enquête.
Ceux qui occupent un poste dirigeant,
depuis le président du gouvernement cantonal jusqu’au président du gouvernement
central, depuis le chef de détachement jusqu’au commandent en chef, depuis le
secrétaire de cellule jusqu’au secrétaire générale du Parti, doivent sans
exception enquêter personnellement sur la réalité sociale et économique, ils ne
doivent pas se fier uniquement aux rapports écrits, car autre chose est
d’enquêter soi-même, autre chose est de lire des rapports.
6) Approfondir la matière.
Tous ceux qui débutent dans le travail
d’enquête doivent procéder à une ou deux enquêtes approfondies, c’est-à-dire
connaître parfaitement un endroit (un village, une ville) ou une question (les
grains, la monnaie). La connaissance approfondie d’un endroit ou d’une question
leur permettra de s’orienter plus facilement dans les enquêtes ultérieures sur
d’autres endroits ou d’autres questions.
7) Prendre soi-même des notes.
L’enquêteur doit non seulement présider
lui-même la réunion d’information et la diriger convenablement, mais encore
prendre lui-même des notes afin de consigner les résultats de son enquête. Il
ne faut pas confier ce travail à d’autres.
(1) Vaillant héro du célèbre roman chinois «Au bord de
l’eau» qui décrit la guerre des paysans vers la fin de la dynastie des Song du
Nord (960-1127). Il est connu par sa franchise et son dévouement à la
révolution paysanne, mais aussi par la rudesse de son caractère.
(2) Sur l’initiative de
Mao Zedong le travail d’enquête fut progressivement développé dans le 4e corps
de l’Armée rouge. De plus, il fit de l’enquête sociale une règle de
travail ; le Département
politique de l’armée rouge établit un questionnaire détaillé comportant les
titres suivants : situation de la lutte des masses, situation des
réactionnaires, vie économique du peuple, terres possédées par les différentes
classes de la campagne, etc.
(3) Par montagne,
l’auteur entend la région des monts Tsingkang, située aux confins des provinces
du Kiangsi et du Hounan, et par plaine, la partie méridionale du Kiangsi et la
partie occidentale du Foukien. En Janvier 1929, Mao Zedong, à la tête des
forces principales du 4ème corps de l’Armée rouge, quitta les monts Tsingkang
pour se diriger vers la partie sud du Kiangsi et la partie ouest du Foukien
afin d’y établir deux Importantes bases révolutionnaires.
(4) Il s’agit des
résolutions adoptées en juillet 1928 au VIe congrès du Parti communiste chinois
: résolution politique, résolution sur la question paysanne, la question
agraire et l’organisation du pouvoir, etc. Au début de 1929, le Comité du Front
du 4ème corps de l’Armée rouge fit imprimer ces résolutions et les distribua
aux organisations du Parti dans l’Armée rouge et aux organisations locales du
Parti.