Militant n°2 - juillet 2003

L’exceptionnelle mobilisation des salariés ne parvient pas à bloquer la réforme des retraites

MALGRE DES GREVISTES par centaines de milliers et des manifestants par millions, le gouvernement n’a pas cédé et a fait entériner par le Parlement l’accord sur les retraites.

  La responsabilité principale de l’échec revient aux organisations syndicales qui se sont opposées jusqu’au bout au mot d’ordre de grève générale, seul à même de stopper la contre-réforme de Fillon.

  Parti de la base, ce mot d’ordre était pourtant repris en masse dans toutes les manifestations. Si les confédérations l’avaient relayé dès le 13 mai, tout aurait été différent.

  Dès le début, la CFDT s’est engagée aux côtés du gouvernement, selon une attitude maintenant classique depuis 1995.  Les autres confédérations ont quant à elle accompagné le mouvement mais en le saucissonnant en de multiples «temps forts» éloignés les uns des autres.

  La CGT a en particulier donné l’impression que son objectif n’était pas de gagner contre le gouvernement mais de faire une démonstration de force pour s’imposer comme un interlocuteur incontournable à l’avenir.

  «La CGT ne veut pas provoquer de crise politique gouvernementale», avouait au Monde son secrétaire général Bernard Thibault.

submerger les directions

Si la mobilisation des enseignants a été particulièrement massive et qu’elle a remporté une victoire partielle sur la question de la décentralisation, cela n’a pas suffit. Comme le note le bulletin l’Abeille rouge «la couche de jeunes radicalisés, principalement dans l’enseignement, s’est mobilisée de manière parallèle aux syndicats sans se donner les moyens ni les rechercher de submerger les directions syndicales qui restaient maîtres du calendrier et de la forme disloquante qu’elles imprimaient».

  Tout montre que s’ils veulent vaincre la prochaine fois, les salariés devront trouver les moyens de contraindre les directions syndicales. Cela passe par la constitution d’oppositions structurées et coordonnées dans toutes les organisations ainsi que par la généralisation des formes démocratiques d’organisation à la base (comités de grève) et leur centralisation n

 

Pour approfondir le sujet, lire les articles suivants sur le site www.le-militant.org

l Contribution au bilan du mouvement enseignant de mai-juin 2003

l Pourquoi la grève dans l’éducation nationale et ailleurs

l Retraites : le mouvement s’enracine (PCF 15e)

l Retraites : soyons réalistes