Objet : Infos Luttes Sociales - Bull. nĦ 121)

Date : jeudi 6 octobre 2005 14:35

De : Faty Solidarite <fatysolidarite@hotmail.com>

Ë : <militant@le-militant.org>

 

Infos luttes sociales

 

Bulletin nĦ 121

 

6/10/2005

 

ComitŽ de soutien aux salariŽs en lutte d'Arcade, Quick, McDo, Frog, FNAC, Disney, Virgin, Pizza Hut, etc.

 

Pour tout contact : CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris (en prŽcisant bien le nom du comitŽ) - Chques ˆ lĠordre de ADC avec mention "soutien ˆ Faty", ˆ adresser ˆ ADC (boite nĦ 45) c/o Maison des associations 35-37 av. de la RŽsistance, 93100 Montreuil.

 

_______________________________________________________________________________

Contact : fatysolidarite@hotmail.com

 

Informations et documentations sur les luttes et les initiatives en cours :

http://www.ac.eu.org/

 

Compte rendu de nos activitŽs de fin septembre – dŽbut octobre 2005

 

 

Vendredi 30 septembre, au rendez-vous devant le sige dĠArcade nous nĠŽtions pas trs nombreux : quelques-uns dĠentre nous Žtaient malades au fond de leur lit, des sympathisants venus dĠEvreux nous rencontrer souhaitaient rentrer chez eux par le dernier train, dĠautres initiatives avaient lieu sur Paris et sa banlieue (comme le rassemblement pour protester contre lĠexpulsion du 117 avenue Jean Jaurs). De plus, la pluie sĠen mlait. Nous avons donc choisi un petit h™tel, pas trs loin dĠArcade, nous disant que ce serait une soirŽe tranquille et que nous nĠavions quĠˆ faire Ç le minimum syndical È. Nous avons eu des surprises.

Le Mercure de la rue de TrŽvise semble aux trois quarts vide, avec son salon dŽsert et pas mme ŽclairŽ et un rŽceptionniste perdu devant son grand comptoir. Pourtant lĠaccueil est assez surprenant : aprs nous avoir fourniun seau ˆ glace, ledit rŽceptionniste, nous voyant dŽballer nos victuailles, veut lui-mme dŽbarrasser la nappe et nous virer manu militari. Nous lĠinvitions ˆ se calmer et ˆ appeler un responsable. LĠarrivŽe de la directrice calme le jeu, mais pas pour longtemps. On ouvre la blanquette et on tente une nŽgociation, ˆ laquelle elle fait mine de se prter. Puis elle appelle les flics en douce. Nous nous lanons dans une lecture de Ç lĠesprit Accor È pour lui rappeler les lois de lĠhospitalitŽ. LĠescalade semble stoppŽe, place ˆ prŽsent aux discours autojustificateurs : lĠappel des flics

est du aux Ç procŽdures È quĠelle est censŽe respecter, lĠagressivitŽ de son personnel est due au fait quĠils sont jeunes et quĠils ont pris peur, car Accor raconte sur notre compte des choses terribles. Bref, tout le monde est responsable de quelque chose, sauf elle-mme. Nous lui rappelons quand mme que, parmi les diffŽrents groupes qui en veulent ˆ Accor, nous sommes les gentilsÉ Alors elle passe au registre Ç je vous comprends et je vous conseille È. Ç Vous perdez votre temps ici vous devriez voir la direction dĠAccor È (pourquoi pas, en effet), et quand nous lui rappelons que cĠest dans les h™tels quĠAccor fait son beurre et vend son image de moins en moins reluisante : Ç Vous devriez aller dans les h™tels de luxe, pas dans mon petit deux Žtoiles È. Nous lĠinformons que nous avons dŽjˆ rendu visite au Scribe et ˆ plusieurs Sofitel, et elle insiste : vous devriez y retourner (nĠimporte o mais pas chez elle, en somme). Constatant sa faible force de conviction, elle nous sort enfin un couplet que nous ne connaissons malheureusement que trop bien : le propriŽtaire de lĠh™tel nĠest quĠun franchisŽ, il nĠa rien ˆ voir avec Accor (que font tous ces logos et ces prospectus Accor dans son hall ?), dĠailleurs il possde aussi un IbisÉ (tiens donc !). Ses femmes de chambre sont trs bien traitŽes, au point que le fait dĠtre sous-traitŽes ne fait pour elles aucune diffŽrence (eh ben voyons !). Nos complimentsÉ mais pourquoi alors ne les embauche-t-elle pas directement, ce qui rŽsoudrait par le mme occasion le problme dĠimage dĠAccor et mettrait en pratique les instructions de Mme Cathy Kopp ?

Silence, sur ce coup-lˆ.

Un remarquable concentrŽ de mauvaise foi, en somme. Qui va sĠimbiber de rage montante au fil de la soirŽe. Cette dame a sans doute lĠhabitude dĠtre obŽie au doigt et ˆ lĠÏil, pardon, au sourire. Alors Žvidemment, avec des gens comme nousÉ

Mais voilˆ les flics qui dŽboulent puisquĠon les a appelŽs, et massivement

encore. Allons-nous avoir droit aussi ˆ une intervention du GIGN ? Pourtant nous nĠavons pas encore dŽtournŽ dĠh™tel... Ils hŽsitent. En fait, entre-temps, la directrice a renoncŽ ˆ nous faire virer : elle a eu le temps de comprendre que ce nĠest pas forcŽment bon pour sa carrire. Les flics se concertent, rŽclament un responsable, puis Ç une È identitŽ, Ç pour le rapport È. Puis se ravisent et vŽrifient lĠidentitŽ de tous les prŽsents. La mauvaise foi serait-elle devenue contagieuse ?

Aprs longs palabres avec un supŽrieur au tŽlŽphone, ils finissent par

sĠŽloigner. Et voilˆ notre ingrate de directrice qui se met ˆ mŽdire de la police : elle se fait toujours attendre – sauf ce soir, comme par hasard. Pour un peu, on croirait quĠelle nĠest pour rien dans cet encombrement du seuil de lĠh™tel par une meute de kŽpis.

De notre cotŽ nous continuons paisiblement notre pique-nique, en invitant clients, personnel et directrice ˆ boire un coup. Mais ce soir ils sont tous butŽs – nous, en revanche, on commence ˆ sĠamuser. Les passants sĠinforment de ce qui se passe et lisent les tracts. Une cliente russe, qui avait pris au passage notre tract en russe (mais si, mais si), revient et sĠemporte dans sa langue ; la discussion sĠavre difficile (pas de russophone candidat pour nous accompagner dans nos virŽes ?), mais le sens y est : elle est de ceux qui aiment lĠordre, visiblement. Des Italiens et des Espagnols nous souhaitent bon courage (ouf !). Bient™t des copains retardataires nous rejoignent. Affolement de la directrice, qui rappelle les flics. Les voilˆ qui reviennent, censurent au passage les quelques images prises par une camŽra, puis sĠimpatientent. Ç Vous avez dit que vous partiriez ˆ 22 heuresÉ È Ç Vous aviez dit que vous ne vouliez quĠune identitŽ et vous avez contr™lŽ tout le monde. È Pourquoi serions-nous les seuls ˆ ne pas avoir le droit dĠuser de la mauvaise foi, hein ? Nous rŽsistons encore un peu, observons la progression de la rage et le recul du sourire chez notre h™tesse, mais comme nous nĠavons toujours pas lĠintention de prendre une chambre ni de faire des heures sup, nous partons une fois le dessert consommŽ, en accordant ˆ cet h™tel une note des plus mauvaises pour son accueil. Faudra-t-il rendre visite ˆ lĠIbis de ce franchisŽ pour voir si lĠaccueil y est aussi lamentable ?

 

Lundi 3 octobre, les prudĠhommes de Paris, ont rendu leur arrtŽ portant sur un rappel de salaires et indemnitŽs liŽ au licenciement abusif de Faty. Les prudĠhommes renvoient la dŽcision ˆ celle qui sera prise par le Tribunal Administratif, qui doit se prononcer sur le fond de la question, ˆ savoir la lŽgalitŽ du licenciement. Evidemment nous ne resterons pas sans rien faire dĠici lˆ et continuerons ˆ intervenir pour rappeler ses responsabilitŽs au donneur dĠordres.

 

 

Nos prochains rendez-vous :

Jeudi 6 octobre, ˆ lĠŽmission Ç Vive la sociale È sur FPP (106.3), des

membres du collectif de solidaritŽ discutent de leurs pratiques et du

syndicalisme.

 

Vendredi 7 octobre, entre 18 heures et 18 h 30

devant le sige dĠArcade, 80, rue du Faubourg-Saint-Denis (MŽtro

Ch‰teau-dĠeau)Pour la rŽintŽgration de Faty et contre la sous-traitance Amenez de quoi casser la graine

 

Dimanche 9 octobre de 12 heures ˆ 19 heures environ, ˆ Limay (salle

municipale derrire le cimetire), dans les Yvelines, Faty sera prŽsente (accompagnŽe par quelques membres du collectif) ˆ la fte des luttes organisŽe par SUD Education et Solidaires 78 sur le thme de la rŽpression.

 

Mardi 11 octobre – Le jour des invisibles

á    ˆ 12 h 30 ˆ lĠuniversitŽ de Nanterre (thމtre B. M. KoltŽs, b‰timent L), projection gratuite de Bread and roses, en prŽsence de Ken Loach, suivie dĠun dŽbat. OrganisŽ par SUD Etudiants et SUD Nettoyage.

á    A 15 heures, manifestation unitaire ˆ lĠappel de SUD Rail, SUD Nettoyage, CNT Nettoyage et des militants CGT du nettoyage, devant le sige dĠArcade,

80, rue du Fg-St-Denis, Paris 10e (MĦ Ch‰teau-dĠeau).

á    A 19 h 30, au cabaret La Belle Etoile, 14 allŽe Saint-Just, ˆ Saint-Denis, spectacle de la compagnie Jolie M™me. La recette est destinŽe ˆ soutenir Faty.

 

Jeudi 13 octobre, procs dĠHicham, militant lycŽen, un rassemblement est organisŽ par le collectif de soutien aux victimes de la rŽpression du mouvement lycŽen ˆ 9 heures ˆ la 22e Chambre du TGI de Paris

 

La prochaine rŽunion du collectif de solidaritŽ aura lieu mercredi 12

octobre ˆ 18 h30 ˆ la salle du dernier Žtage du CICP, 21 ter rue Voltaire (mŽtro Rue des Boulets ou Nation)

 

 

Voir aussi :

- Bulletin nĦ114 du ComitŽ de soutien aux salariŽs en lutte