Le trio infernal :
l'argent, l'Opus DŽi et le Vatican ... Tout ceci n'est qu'une fiction...
Ç CAMINO 999 È
de Catherine Fradier
Editions Aprs la lune
13 Û
fŽvrier 2007
Je n'ai pas l'habitude de lire les polars, il y a trs
longtemps d'ailleurs que je n'ai pas ouvert un roman policier.... Comme j'apprŽcie
bien la maison d'Žditions Ç Aprs la lune È qui se comporte comme une
entitŽ militante et que l'Opus DŽi veut poursuivre les Ç responsables È
de cette oeuvre, je me suis dit que c'Žtait le moment de m'y mettre.... Je n'ai
pas ŽtŽ dŽu, le roman, trs rythmŽ est passionnant.
Carla Montalban, hŽritire d'une riche famille a choisi la
police, pour changer de milieu et vivre d'une manire indŽpendante. PassionnŽe
par son travail et les investigations, le commandant Montalban se retrouve ˆ
enquter sur une suite de meurtres...Sa famille serait impliquŽe dans une
affaire politico-financire liŽe indirectement mais aussi directement ˆ ces
crimes.
Il s'agit lˆ d'un roman qui dŽcrypte dans le cadre d'une
histoire parfois haletante les relations plus que troubles entre le pouvoir et
la Ç Santa Mafia È, bras armŽ de toujours du Vatican et encore plus
aujourd'hui.
Le lecteur est placŽ au coeur mme de l'affaire Matesa qui
a ŽclaboussŽ les Giscard d'Estaing dans les annŽes 1970...Cette affaire a
conduit ˆ l'assassinat du dŽputŽ Jean de Broglie....Aprs l'Etat UDR, c'Žtait
le rgne de l'Etat des RŽpublicains indŽpendants....
Le lecteur est tout de suite pris dans les mailles du
filet et l'auteur rŽussit ˆ le captiver de la premire ligne ˆ la dernire...
Nous n'avons aucun moment de relache, l'enqute policire
se dŽroule avec un encha”nement de crimes, des rebondissements et bien plus
tard le voile se lve.
Si les personnages sont imaginaires, certaines caractŽrisations
nous font penser ˆ des personnes bien rŽelles : Ç Gabriel Žtait un
psychopathe, trempant dans un bŽnitier de dogmes o la compassion et la
culpabilitŽ Žtaient exclues. Tant de religions qui asservissaient les hommes,
qui mettaient le monde ˆ feu et ˆ sang au nom de croyances qui servaient
d'alibi ˆ des manipulateurs et ˆ des assassins. È
Cette fiction ne pla”t pas du tout ˆ l'Opus DŽi qui
attaque en justice l'Žditeur et l'auteur de ce roman policier parce que
l'honneur de cette Ç institution È serait salie. Quelle honneur?
Comme si cette officine intŽgriste n'Žtait qu'un groupe de pensŽe comme un
autre ...De qui se moque t-elle? De la dŽmocratie qui l'emporte peu.
Je vous conseille pour votre plaisir et pour marquer votre
solidaritŽ d'acheter ce roman... Mais attention: ds la premire page le lecteur a du mal ˆ interrompre sa
lecture, il est vite passionnŽ.
Jean-Franois CHALOT