« On est obligés de continuer »

 

27/05/2005

 

Bonjour, je m’appelle Marie Chantal Koman et je suis déléguée syndicale à la CGT. Je suis embauchée dans cet hôtel depuis onze ans comme commis de mini-bar et femme de chambre. On a commencé la grève depuis le trois février déjà, parce qu’on nous demandait une surcharge de travail. Aux plongeurs on demandait de nettoyer les parties communes ; aux équipiers on demandait de faire des chambres ; aux femmes de chambre on demandait de faire une chambre supplémentaire. C’est la raison de la grève. Et là le patron il n’a fait aucune proposition de négociation. Donc çà fait quatre mois maintenant.

 

J’ai entendu dire qu’il a été condamné à payer 50 000 €, pourquoi ?

 

Parce qu’il n’a pas respecté le droit du travail : il a pris des intérimaires pour remplacer les grévistes. Donc il a été condamné à 10 000 € par astreinte. Il y a eu cinq astreintes donc 50 000 € . Il refuse de les payer.

 

Alors quelles sont vos perspectives ? Continuer ?

 

Continuer. Nous allons continuer parce que nous savons que si on rentre, c’est nous qui seront licenciés. Il va tout faire pour nous mettre dehors. Donc on est obligés de continuer. Maintenant nous allons saisir les Prud’hommes pour qu’il puisse payer les jours de grève parce qu’aucune négociation pendant quatre mois c’est énorme quand même : il devait nous faire des propositions.

 

Propos recueillis par R. D.

 

 

Marie Chantal Koman, déléguée CGT

Photo R. D.

 

Voir aussi :

-       Un mois de grève pour les salariés de l’hôtel Astor Saint Honoré (8 mars 2005)