Retraites, école, décentralisation:
Raffarin, Fillon, Ferry sessoufflent.
Le mouvement des salariés du privé et du public s’enracine.
Malgré une intense propagande dans tous les media, le gouvernement
narrive pas à désamorcer le mouvement. Par millions, les salariés du public et
de plus en plus ceux du privé (chantiers navals, agro-alimentaire, automobile,
...), font grève, manifestent, soutiennent la mobilisation contre le plan
Fillon.
Les arguments mensongers de Raffarin et Fillon pour justifier leur
réforme des retraites passent de plus en plus mal dans l ‘opinion.
- Notre système de retraite, fondé en 1945 dans une France en
ruines, a permis de faire face à laugmentation du nombre de retraités de 5 à 12
millions depuis 1970. Pourquoi ne serait-il plus apte à faire face aux
prochaines évolutions démographiques ?
- Comment peuvent-ils justifier de nous faire cotiser 40, 42,
voire 45 annuités et travailler largement après 60 ans alors quil y a 5
millions de chômeurs dans le pays?
- Comment expliquent-ils quil ny aurait plus dargent pour
financer notre système de retraite par répartition mais plein pour développer
la capitalisation (fonds de pension)?
Ils narrivent pas à masquer que leur objectif est de laisser le
MEDEF saccaparer largent du financement de la retraite par répartition,
ponctionner encore davantage les salaires pour alimenter la bourse.
Manoeuvres tactiques en recul pour diviser le mouvement
En difficulté, le gouvernement tente de faire passer en force le
projet Fillon avant lété quitte à reporter les réformes de Ferry pour
lenseignement supérieur et la décentralisation des personnels non-enseigants du
secondaire (pour mieux revenir à la charge après les vacances). Déjà en
janvier, Francis Mer avait dû, devant lampleur du vote des électriciens et
gaziers, reporter la casse de leur système de retraite et la privatisation dEDF
et GDF. Ces tentatives pour briser la convergence des luttes notamment avec la
formidable mobilisation des personnels de léducation nationale démontrent la
faiblesse du pouvoir.
Tous ensemble, faisons capoter le projet Fillon pour sauver nos
retraites!
Le plan Fillon organise le déperrissement de la retraite par
répartition. Prolongeant les mesures Balladur, montées en puissance depuis
1993, il conduirait à amputer les retraites des fonctionnaires et des salariés
du privé de 20 à 40% dici 2020. Ces coupes sombres pour les salariés seraient
le pendant des milliards de nouvelles exonérations de cotisations sociales
patronales quil décide par ailleurs (ex: 6 milliards au nom de
"l’harmonisation des SMIC").Le projet de loi Fillon nest ni
amendable, ni négociable. Des points mineurs ne doivent pas en cacher la nature. Son retrait
pur et simple est la condition pour sauvegarder notre système de retraite par
répartition, socialement juste et économiquement efficace car fondé sur la
solidarité entre les générations et prélevé directement sur la création de
richesses par la cotisation sociale (part socialisée du salaire).
Aujourdhui, le mouvement social est porteur de l’alternative
politique
Dans limmédiat, lalternative politique nest pas à attendre du Parlement ou de
feue "la gauche plurielle" (le PS a dailleurs bien du mal à se
différencier de la droite sur les retraites). Elle est dans les mains des
millions de grèvistes, de manifestants, de salariés mobilisés. En gagnant
sur les retraites, ils peuvent mettre un coup darrêt à la politique antisociale
et antidémocratique menée dans lintérêt du MEDEF et des marchés financiers
depuis des années et aggravées par ce gouvernement qui a programmé le
démantèlement de la Sécu, de notre système de santé (déjà 600 nouveaux
médicaments ne sont plus remboursés), 8 milliards de privatisations en 2003 et
entreprend la casse du statut de lemploi, du droit du travail, la
généralisation de la précarité...
La portée dun succès sur les retraites: faire avancer toutes
nos revendications.
Cest aussi résister et combattre la mondialisation capitaliste
menée de concert par les gouvernements nationaux, lUnion européenne, lOMC., le
FMI... Au sommet de Barcelone en mars 2002, Chirac (comme Jospin) signait un
document fixant comme objectif un recul de lâge du départ à la retraite de 5
ans partout en Europe et la mise en concurrence des marchés de lélectricité. A
Evian, lors du G8, Chirac a dû avouer à ses pairs quen France, il y avait un
os.
Luttes 15ème
RATP: dépôt Croix-Nivert (bus 62, 39, 70, 92...), jusquà 90% de
grévistes. Métro ligne 8 (Balard): 22 des 24 conducteurs en grève la semaine du
3 juin
La Poste: facteurs et centre de tri, grèves depuis 6 semaines contre le
projet Fillon et contre la suppression de la deuxième tournée.
EDF-GDF: mouvements importants (Grenelle) également contre la privatisation
partielle envisagée dans un avant-projet de loi.
Imprimerie Nationale: 86% de grévistes mardi 13 mai. Mouvement contre le
démantèlement de lentreprise par le retrait des commandes publiques décidé par
le gouvernement (annuaires - Luc Ferry a expédié aux frais de lEtat son propre
livre de "réflexions" sur lécole à 900000 enseignants en le faisant
imprimer et co-éditer par le privé!)
Hôpitaux Necker et Pompidou: grève sur les retraites, mobilisation
contre les projets de division en 4 "zones" en vue dun démantèlement
de lAssistance publique. Menaces de fermeture dune partie des urgences
pédiâtrique cet été à Necker.
Mobilisation également à lInstitut Pasteur, aux CCP, au
ministère du travail, à France- Télévision...
Salariés du privé, fonctionnaires, salariés
des entreprises publiques, retraités:
Projet Fillon, tous concernés, tous perdants!
Au total en 2020, les retraites du privé comme du public seraient
amputées en moyenne de 30%!
- A cause de lallongement de la durée de cotisation pour tous (jusquà 42 ans en
2020), de laugmentation des pénalités, "décotes", pour les
fonctionnaires et de létablissement dun nouveau "malus" pour les
salariés du privé qui nauraient pas leurs annuités.
- A cause du maintien de lactualisation des pensions des retraités
actuels et futurs sur les prix "hors tabac" et non sur les salaires,
ce qui représente une perte sèche de pouvoir dachat chaque année.
- La réforme vise à faire "sauter le verrou" des retraites
des fonctionnaires et toute référence aux 37,5 annuités pour mieux tirer vers
le bas lensemble des retraites public/privé, comme il y a 10 ans la réforme
Balladur. Les régimes dits "spéciaux" néchapperont pas à cet
alignement par le bas comme le suggère larticle 3 du projet de loi
Fillon.Aussi, déjouons le piège de la division public/privé! Exigeons le retour
aux 37,5 annuités pour tous les salariés!
L’alternative tout de suite au plan Fillon:
Consolider tout de suite le système par répartition
Stopper la dégradation du niveau des
pensions et commencer à laméliorer. Cela passe par labrogation des lois
Balladur, le retour à
37,5 annuités pour tous, au calcul des pensions sur la moyenne des 10
meilleures années dans le privé, sur lindexation sur les salaires. Cest le
moyen dempêcher la dégradation du niveau des pensions. Il est nécessaire
également daugmenter le "minimum contributif" et les pensions de
réversion, dintégrer leurs primes au traitement indiciaire des fonctionnaires.
..
C’est possible! Quel financement?.Les
cotisations sociales!
- Baisse du chômage et augmentation des salaires amèneraient des
ressources nouvelles.
- Dans limmédiat, nous demandons la suppression de tous les
dispositifs de déductions de cotisations patronales (23 milliards en 2003!),
lextension de lassiette à tous les éléments de rémunérations (primes,
intéressement, plans "dépargne salariale"...).
- Enfin, nous envisageons sans complexe, quand le besoin sen fera
sentir, laugmentation du taux des cotisations patronales (inchangé depuis 1979
alors que les cotisations salariales ont crû de 40% ).
La France na jamais été aussi riche. Notre système de retraite
par répartition est la meilleure garantie pour assurer un bon niveau des
retraites parce que cest un prélèvement direct sur la richesse créée à
lentreprise, par la cotisation sociale. Il faut le défendre!
« La sécurité sociale répond à la préoccupation de débarrasser
les travailleurs de l'incertitude constante qui crée chez eux un sentiment
d'infériorité et qui est la base réelle de la profonde distinction des classes,
entre les possédants, sûrs d'eux-mêmes et de leur avenir, et les travailleurs,
sur qui pèse à tout moment la menace de la misère. » (extrait de l'exposé des motifs de
l'ordonnance du 4 octobre 1945 instituant la Sécurité sociale).
Le savez-vous?
Les fonctionnaires des collectivités locales et des hôpitaux
cotisent à hauteur de 1,1 milliard deuros par an pour financer les retraites
des commerçants et artisans au titre de la "surcompensation" à
laquelle leur caisse, la CNRACL, est soumise.
A comparer:
Coût du retour à 37,5 annuités pour les salariés du privé: 4,5
milliards deuros (0,3% du PIB).
Coût pôur la Sécu des exonérations de cotisations sociales
accordées aux patrons:
22 milliards en 2003
Epargne salariale en bourse: 300000 petits épargnants plumés
par la Poste.
Ils viennent de perdre de 15 à 40% de leurs économies avec le
produit financier BENEFIC (!) indexé sur le CAC 40 alors que la Poste leur
promettait une rémunération de 23% sur 3 ans. Jouer sa retraite en bourse, cest
courir le risque de ne pas en avoir... La Poste bafoue ses valeurs de service
public par ces pratiques.
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