Oser lutter : l’exemple des salariés de l’hôtel Astor

 

Tract n°6, mai 2005

 

DEPUIS plus de trois mois, les femmes de chambre, équipiers, plongeurs, de l’hôtel Astor (11 rue d’Astorg Paris) sont en grève avec le soutien de la CGT commerce[1].

 

Que veulent t-ils ? Tout simplement ne pas avoir davantage de travail pour un salaire inchangé.

Aux plongeurs on demande de sortir les poubelles et de nettoyer les parties communes. Aux femmes de chambre, on demande de nettoyer une chambre supplémentaire par jour.

17 chambres à faire chaque jour, au lieu de 16, ce n’est pas rien. Les salariés doivent secouer les couettes, vider le linge dans des chariots, refaire les lits, etc.

« On court, on court, sans avoir le temps de prendre la moindre pause, ni même de faire pipi », déclaraient des femmes de chambre aux journal l’Humanité[2].

 

Face aux revendications des salariés, la seule proposition de la direction a été… de ne changer les draps qu’un jour sur deux ! Bonjour le « luxe » pour les clients d’un hôtel dont les chambres peuvent valoir près de 500 € la nuit…

Plus de travail sans contrepartie financière : les grévistes sont d’autant plus outrés que l’employeur profit d’exonérations de charges pouvant aller jusqu’à 114 euros par mois et que les 35h ne s’appliquent pas au secteur (un cadeau de Sarkozy quand il était ministre du budget).

 

Alors que l’inspection du travail a dressé deux procès verbaux et que l’employeur a été condamné à verser 50 000 € aux grévistes, ce dernier refuse toujours d’ouvrir la moindre négociation.

 

C’est pourquoi les salariés en grève viennent se rappeler à son bon souvenir deux fois par semaine en manifestant devant l’hôtel.

Les slogans repris au mégaphone par les salariés de l’hôtel Astor troublent ainsi régulièrement le silence feutré d’un quartier peu habitué aux manifestations… Ils troublent une quiétude fort bourgeoise et éloignée des préoccupations sociales pour rappeler qu’il y a en France des millions de gens qui souffrent et qui subissent une exploitation épouvantable.

 

On les trouve dans les usines, tellement éloignées de la quiétude parisienne que certains en ont même oublié l’existence. Mais on les trouve aussi derrière les façades discrètes des immeubles anciens… et des hôtels quatre étoile.

Femmes de chambres, plongeurs de l’hôtellerie - restauration, vendeurs des magasins, employés du nettoyage, de l’aide à domicile, du bâtiment : les ouvriers sont là et il ne faudrait pas l’ignorer.

 

La lutte des salariés d’Astor est là pour le rappeler et chaque personne simplement attachée au respect du droit ne peut que souhaiter qu’ils obtiennent satisfaction.

 

Mais leur combat d’un courage et d’une ténacité impressionnants a d’ores et déjà le mérite d’alerter sur l’exploitation éhontée qui sévit dans l’hôtellerie et de montrer que la lutte est possible.

 

 

 

Voir aussi :

- un mois de grève pour les salariés de l’hôtel Astor (8 mars 2005)



[1] US CGT commerce, 67 rue de Turbigo 75003 Paris 01 42 72 02 95

[2] http://www.humanite.presse.fr