Infos luttes sociales
Bulletin nĦ 123
10/11/2005
Comit de soutien aux salaris en lutte d'Arcade, Quick,
McDo, Frog, FNAC,
Disney, Virgin, Pizza Hut, etc.
Pour tout contact : CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011
Paris (en prcisant
bien le nom du comit) - Chques lĠordre de ADC avec
mention "soutien
Faty", adresser ADC (boite nĦ 45) c/o Maison des
associations 35-37 av.
de la Rsistance, 93100 Montreuil.
Contact : fatysolidarite@hotmail.com
Informations et documentations sur les luttes et les
initiatives en cours :
La guerre contre les pauvres a franchi en France une
nouvelle tape.
Zyad et Bounna, 17 et 15 ans, sont morts lectrocuts en
se rfugiant dans
un transformateur EDF pour chapper un contrle
policier
Clichy-sous-Bois. Un troisime a t gravement brl. Les
responsables de
lĠordre public ont dit ce sujet tout et son contraire :
ils taient
poursuivis, ils nĠtaient pas poursuivis, ils taient des
voleurs, ils
nĠtaient pas voleursÉ Ce qui est certain est quĠils
avaient peur des flics.
Un dĠentre eux tait sans papiers. Mais le quotidien des
jeunes dans nos
banlieues est dĠavoir peur des flics, de leurs contrles
muscls, de leur
arrogance, de leurs supercheries, de leurs bavures, de la
peine de mort
pratique sur le tas, de leur impunit. Ils avaient donc
des raisons dĠavoir
peur et de vouloir chercher un abri, fut-il dangereux.
Le gouvernement – et le ministre de la police en
premier lieu – a fait de la
rpression son thme de campagne prfr. Les mains qui
ont tu Malik
Oussekine en 1986 et maniaient des haches en 1996 pour
dloger les sans
papier de lĠglise Saint-Bernard, ont cette fois laiss
tomber une grenade
dans une mosque. Il nĠont pas eu un mot dĠexcuse et ont
essay de se
dfausser sur les jeunes quĠils poursuivaient.
Le retour de Ç lĠordre È est la seule chose qui semble
les intresser. Ils
ont dcid dĠutiliser les grands moyens en rtablissant
par dcret une
mesure de couvre-feu datant de la guerre dĠAlgrie. Ils
sont prts payer
cash les associations ou les imams pour quĠils ramnent Ç
la paix È. Mais ce
qui est clair pour tout le monde est que le sort de ces
jeunes qui brlent
des bagnoles ne les intresse pas pour un sou : il les
ont enferms dans des
ghettos, o ils sont privs de travail et dĠavenir. La
socit quĠils sont
en train de Ç reformer È ne cesse de devenir plus
ingalitaire et
lĠexploitation plus brutale et muscle, accompagne par
la destruction
progressive du code du travail. Les cadeaux aux patrons
se succdent, tandis
quĠon a allong la dure du travail pour atteindre la
retraite, quĠon
dtruit progressivement la scurit sociale et les
structures sanitaires
publiques, quĠon privatise les services.
Comme ils nĠont pas dĠargent, les transports publics sont
pour les jeunes un
pige de tous les jours. La fraude a t criminalise
(par un gouvernement
de gauche, ne lĠoublions pas) et les contrles durcis. On
a cherch
transformer les ducateurs de rue en dlateurs de la
justice. On a plac des
flics dans les coles et les enseignants sont appels
devenir des
auxiliaires de la police. Est-il vraiment tonnant que
ces jeunes nĠaient
plus confiance en personne ?
On dit que lĠchec scolaire est lĠorigine de la panne
de leur intgration,
quĠils ne sont pas capables dĠaligner deux mots en
franais. Mais pour en
faire quoi ? Ce quĠon constate, cĠest quĠils nĠont aucune
possibilit de
sĠexprimer. Les mdias sĠintressent aux banlieues
seulement quand il y a
des meutes. Est-il tonnant que pour faire entendre leur
rage et leur
dsespoir, ils sĠattaquent aux objets quĠils ont sous la
main ? Aux
voitures, aux bus, aux coles ? Et avec la mise en place
de mesure
dĠexception on va rapidement vers la construction dĠune
seule grande prison,
dans laquelle nous serons tous enferms, et dont M. le
Ministre de
lĠIntrieur rve dĠtre le directeur. La justice de
classe, aussi expditive
et brutale que la rpression policire, a commenc se
manifester et les
condamnations tomber les unes aprs les autres. La
solidarit avec ses
victimes est sans doute un des seuls moyens notre
disposition pour montrer
aux jeunes quĠils ne sont pas compltement seuls.
Les feux vont sans doute sĠteindre, mais on sait que
rien nĠest plus
durable quĠune lgislation dĠurgence, quĠelle soit mise
en place en
utilisant le terrorisme ou les troubles sociaux.
Pour notre part nous ne pouvons quĠexprimer notre
opposition totale aux
mesures dĠurgence qui ont t prises. Nous participerons
aux initiatives qui
commencent ici et l voir le jour et qui nous montrent
que la socit
franaise nĠest pas indiffrente aux restrictions de sa
libert.
Nos activits de la deuxime moiti dĠoctobre et de la
Toussaint 2005
Vendredi 21 octobre, suite au licenciement abusif et
brutal de quatre
salaris stockistes, un rassemblement de soutien a eu
lieu devant le Virgin
des Grands Boulevards. Le nombre de prsents nĠtait pas
lev, mais il y
avait des gens Ç importants È : Nicole Borvo (dpute
PC), Martine Billard
(dpute verte), Abdel MabroukiÉ
Laurent, le dlgu central de Virgin qui avait cop de
deux semaine dĠITT
suite la brutalit des vigiles de la maison lors du
dernier rassemblement,
nĠa pas pu tre prsent. Nous lui apportons notre
solidarit et lui
souhaitons un rapide rtablissement afin quĠil puisse
continuer et gagner
son combat. Il tait vaillamment remplac par une autre
dlgue CGT de la
maison Virgin.
A suivi un rendez-vous devant le sige dĠArcade et un
pique-nique lĠHtel
Mercure de Montrouge.
La police sĠest montre trs discrte. Un jeune femme,
sans doute une
responsable de la rception, nous a expliqu que cet
htel avait internalis
le nettoyage et compltait les effectif en utilisant les
services dĠun
certain nombre dĠÇ extras È, lesquels taient embauchs
ds quĠils
effectuaient des services rgulirement. Un autre son de
cloche nous a
apport un clairage diffrent : ce sont bien des extras
quĠon utilise, mais
il y en a qui travaillent depuis des annes pour cet
htel sans tre
embauchs. Il y a donc un pas de plus faire sur le
chemin de
lĠinternalisation, bien que les boites de sous-traitance
aient t cartes.
Les clients taient non seulement intresss par la
discussion, mais
plusieurs dĠentre eux ont manifest de faon concrte
leur solidarit, en
prenant des cartes postales et en mettant la main au
portefeuille. Pour
terminer la soire nous avons fait une irruption
revendicative dans lĠhtel
Ibis de Faty, qui se trouve juste cot.
Vendredi 28 nous avons rendu visite au Novotel de Svres,
qui se trouvait
quasiment vide de clients. Une dame de la rception sĠest
montre au dbut
tout excite, se rappelant de notre passage quand elle
travaillait au
Novotel de la Porte dĠOrlans, mais elle sĠest vite
apaise en se rendant
compte que nos intentions taient des plus pacifiques.
Dans cet htel le
nettoyage est internalis. Le directeur nous a dit que
mme dĠun point de
vue conomique (outre quĠen termes de fidlit et de
motivation du
personnel) et bien sr dĠimage, la sous-traitance nĠest
pas intressante.
Nous lui avons pos la question : pourquoi alors Accor y
a eu recours
pendant si longtemps (lui mme lĠa fait dans son htel
pendant dix ans avant
dĠy renoncer) et continue encore de le faire ? Il a lev
les yeux au ciel,
mais la rponse nĠtait pas trs claire. Un doute nous
vient : le groupe le
plus npotiste du monde occidental serait-il aussi
masochiste ?
Vendredi 4 novembre, le 9me collectif de sans papiers a
organis une
occupation du Conseil Gnral des Hauts de Seine. Ils
demandaient
rencontrer M. le Ministre de lĠIntrieur qui se trouve
tre (encore)
prsident de ce Conseil Gnral. Or, au lieu de
lĠentretien, il a dĠabord
propos un sous-fifre de son cabinet (refus par les
occupants) et ensuite
envoy les CRS qui ont dlog les occupants. Sans trop de
brutalit, il faut
le reconnatre. Les incendies des banlieues les ont
peut-tre incits un
peu plus de prudence que dĠhabitude. Une salle municipale
a t prte par
des lus nanterrois de gauche, pour que les sans papiers
puissent se runir
(17, rue Soufflot, au dessous de lĠcole maternelle), o
on peut les joindre
depuis lors. Samedi, la permanence UMP de M. Devedjan a
t occupe
Antony, toujours dans le but dĠobtenir une rencontre avec
M. le Ministre.
Faute de rponse positive, les occupants ont quitt les
lieux spontanment
vers 19 heures.
Le collectif, qui sĠtait donn rendez-vous vendredi
comme dĠhabitude devant
le sige dĠArcade – o personne ne prend plus la
peine de dcoller les
affiches que lĠon colle, tellement ils en ont marre
– a eu un belle
discussion avec un petit patron qui nous faisait la leon
: chez lui pas de
syndicats, pas de code du travail, seulement des gens qui
ont envie de
bosser, quoi ! Et ceux qui ont eu lĠeffronterie de le
contredire, nĠtaient
que des Ç planqus È. Du pur sucre ! Par la suite nous
avons rejoint lĠhtel
Mercure de Nanterre, situ juste cote du Conseil
Gnral, et nous avons
–exceptionnellement – pique-niqu dehors par
solidarit avec les occupants.
Nous avons tout de mme donn quelques tracts aux
rceptionnistes de lĠhtel
– en leur demandant de faire remonter lĠinformation
quant notre passage –
et en expliquant que, vu la situation exceptionnelle,
notre pique-nique se
tiendrait devant lĠhtel. Il nĠay avait pas de clients,
mais notre prsence
a intress de nombreux passants. Nous avons promis de
revenir un autre
moment, quand il y aurait des clients, afin quĠil y ait
plus dĠanimation.
Toujours le 4 novembre, Faty a pour sa part particip
Toulouse au dbat
sur Ç Femmes et prcarit È organis par le Cofelito
(collectif fministe et
libertaire de Toulouse). Une collecte de soutien a donn
116 euros.
Samedi 5 novembre, dans le cadre dĠun forum social local
aux Mureaux, un
membre du collectif a particip au dbat Ç prcarit au
travail, chmage,
casse sociale et rpression È, organis par Solidaires.
Le film Ç
Remue-mnage dans la sous-traitance È a t projet.
Solidarit financire
SUD, qui avait organis des collectes de solidarit avec
Faty mardi 11
octobre la sortie des projections de Bread and roses de
Ken Loach, lui a
vers les 700 euros rcolts.
Le DVD Remue-mnage dans la sous-traitance dĠIvora est en
vente 10 euros,
pour alimenter la caisse de solidarit avec Faty. Vous
pouvez le demander en
envoyant un chque ( lĠordre de ADC) lĠadresse
suivante : Ç Collectif de
Solidarit avec Faty È c/o PADI – CICP – 21
ter rue Voltaire – 75020 Paris.
Revue de presse. Libertaria, de Milan, dans son nĦ4,
oct.-dc. 2005, a
publi un reportage sur un pique-nique parisien : Ç
Azione diretta con
pic-nic negli alberghi È de Paola Cescutti e Maurizio
Casali. Il est
savoureux.
Au sujet des rendez-vous financiers, en voil une bien
bonne. Vendredi 18 et
samedi 19 novembre aura lieu, comme tous les ans, le
salon Actionaria. Cette
anne pas de rencontre entre M. Cohen (directeur
financier du groupe) et les
petits actionnaires. Ont-ils quelque chose se reprocher
? Ont-ils un
mauvais souvenir des actionnaires qui lĠanne dernire
ont point du doigt
les cafouillages de la communication de Mme Cathy Kopp,
qui quelques mois
auparavant avait promis dĠinternaliser le nettoyage et
nĠavait rien fait
dans la pratique ? Ou sont-ce les pripties npotistes
la tte du groupe
qui rendent les dirigeants honteux et prudents ?
Notre prochain rendez-vous :
Vendredi 11 novembre, entre 18 heures et 18 h 30
devant le sige dĠArcade, 80, rue du Faubourg-Saint-Denis
(Mtro
Chteau-dĠeau)
Pour la rintgration de Faty et contre la sous-traitance
Amenez de quoi casser la graine
La prochaine runion du collectif de solidarit aura lieu
mercredi 16
novembre 18 h30
la salle du dernier tage du CICP, 21 ter rue Voltaire
(mtro Rue des
Boulets ou Nation)