Infos luttes sociales


Bulletin n° 124


24/11/2005


Comité de soutien aux salariés en lutte d'Arcade, Quick, McDo, Frog, FNAC, Disney, Virgin, Pizza Hut, etc.


Pour tout contact : CICP, 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris (en précisant bien le nom du comité) - Chèques à l’ordre de ADC avec mention "soutien à Faty", à adresser à ADC (boite n° 45) c/o Maison des associations 35-37 av. de la Résistance, 93100 Montreuil.


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Contact : fatysolidarite@hotmail.com


Informations et documentations sur les luttes et les initiatives en cours :

http://www.ac.eu.org/



La guerre contre les pauvres dans les banlieues et ailleurs, continue.

Tout va bien, que la presse internationale se le dise, mais on garde l’état d’urgence pour les trois prochains mois. Et qu’il ne fassent pas peur à nos touristes chinois, ces salauds de journalistes !

Même M. Dubrule (co-fondateur d’Accor) a bravé le couvre-feu que son groupe s’était imposé après la nomination du jeune Polisson à la tête d’Accor et a pris la parole sur France Inter, pour proposer aux politiciens de notre beau pays un acte audacieux : assez d’inaugurations de monuments et autres gymnases, il faut inaugurer aussi des hôtels, voyons, qui permettent le rayonnement de la France dans le monde ! Il n’a pour l’occasion rien dit sur l’internalisation de la sous-traitance, mais s’il veut que le rayonnement de notre pays dans le monde soit à la hauteur de ses traditions libertaires égalitaires fraternitaires, ne devrait-il pas militer lui aussi pour l’internalisation du nettoyage, au même titre que Mme Cathy Kopp?


Nos activités de la mi-novembre 2005


Vendredi 11 novembre nous avons rendu visite à l’Hôtel Ibis de l’avenue d’Italie, qui avait déjà été visité à l’époque de la grève du McDo de la Place d’Italie, profitant du fait qu’il était à côté. L’hôtel est franchisé et a internalisé son nettoyage. Ils ont droit à nos félicitations. L’accueil est paisible, le directeur n’a pas envie de se déplacer et les employés n’appellent même pas la police. C’est à se demander s’ils nous prennent au sérieux et si on les gêne encore ! Ou alors ils pensent n’avoir rien à se reprocher et notre passage ne peut qu’être une simple visite de courtoisie, destinée seulement à faire passer le message vers les hautes sphères du groupe le plus népotiste de l’hôtellerie occidentale. En revanche pas mal de clients, et surtout des passants, très intrigués, avec lesquels la discussion va bon train. Nous découvrons un employé qui était dans un autre hôtel Ibis à l’époque de la grève et qui se souvenait d’une intervention du collectif de solidarité bien plus vivace, ce qui nous amène à un échange de souvenirs sur le bon vieux temps.

Vendredi 18 novembre c’est au tour de l’Hôtel Ibis Alésia, 49 rue des plantes, de nous recevoir. Là l’affaire se corse : il y a de la sous-traitance et c’est toujours Arcade. Un “ chef de brigade ” (ça ne s’invente pas !) est très affolé : le directeur – nous l’apprendrons après – est en vacances et tout retombe sur ses épaules. Visiblement il ne sait pas quoi faire. Il essaye de s’imposer mais, avec nous, les résultats ne sont pas à la hauteur de ses espérances. Pourtant nous avons des difficultés car le sac, contentant une partie des provisions et les gobelets, a été oublié dans le métro. On ne peut même pas inviter clients et personnels à trinquer avec nous pour décrisper l’atmosphère. On étale tout de même ce qu’on a et on commence à manger, une seule bouteille de vin, toujours bouchée, au centre de la nappe. Nous avons à peine le temps de compléter la décoration extérieure que les flics arrivent, vite appelés par le chef de brigade. Au début ils sont un peu agressifs mais se calment rapidement. La lecture de l’inénarrable “ esprit Accor ” rappelle le responsable à ses devoirs. De temps en temps il ne manquera pas de manifester sa mauvaise humeur, notamment en essayant de nous empêcher de placer la banderole “ réintégrez Faty ” à coté de notre nappe. Un autre salarié du restaurant fait du zèle, mais la plupart d’entre eux sont amusés et intrigués. C’est drôle de remarquer que la plupart de ceux qui font du zèle nous suggèrent régulièrement d’aller au siège social, car “ chez nous votre action ne sert à rien ” ; on dirait que ce qui les embête c’est justement qu’on soit “ chez eux ” et pas ailleurs, mais, nous sommes des mauvais esprits : en réalité ils sont solidaires de notre action et voudraient vraiment nous donner de bons conseils, faute de nous donner un coup de main ! La fin des hostilités sera enfin scellée par l’emprunt d’un tire-bouchon nous permettant d’accéder au vin qui risquait de rester toujours dans sa bouteille. Ce petit geste vaut à l’accueil de cet hôtel un petit encouragement, mais il peut mieux faire, surtout en termes d’utilisation de boîtes de négriers pour assurer son nettoyage.

Le pique-nique nous a fourni l’occasion d’un contact sympa avec des jeunes de la cité toute proche, qui ont renoncé à s’attaquer à la bagnole de flics stationnant devant la porte et même à mettre le feu à l’hôtel. On se demande si les tranches de notre gâteau offert gentiment ont eu plus d’effet que les paroles du chef de l’État. Les passants semblaient très intéressés. Beaucoup de clients anglais ont pris des tracts et souvent se sont montrés solidaires.

Une intéressante discussion avec une dame flic nous a permis de mieux comprendre l’état d’esprit de la maréchaussée pas toujours tendre à l’égard de son ministre de tutelle. Ca explique sans doute pourquoi aucun institut de sondages n’a exercé ses talents en milieu policier, ou bien, si ça a été fait, pourquoi aucun média n’en a rendu compte.

Touche finale : le plan vigi-pirate montre ses limites car le sac de provisions n’a pas été détruit en tant que colis suspect, qui plus est sans propriétaire, mais il a pu être récupéré avant minuit. Nous remercions les employés de la RATP.


Vous pouvez trouver notre Lettre ouverte à la HALDE sur les sites d’Indymédia et la Sociale :

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=46713

http://www.la-sociale.net/breve.php3?id_breve=119


Nous avons appris qu’une affaire concernant trois salariées travaillant pour le Sofitel Forum Rive Gauche (14e) va passer devant les Prud’hommes de Paris (3e étage) mardi 31 janvier à 13 heures et porte sur une question qui nous tient particulièrement à cœur : l’internalisation. En effet, les trois femmes de chambre sont payées par la société Sin et Stes, mais effectuent le même travail que l’on faisait avant 1982, époque à laquelle l’hôtel n’avait pas encore fait appel à la sous-traitance. Il nous semble important qu’elles soient soutenues dans la reconnaissance de leur bon droit.


Solidarité financière

Le DVD Remue-ménage dans la sous-traitance d’Ivora est en vente à 10 euros, pour alimenter la caisse de solidarité avec Faty. Vous pouvez le demander en envoyant un chèque (à l’ordre de ADC) à l’adresse suivante : “ Collectif de Solidarité avec Faty ” c/o PADI – CICP – 21 ter rue Voltaire – 75020 Paris ou l’acheter en librairie à Publico (145 rue Amelot, Paris 11e) ou Quilombo (23 rue Voltaire, à côté du CICP, Paris 20e).


Revue de presse. A-Rivista Anarchica, de Milan, dans son n° 312, de novembre 2005, a publié la traduction de l’entretien de Sébastien Dubost et Gilles Lucas à deux membres des collectifs de solidarité (sorti dans CQFD, n° 25), sous le titre “ Lotta dura nei fast food ”


Le soutien aux inculpés pour les évènements dans les banlieues commence à s’organiser. Mercredi 23 a eu lieu une réunion à la bourse du travail de St. Denis et Jeudi 24 en est prévue une autre (à 19 heures) à la Bourse du travail de Montreuil (24, rue de Paris, métro Croix de Chavaux).



Notre prochain rendez-vous :


Vendredi 25 novembre, entre 18 heures et 18 h 30

devant le siège d’Arcade, 80, rue du Faubourg-Saint-Denis (Métro Château-d’eau)

Pour la réintégration de Faty et contre la sous-traitance

Amenez de quoi casser la graine


Mardi 29 à 18h il y aura un rassemblement devant la Mairie de Montreuil

en soutien aux expulsés du Gazomètre


La prochaine réunion du collectif de solidarité aura lieu mercredi 30 novembre à 18 h30

à la salle du dernier étage du CICP, 21 ter rue Voltaire (métro Rue des Boulets ou Nation)