Praxis
n°4 – décembre 2001
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Vers un conseil consultatif des étrangers à Paris
La
municipalité de Paris a lancé le processus de mise en place d’un conseil
consultatif des étrangers, préparé par des «assises de la citoyenneté» qui se
sont tenues dans la plupart des arrondissements.
La
municipalité a donc choisi une voie médiane entre ceux qui (comme l’extrême
droite, la droite ou les chevènementistes) lient citoyenneté et naturalisation
et ceux qui (comme les Verts ou le PCF) se prononcent pour le droit de vote des
immigrés aux élections locales.
Le
conseil consultatif des étrangers présente une limite évidente, puisqu’il n’a
comme son nom l’indique aucun pouvoir réel. Il peut également générer des
effets pervers en pérennisant la ségrégation entre citoyens à part entière et
immigrés. Mais il a surtout l’inconvénient de fonctionner selon le principe de
la cooptation. A Paris, c’est l’équipe de Bertrand Delanoë qui désignera les
personnes amenées à siéger au conseil. On peut donc craindre que ce soient les
candidats les plus dociles (proches du PS ou membres d’associations insérées
dans le système institutionnel) qui soient finalement choisis au détriment de
personnalités plus remuantes, même si plus représentatives. La désignation ou
non de Salima Jamili, présidente de l’Association populaire d’entraide, qui
s’est portée candidate, sera de ce point de vue un test.
En
participant à la démarche initiée par la municipalité, l’association ne masque
pas ses divergences tant avec le PS qu’avec le reste de la gauche dans la
mesure où elle se prononce quant à elle pour le droit de vote et l’éligibilité
des immigrés à toutes les élections. Elle prend néanmoins en compte le fait que
le nouveau maire de Paris a tenu une de ses promesses et posé un acte politique
concret, ce qui n’est pas rien dans le contexte actuel compte tenu des
atermoiements des uns et des autres sur la question.