La grande arnaque

 

Ç Les scandales de lĠŽpargne retraite

des millions de fonctionnaires

et de petits Žpargnants abusŽs È

de Guillaume Prache

Bourdin Žditeur

Avril 2008

284 pages

20 Û

 

Pendant des annŽes, patiemment, des centaines dĠinstituteurs mutualistes ont construit une retraite complŽmentaire solidaire, il sĠagissait de la MRI FEN . Je me rappelle dĠailleurs des conseils que me promulguait mon pre : Ç la retraite dĠinstituteur est maigre, il faut penser ˆ plus tard. Il faut faire vivre la solidaritŽ entre les gŽnŽrations È Je ne lĠai pas ŽcoutŽ : au lendemain de mai juin 68 en commenant ma carrire je pensais quĠen faisant la rŽvolution nous arriverions ˆ crŽer une sociŽtŽ socialiste solidaire qui nĠaurait pas besoin de caisses de retraite complŽmentaire. Il avait raison et moi tort car aujourdĠhui les barricadiers dĠhier sont retraitŽs et le changement de sociŽtŽ tarde ˆ venir.

 

Ceci Žtant dit, mon pre sĠil Žtait encore vivant serait scandalisŽ de voir ce quĠest devenu la caisse mutualiste que lui et ses camarades, instituteurs et instituteurs-secrŽtaires de mairie ont b‰ti.

 

Il aurait ŽtŽ effarŽ ˆ la lecture de ce livre fort documentŽ qui explique les scandales de lĠŽpargne privŽe et fait toute la lumire sur la gestion de la mutuelle, devenue le CREF :

 

Les logements de fonction, les indemnitŽs trs ŽlevŽes versŽes ˆ des administrateurs, des loyers non rŽglŽs par des associations amies, un train de vie de dirigeants en contradiction avec les valeurs affichŽes, voici lˆ quelques ŽlŽments du dossier dĠaccusation qui conduiront des dirigeants ˆ tre placŽs en garde ˆ vue et mis en examen

 

La Ç mutuelle È ŽclaboussŽe par ce scandale et quasi condamnŽe au dŽp™t de bilan rŽussit ˆ faire payer ses adhŽrents : en aožt 2002, ils reoivent un courrier les informant quĠil ne leur reste que deux choix : une rŽduction drastique de leur retraite complŽmentaire future ou un remboursement partiel des sommes versŽes , soumises alors ˆ lĠimp™t !

 

Ç Les courriers dĠaožt 2002 adressŽs aux adhŽrents sont incohŽrents, abscons, vagues, inquiŽtants et sans explications claires et prŽcises des raisons dĠun tel montage. È

 

LĠauteur analyse rigoureusement le fonctionnement de cette mutuelle qui aujourdĠhui sĠest transformŽe en CREF COREM et sĠen prend aussi largement ˆ PrŽfond ou ˆ la ComplŽmentaire de santŽ des hospitaliers.

 

A quoi peut donc servir lĠargent prŽlevŽ sur lĠŽpargne des adhŽrents ?

 

Ç Il est quasiment impossible de le savoir, car lĠassociation PrŽfond ne communique ni ses comptes ni aucune information ˆ ce sujetet, nĠinforme mme pas ses propres adhŽrents de la tenue de ses assemblŽes gŽnŽrales È ni de la tenue des congrs annuels dans des lieux de villŽgiatures comme la Corse ou les Antilles !

 

 LĠauteur qui lutte pour la dŽfense des Žpargnants nĠest tendre ni avec les gestionnaires non scrupuleux ni avec lĠEtat qui depuis des annŽes laisse faire ou nĠintervient que pour Žtendre lĠincendie.et passer lĠŽponge.

 

 Je regrette que ces scandales soient dŽnoncŽs par un expert financier qui a tendance ˆ jeter le bŽbŽ avec lĠeau du bain

 

Il est temps que des syndicalistes qui dŽfendent la retraite par rŽpartition et les intŽrts des travailleurs actifs ou retraitŽs mettent fin ˆ cette gestion Ç catastrophique È qui est bien souvent le fait dĠanciens dirigeants syndicaux.

 

Jean-Franois CHALOT