LE PROCESSUS DE CONSCIENTISATION

 

Dominique Cornet

 

Texte d'introduction d'un forum présenté lors de la fête de Lutte Ouvrière de juin 2001

 

La volonté de mettre en en oeuvre la conscientisation découle d' une réflexion sur la conscience de classe. Deux hypothèses extrêmes de la formation de la conscience de classe peuvent être proposées.

 

1ère possibilité : la conscience de classe n' est pas spontanée. Dans ce cas, la classe ouvrière dépend d' individus disposant d' une conscience politique leur permettant de connaître les intérêts de la classe ouvrière. Cette approche pose de nombreux problèmes. Comment se fait-il que ces individus ont une conscience politique leur permettant de voir ce que la classe concernée ne voit pas ? Ces individus appartiennent-ils ou non à la classe ouvrière ? Pourquoi se soucient-ils de la classe ouvrière ? Dans le meilleur des cas, la classe ouvrière peut accéder à une conscience de classe au contact de ces individus conscients. Et au pire, elle doit se contenter de suivre les instructions données par les individus conscients extérieurs à la classe. Cette approche conduit à la notion d' avant-garde. Les individus conscients pensent et agissent à la place de la classe ouvrière. Le risque de faire le bonheur des gens malgré eux existe, avec toutes les conséquences fâcheuses qui peuvent en résulter. Au nom de quoi les masses devraient-elles suivre les individus éclairés (constitués en un ou plusieurs groupes ou partis, peu importe) ? Pourquoi le feraient-elles puisque justement elles n' ont pas une vision claire de leurs intérêts réels ? Il apparaît  une contradiction entre l' émancipation de la classe et le fait qu' elle n' ait pas d' autre possibilité que de suivre des individus éclairés, ce qui constitue une aliénation, une dépossession de soi. Une observation rapide des réalités sociales historiques rend cette théorie sujette à caution. Les groupes politiques s' autoproclamant avant-garde ne sont-ils pas parfois dépassés par les mouvements sociaux ? Et pour quelles raisons les connaissances socio-politiques (permettant une conscience de classe) ne se diffuseraient-ils pas au sein de la classe à partir des groupes organisés (partis, syndicats, associations) au point que de nombreux membres de la classe ouvrière se retrouveraient sur un pied d' égalité avec l' avant-garde sur le plan de la conscience de classe ?

 

2ème possibilité : la conscience de classe est spontanée. Dans ce cas, il n'est nul besoin d' agir pour que la classe acquiert une claire conscience de ses intérêts. L' action consiste plutôt à empêcher que la classe ne soit perturbée par des groupes politiques qui prétendent penser, parler et agir en son nom justement. La notion d'avant-garde n' appartient aucunement à cette approche, et constitue même un obstacle à abattre. (Cela ne signifie aucunement qu' il s' agit de faire preuve de populisme en dénigrant le savoir et les théories.) Cette approche est discutable si l' on en juge, là encore, par la réalité socio-politique. La classe ouvrière semble parfois aveuglée. Sa participation à la guerre 1914-1918, par exemple, ne témoigne pas en faveur d'une conscience de classe affirmée. Autre exemple, nombre de sans-papiers considèrent ou considéraient tout à fait normale la situation qui leur était faite puisqu'à leurs propres yeux leur origine étrangère légitimait l' exclusion subie. D' ailleurs, les membres de la classe ouvrière les plus exploités et les plus dominés ne sont généralement pas les plus combatifs contre le système politico-social. D' une manière générale, la classe ouvrière ne dispose guère de fortes organisation politique de lutte contre le capitalisme, et ce dernier domine la planète.


Les notions de conscience de classe et d' avant-garde selon La Voie Populaire.

L' hypothèse de la Voie Populaire est intermédiaire entre les deux possibilités indiquées ci-dessus. D' une part, nous supposons que la conscience de classe est acquise par l' individu et dépend donc de lui. La conscience de classe connaît  un développement interne. Cela signifie que les individus au sein de la classe ouvrière développe leur conscience de classe. D' autre part, nous supposons que ce processus n' est pas entièrement spontané. Il s' effectue au contact d' individus ou de groupes ayant une conscience de classe plus avancée.

En conséquence, l' existence d' une élite est reconnue. Celle-ci dispose de davantage de connaissances théoriques ou d' une plus grande expérience militante que le reste de la classe ouvrière. Il y a donc une avant-garde. Mais simultanément, est également reconnue la nécessité que le peuple s' auto-organise, s' émancipe. L' avant-garde a donc une place spécifique qu' il faut définir précisément pour éviter toute incompréhension, tout malentendu. L' avant-garde, selon La Voie Populaire, a pour but d' aider la population à s'auto-organiser de façon consciente. Elle agit au sein de la classe ouvrière. Elle a un rôle d'agent de conscientisation et d' animation. Mais en aucun cas elle ne se substitue à la classe ouvrière ou n' agit à sa place.  Elle est au service de la population pour l' aider à prendre en main sa destinée.

Dans cette approche, l' expression avant-garde ne convient donc pas vraiment. Il est préférable pour éviter toute confusion de parler d' animateurs ou d' agents  de conscientisation. Ces derniers ne sont pas un pôle de référence immuable. Ils n' ont pas une théorie achevée qu' il suffit d' appliquer.
Car, d' une part, les animateurs font partie du même collectif que les membres de la classe ouvrière. Le dialogue  entre tous doit être maintenu fermement. Car, pour qu' il soit possible de progresser il faut que chacun accepte d' apprendre de l' autre, de se remettre en cause face au discours de l' autre. Les membres de la classe ouvrière ont à apprendre au contact des animateurs (qui ont généralement une plus grande expérience militante et une connaissance théorique plus profonde). Mais ces derniers ont aussi à apprendre face aux membres de la classe ouvrière. Car ceux-ci savent mieux que quiconque ce qu' ils vivent, quelle est leur condition. Les animateurs ont aussi à apprendre des membres de la classe ouvrière quelle est la meilleure façon d' intéresser la classe ouvrière à son devenir. Ainsi, chacun est susceptible d' évoluer dans la relation. Il s' agit de faire ensemble et non à la place de l' autre.
Et d' autre part, les animateurs ont à apprendre des mobilisations populaires. Qui peut prétendre savoir mieux que quiconque (et en particulier mieux que l' intéressé) ce qu' il faut faire à chaque instant ? Si certains savent mieux que d' autres, cette hiérarchie n' est pas forcément intangible. Selon les domaines et selon les circonstances les membres de la classe ouvrière qui ont la vision la plus claire des intérêts de l' ensemble ne sont pas forcément les mêmes. Encore une fois, être ensemble implique de reconnaî re l' autre et sa valeur. Ainsi l' animateur ou agent de conscientisation (même si l' expression est pompeuse) est un accompagnateur. Il n' est ni absent, ni substitut. Il ne fait pas "à la place" mais "avec" ceux qu' il accompagne. Il permet aux classes populaires de penser, parler et agir collectivement. Chacun respecte les goûts et les engagements de chacun. Dans un collectif, c'est le respect des différences qui permet de "faire ensemble". Si le groupe est inerte, sans expression, l' animateur propose et entame une action. Mais son but (comme celui de tout animateur ou éducateur) est de disparaître. Le but est que le groupe puisse fonctionner sans que quiconque n' oriente son action. Et alors, l' animateur n' a pas de raison d' être. Il est vrai qu' une hiérarchie risque de subsister en termes d' expérience militante et de savoir théorique. Car les individus directement soumis à la propagande capitaliste (à travers les médias, les relations hiérarchiques au travail ...) et ceux qui militent pour l' émancipation du peuple n' ont probablement pas le même niveau de conscience de classe. Cependant, même plus cultivés ou plus aguerris, les animateurs ne détiennent pas la vérité absolue. Il importe donc qu' ils restent modestes pour pouvoir corriger leurs éventuels erreurs. Etre animateur, c' est être à l' écoute.  pour pouvoir progresser et faire progresser le collectif. Il subsistera toujours une différence entre ceux qui se sont engagés dans une organisation collective et les autres membres de la classe ouvrière. Le processus de conscientisation ne semble donc pas devoir connaître de fin au niveau de la société. Mais au niveau individuel, la conscientisation a atteint son but lorsque l' individu devient lui-même animateur auprès d' autrui. Il peut être objecté que la notion d' avant-garde a été présentée de façon caricaturale au début de ce texte. Dans une version plus modérée, l' avant-garde n' exerce pas un dictat sur la population qu' elle ne peut pas encadrée. Mais le lien est basé sur la confiance. Cette thèse est elle aussi contestable. Pourquoi la population ferait-elle confiance à une élite (autoproclamée) ? Sur la base de la justesse des propositions passées répondent les partisans de cette démarche. Mais cette théorie pose problème. La qualité des actes posés par l' avant-garde ne garantit aucunement que les propositions futures seront également pertinentes, ni qu' il n' y aura pas trahison du peuple par l' élite. L' histoire témoigne d' ailleurs, malheureusement, des échecs et des trahisons des élites : qu' il s' agisse de la dégénérescence autoritaire et bureaucratique du parti communiste russe ou des ministres anarchistes (l' expression est presque drôle) espagnols. De plus, comment une population non entièrement consciente de ses intérêts ni de la situation socio-politique serait-elle apte à choisir l' élite dirigeante (la direction dans le jargon politique) qui la conduira vers un avenir radieux ? Il y a à ce niveau une contradiction.
Ces difficultés n' existent pas dans le cadre du processus de conscientisation. Les animateurs n' ont pas pour souci de proposer des idées à la population en espérant que celle-ci se laissera convaincre. Ils rejoignent la population pour lutter avec elle. Le lien n' est donc pas artificiel. Les agents de conscientisation ne se séparent pas de la population en étant dans une structure extérieure où se retrouve une supposée élite. Les animateurs sont dans le même collectif que la population qui souhaite se défendre. Le collectif agit de façon cohérente avec l' ensemble des individus qui le composent.

 

La dynamique de la conscientisation.

Il s' agit d' aller de l' individuel au collectif. C' est-à-dire de partir des problèmes individuels que connaissent les gens et d' élargir leur champ de préoccupations. L' objectif est que l' individu comprenne que ses problèmes sont partagés par autrui et que les problèmes des autres sont aussi les siens. Il s' agit que l' individu passe de la défense de ses droits à la défense des droits de tous. La solution des problèmes de chacun passe par la défense individuelle mais aussi par la défense collective. Défendre les droits de chacun, c' est aussi défendre ses propres droits. Dans une société où l' idéologie de la concurrence et de l' individualisme occupe une place importante, la Voie Populaire accompagne les individus vers la pensée, la parole et l' action collective. En résumé, il s' agit d' aller des problèmes individuels à l' auto-organisation collective.
Ce processus ne peut être obtenu par la contrainte, que cette contrainte soit apparente ou qu' elle soit plus sournoise, cachée derrière le chantage affectif ou d' autres manipulations. L' individu conserve sa liberté. Cette assertion est à entendre d' un point de vue métaphysique. Chacun peut choisir de défendre uniquement son intérêt personnel et d' oublier les autres. Aussi la Voie Populaire ne cherche-t-elle pas à intégrer par tous les moyens les gens qu' elle rencontre. Elle peut simplement leur proposer.  de rejoindre son projet.

La Voie Populaire accompagne les individus dans leur passage des préoccupations sociales vers la prise en compte du politique. Dépourvu de conscience de classe, les individus ont pour seul horizon leurs difficultés sociales. La Voie Populaire entend cheminer avec eux vers le politique. Le but n' est pas de proposer d' adhérer à une organisation politique, ni de faire de la politique politicienne ou électoraliste. La Voie Populaire veut vivre le politique au sens noble du terme avec la population qu' elle rencontre. La ligne directrice est de construire ensemble la "Cité", le collectif. En étant acteur de la construction du collectif, l' individu devient lui-même. Il cesse d' être étranger à lui-même. Il cesse d' être cet individu aliéné obligé de subir les règles sociales qu' il n' a pas choisi et qui fonctionnent à son désavantage. Cela signifie que les notions de "social" et de "politique" ne s' opposent pas. Il s' agit de partir des préoccupations sociales des individus. Et, la conscience des réalités sociales s' affinant, l' analyse devient plus politique. Les animateurs cheminent avec la population vers une vision et une action plus politique sans pour autant abandonner le terrain social à partir duquel cette conscience politique a pu apparaî re.
Le but n' est pas d' arriver à une conscience politique, puis d' abandonner toutes préoccupations sociales (celles-ci n' ayant été qu' un moyen pour faire naî re la conscience politique seule digne d' intérêt). Les préoccupations sociales sont déjà de la politique. Et la politique est porteuse de préoccupations sociales. Il n' y a pas d' opposition entre ces domaines. Le politique est social. Et le social est politique. S' intéresser à la dimension sociale conduit à un positionnement politique. Et l' affirmation politique entraîne l' action sociale. Simplement la vision socio-politique des individus est en général centrée sur leurs préoccupations propres qui sont plutôt sociales (revenus, logement ...). La conscientisation vise à développer une vision plus globale et plus politique de la société. Mais cela ne signifie nullement laisser tomber les aspects socio-économiques pour ne plus prendre en compte que le politique qui serait jugé être le seul domaine noble et celui auquel il suffirait de s' intéresser. Ainsi, il n' y a pas d' opposition entre le niveau individuel et le niveau collectif. Et il n' y a pas plus de séparation nette entre le social et le politique mais une gradation, une continuité entre ces réalités. Ainsi formulée, cette option peut laisser penser que la Voie Populaire entend transformer progressivement la société et ne situe pas dans la préparation d' une rupture de société. Cette question est complexe. Ce n' est pas aux animateurs de dire à la population ce qu' elle doit faire mais ils l' aident à percevoir la réalité sociale et à la transformer. Sachant aussi que toute action a un coût humain, qui peut prétendre avoir l' autorité morale lui permettant de conseiller à autrui de se lancer dans une action révolutionnaire ? Et inversement qui peut s' arroger le droit d' imposer à autrui de ne pas changer les fondements de la société ? Les animateurs s' efforcent de mettre en place un collectif qui pourra agir librement en connaissance de cause.


Méthodes concrètes.

Les considérations précédentes étant posées, comment procéder concrètement ? Le principe énoncé ci-dessous de travail en commun, en partenariat avec la population est un guide dans l' élaboration des méthodes de travail. C' est ensemble que les animateurs et la population progressent. Il convient de savoir écouter. Quels sont les difficultés de la population ? Qu' est-elle prête à faire ? Que souhaite-t-elle ? Et en même temps les animateurs doivent être en mesure de proposer des activités si la population ne parvient à expliciter ses désirs d' action. Au fond les animateurs se trouvent à la fois en posture de décoder.  les souhaits de la population et de proposer.  des activités lorsque l' expression populaire est absente. Le choix des méthodes est à soumettre à évaluation. Les objectifs visés ont-ils été atteints ? Et toujours il faut revenir à l'écoute de la population. Les animateurs ont à apprendre d'elle. Et réciproquement la population évolue au contact des agents de conscientisation. Encore une fois l'enrichissement est mutuel. Il n' y a pas de recettes, ni de méthodes toutes prêtes. Les animateurs ne savent pas tout, ni tout ce qu' il faut faire. C' est le cheminement en commun qui permet de progresser, et de progresser avec le souci d' abolir les frontières entre éducateurs populaires et population pour former (ou tendre vers) un collectif conscient et agissant. Et c' est l' écoute attentive qui permet de découvrir les moyens d' améliorer le fonctionnement du groupe. Ces belles considérations étant posées, l' expérience de la Voie Populaire ne peut-elle servir a dégager quelques pistes pour l' action ? Le premier moyen d' entrer en contact avec la population est d' offrir une réponse à leurs difficultés personnelles : accueil des gens sur leurs problèmes de carte de séjour, de logement, de santé, de travail, de relation avec l' administration... Cette méthode touche essentiellement des personnes ayant une conscience sociale peu développée et qui sont rarement membres d' autres organisations syndicales ou politiques. Les classes populaires (ouvriers, employés) déjà impliqués dans un collectif (syndical ou autre) se rallieront peut-être à des initiatives plus affirmés socialement ou politiquement.

Au niveau individuel encore peuvent être pratiqués des entretiens personnels portant sur les difficultés générales de la personne (qui n' auraient pas été détectés lors de l' accueil de la personne sur un problème différent), sur la vision qu' elle a de la société, sur les luttes qu' elle mène au quotidien, sur les changements qu' il serait souhaitable de réaliser au niveau social pour que l' existence s' améliore. Ce genre d' entretien permet d' avoir une idée du niveau de conscience de la personne et de la valoriser à ses propres yeux au travers des efforts qu' elle effectue. Cela permet également de donner la parole à des personnes rarement écoutées et qui ont plutôt à subir l' opinion et les leçons d' autrui. Il s' agit d' entrer dans une démarche où la personne est agissante (ce qui est déjà, en partie, une réalité si cette personne est venue à une permanence d'accueil). L' entretien est aussi le premier moyen de relier ses difficultés à celles des autres personnes qui sont dans le même cas pour dépasser la dimension individuelle et entrevoir les aspects collectifs des problèmes. La réunion de groupes sur un type de problèmes rencontrés permet aux intéressés de constater que les difficultés des autres sont semblables (ce qui peut être déculpabilisant). Une parole, une pensée et une action collective sont susceptibles d' émerger. Et il importe de rendre la parole, l' occasion de penser et l' opportunité d' agir à une population qui en est souvent privée. Cependant la réunion de groupes sur un thème risque justement d' enfermer les individus dans un problème particulier. Tandis que la constitution de collectif sur une base territoriale et non thématique offre la possibilité précisément de sortir d' une unique préoccupation pour se confronter à la variété des problèmes des catégories populaires et donc de mieux situer celles-ci dans les relations entre classes. Ces propositions n' ont rien de nouveau. Elles sont plus ou moins pratiquées par les syndicalistes et les militants politiques. Simplement la Voie populaire entend systématiser ces pratiques. Enfin, il faut voir les conséquences du fait que la Voie Populaire se situe dans une démarche dynamique et qu' elle entend rassembler les forces des couches populaires en évitant les clivages artificiels qui les divisent. Il conviendrait de débattre plus longuement sur ce sujet et d' apprécier les réalités concrètes à travers leurs singularités. Mais la Voie Populaire est prête à s' investir dans diverses organisations de la classe ouvrière (au sens large) en fonction de ses moyens et des sensibilités de ses membres. Elle s' efforce de constituer des courants de pensée et d' action dans ces diverses organisations (si leur fonctionnement le permet) sans chercher à recourir à des manipulations mais en proposant ouvertement ses positions. Il s' agit d' être un courant (et non une fraction) au sein de ces groupes. C' est-à-dire d' en faire partie honnêtement tout en gardant son identité.